dimanche 27 janvier 2008

Sur la route 40...



De Bariloche, nous devons nous rendre en Patagonie profonde, le long des Andes, à El Chalten. La route qui court le long des Andes du côté argentin est la mythique (pour ceux qui connaissent) Ruta 40.

Pour vous faire une idée, voici la description du Lonely Planet.

« Non goudronnée pour l’essentiel, elle permet de se lancer à la découverte de vastes étendues désertes ponctuées de montagnes, de lacs isolés et de villages étranges. Nombreux sont les voyageurs qui ont le sentiment d’en avoir vu assez après quelques heures de cahots et de secousses sur une route interminable passant au milieu de nulle part. Toutefois cela ne décourage pas les plus forcenés, décidés à conquérir coûte que coûte la pire route d’Amérique du Sud. »

Pour rejoindre El Chalten nous avons le choix entre la route mythique ou, côté océan, une route goudronnée normale.

Nous choisissons une fois de plus d’être un peu bêtes et optons pour l’inconfort.

(L’autre nous rajoutait tout de même 10h de bus sur les 30 que nous avions déjà).

Bilan.

Le goudron est une des meilleures inventions de l’homme.

La Patagonie, c’est bien désert, on a vérifié, un village tous les 200km c’est pas mal.

Il y a bien des moutons. Rio Mayo : 3000 habitants, 800 000 moutons.

On a croisé des autruches et des Guanacos (sortes de lama) en vrai.

On dort mal dans les bus, mais cela on le savait déjà. Sur la piste c’est encore pire.

Heureusement après une nuit et une journée complète dans le bus, la deuxième nuit est écourtée, nous arrivons à El Chalten à 4h du matin pour planter notre tente et finir notre nuit avec le Fitz Roy éclairé par la pleine lune pour toile de fond.

Le pied !

Excursion à Llao Llao

Prononcer Jao Jao.

Llao Llao est une superbe péninsule sur le lac Nahuel Huapi où est installé un des plus beaux hôtels d’Argentine. On y jouit paraît-il d’une vue magnifique.

Nous, pauvres péquenots en polaire Quechua, ne sommes cependant pas autorisés à entrer et ne pouvons contempler que la vue arrière de l’hôtel qui, il faut le concéder, est déjà pas mal.


L’hôtel est ouvert au grand public tous les premier mercredis des mois impairs des années bissextiles de 14h à 14h30. La visite guidée est entièrement gratuite ! Nous avons quand même manqué un peu de chance de ne pas arriver à ce moment là.

Nous partons donc nous balader à la recherche de points de vue dans les environs et nous pouvons vous assurer que ces quelques photos ont été obtenues de haute lutte.

Le golf Llao Llao qui jouxte l’hôtel éponyme jouit lui aussi d’une vue superbe (cette fois nous sommes allés vérifier à peu près sûrs que nos polaires, qui nous avaient valu un rejet de l’hôtel, nous feraient habilement passer pour des golfeurs à la recherche de leurs clubs). Il est malheureusement impossible de profiter des vues sur le lac sans être golfeur.

La photo suivante ont été obtenues en escaladant derrière une propriété privée abritant une Ferrari et un 4X4 Mercedes.

Seuls les riches peuvent en effet obtenir l’autorisation de couper les hauts arbres qui bordent le lac et il n’y a pas de miradors aménagés pour les simples touristes.

Il n’y a même pas de bar ou de restaurant où l’on puisse profiter de la vue même au prix un peu fort. C’est la troisième fois que cela nous arrive en Argentine donc nous nous empressons de généraliser avec tout le recul nécessaire : ils ne savent pas s’implanter aux bons endroits !

Autant vous dire que le pékin moyen ne peut rien voir de Llao Llao mais que c’est très beau quand même !

Nous apprendrons par la suite qu’il existait un mirador aménagé à 10km de là…

Le Parque Nahuel Huapi

Bariloche, station de ski très prisée des Portenos (habitants de Buneos Aires) l’hiver, se transforme l’été en paradis pour randonneurs puisqu’elle est au milieu le Parque Nacional Nahuel Huapi.
Après une heure et demie pendus au téléphone dans une cabine téléphonique de la gare de bus, nous finissons par trouver un hôtel qui possède une chambre libre, à un prix fou mais nous n’avons pas le choix.



Le reste de l’après-midi se passe en préparatifs du trek de trois jours que nous prévoyons pour le lendemain (et oui, on enchaîne, c’est pourquoi on est parfois un peu fatigués !).
Nous devons racheter une tente, et investir dans un réchaud et de quoi cuisiner un peu. Nous avons également besoin d’établir notre itinéraire et donc de nous informer un peu sur les marches faciles de trois jours dans la région. Nous courrons du Club Andino à l’office du tourisme en passant par le bureau du parc national… Ils ont sans doute une dent contre la centralisation des informations.
Finalement tout est prêt pour le lendemain.

Au moment du grand départ, Guillaume soudain s’exclame : « nos manteaux ! ». Nous n’avions pas encore remarqué, mais ils ont en effet disparu tous les deux, et nous réalisons que nous les avons oublié la veille dans le bus. A force de trimbaler nos affaires tous les trois jours, de gérer le petit sac, les manteaux, les polaires, les gros sacs à dos, sans oublier la guitare, ce qui devait arriver arriva !
Notre trek tombe soudain momentanément à l’eau. Zut ! Nous passons l’après midi à nous chercher de nouveaux manteaux, et finalement investissons dans des blousons pas mal du tout, à ne pas perdre pour le coup ! Je suis ravie de cette journée shopping !
Cette perte est l’occasion pour nous de remanier notre programme. Nous réalisons qu’il est trop chargé et que si nous ne voulons pas arriver en Nouvelle Zélande sur les rotules, nous devons renoncer au Parc Torres del Paine, au Chili, dont Guillaume rêvait pourtant depuis un moment.



Après une nuit en dortoir cette fois (beaucoup plus abordable !), nous partons pour notre trek dans nos blousons flambants neufs ! Le premier jour, on nous a promis une autoroute, et cette prévision se réalise. Mais une fois arrivés au refuge, quelle récompense : le paysage est superbe. Nous plantons la tente face à un petit lac de montagne au fond d’un cirque montagneux entouré de pics impressionnants.



Nous sommes ravis de faire notre petite tambouille devant notre petite tente, notre première maison de couple !



Cette nuit notre tente passe le baptême du feu : nous sommes sur une crête très exposée au vent, et malgré les murets de pierres sèches censés nous abriter, nous passons la nuit à soutenir notre pauvre tente qui se plie et se tord terriblement sous un vent à décorner les boeufs. Vers 5h du matin, le vent se calme, et nous pouvons enfin nous endormir…

Le lever est difficile évidemment, et tardif. Finalement nous partons à midi pour une longue journée de sept heures. Heureusement nous sommes assez au sud, et la nuit tombe tard, vers 10h et demie.
La première montée est raide et le « sentier » se compose en fait de gros blocs de pierre à escalader.



C’est assez fatiguant, mais nous sommes récompensés de nos efforts en arrivant près d’un superbe petit lac dans lequel nous nous rafraîchissons.



La montée reprend ensuite, dans la neige, puis à nouveau en escaladant. Tout en haut, un magnifique paysage nous attend qui nous récompense largement de nos efforts !



Ensuite, la descente d’un pierrier nous pose quelques difficultés. On glisse à chaque pas, et les gros blocs sont mélangés à la poussière et aux graviers ce qui rend la descente encore plus difficile. Nous descendons péniblement, pendant 2 heures, une montagne immense, et débouchons finalement dans une vallée.



Nous rencontrons pendant la descente un allemand sympathique, Ulli.



Une fois la vallée traversée, (vue de la vallée depuis l’autre côté…)



il faut à nouveau monter assez haut, et redescendre encore un pierrier, qui à la fin d’une si longue journée, nous paraît bien long et presque dangereux tant nous sentons que nos chevilles et nos genoux ont travaillés.



Rompus de fatigue et de courbatures naissantes, nous arrivons au refuge Jakob, où nous plantons notre tente. Après un dîner sympa avec notre allemand, nous nous endormons rapidement !
Le lendemain la journée est calme et redescend le long d’un joli petit rio jusqu’au lac principal du parc.



Arrivés au terme du sentier nous réalisons que le bus ne passe que toutes les deux heures et qu’il vient de passer. Ni une, ni deux, nous partons pour la prochaine grande route afin de gagner un peu de temps, nous voulons louer des vélos pour faire un tour de 47 km autour du lac…



Après une heure de marche sur la piste poussiéreuse nous sommes finalement pris en stop et regagnons ensuite Bariloche ravis mais nous rendant compte que nous avons laissé quelques réserves dans la journée précédente. Nous abandonnons donc l’idée du vélo et le remplaçons par un circuit en bus, beaucoup plus tranquille !



Heureusement nous pouvons nous reposer un peu dans notre dortoir. Les 4 filles qui le partagent avec nous fêtent l’anniversaire d’une des leurs et la sortent du lit à minuit une tapante pour aller faire la fête à grand renfort d’instruments de musique improvisés ! Nous nous endormons par la suite comme des troncs. (Expression locale)

La route des sept lacs



Nous nous offrons le luxe de louer une voiture pendant une journée, le temps de profiter au maximum et en toute liberté de cette superbe route qui longe plusieurs lacs de montagne tous plus beaux les uns que les autres.

N’ayant pas trouvé d’hôtel abordable dans San Martin de los Andes où nous comptions passer la nuit, nous achetons en deux minutes une tente dans le supermarché d’à côté, sur les conseils du sympathique loueur de voitures.


Magnifique journée : nous pique-niquons au bord d’un splendide lac au bord duquel nous dormirons le soir même. A part les attaques foudroyantes des taons qui pullulent, rien ne vient troubler la quiétude de ce lieu enchanteur. Nous roulons de lac en lac devenant des pros de la conduite sur piste. Le voyage se termine au bord du majestueux lac Nahuel Huapi qui s’étire sur 150km de long. Nous pensions pouvoir nous promener facilement autour des lacs, mais nous avions oublié à quel point nous sommes gâtés en France. Ici les chemins ne sont pas légion, et le parc national de la région vise à protéger également les forêts qui entourent les lacs. Nous en somment réduits à admirer les lacs, comme tout le monde, depuis les miradors touristiques prévus à cet effet.

Après une bonne nuit, nous nous réveillons face au lac Villarino dans la lumière rasante du soleil… mais la seule rosée du matin suffit à transpercer notre tente flambante neuve. Les coutures ne sont pas étanches du tout, ni la toile d’ailleurs, et ils n’ont pas tellement prévu de double toit : les tentes de supermarchés made in China ont leurs limites… Impossible de partir en montagne avec ça !

Nous fonçons à San Martin (prudemment bien sûr !) pour rendre la voiture avant l’ouverture de l’agence. Le reste de la journée se passe en attente à la gare de bus, puis 4h de bus sur piste (nous reprenons pour la troisième fois la route des sept lacs) pour arriver finalement à Bariloche.

dimanche 20 janvier 2008

Pour ceux qui voudraient nous rejoindre

On est très preneurs!! Nous sommes toujours ravis de croiser des amis au bout du monde évidemment, n'hésitez pas à nous contacter si vous organisez des voyages ou stages dans les zones qu'on traverse...
Voici nos dates de passage dans les pays et quelques détails sur le parcours pour ceux qui prendront cet article au sérieux.

Nouvelle-Zélande 05/02/2008 25/02/2008
Philippines 25/02/2008 20/03/2008
Chine 20/03/2008 10/04/2008
Vietnam 10/04/2008 01/05/2008
Cambodge 01/05/2008 22/05/2008
Thailande 22/05/2008 11/06/2008
Inde 11/06/2008 21/07/2008
Afrique du sud 21/07/2008 30/08/2008
Retour Paris 30/08/2008 31/08/2008

Pour ce qui est de l'Asie du sud-est, nous comptons aller de Hong-Kong (compté en Chine) jusqu'à Bangkok par voie terrestre en traversant au passage le Vietnam, le Laos et le Cambodge.
Le programme dans cette zone est donc très flexible et non encore fixé.
Le retour pourrait s'avancer un peu selon nos majeures de l'année prochaine.

San Martin de Los Andes

Après avoir parlé de notre programme dans la région des lacs à Madame de Saizieu et nous étant rendus compte avec elle que les tarifs de location étaient prohibitifs, celle-ci appelle un de leurs amis là-bas, qui connaît un chauffeur de taxi sympathique, pour que nous utilisions éventuellement ses services. Et là, un miracle se produit. Jorge O’Reilly nous propose de venir faire une balade à cheval dans la montagne dans la propriété qu’il a au dessus de San Martin de Los Andes. Nous sautons sur l’occasion, et il nous propose en plus de loger dans la petite maison qu’il tient à disposition de leurs nombreux amis prêtres de passage. Nous acceptons un peu gênés mais ravis, la vue y est, paraît-il, superbe.

Nous le retrouvons à la messe en sortant de notre bus et faisons connaissance avec quelques unes de ses filles (ils sont six enfants en tout dont cinq filles) et leurs amies. Ambiance détonante dans la voiture (elles ont 15 ans !). Nous communiquons en anglais pour faciliter les choses, et sur le chemin du retour nous nous arrêtons devant une belle bâtisse :


« En fait je me suis rendu compte que cette maison était vide, vous y serez beaucoup mieux que dans la maison des prêtres, le dîner est prêt, vous devez être fatigués du voyage, ces dames sont là pour vous aider si vous avez besoin de quoi que ce soit ».


J’en tombe par terre. Edith un peu plus bas encore. Il nous a fait la surprise de nous garder une maison immense pour nous, nous sommes au paradis et oublions les 24h de bus que nous venons d’avaler. Nous sommes ravis de dîner tranquillement avant de les retrouver demain, les horaires argentins sont un peu durs pour nous : nous commençons généralement le dîner vers 22h30…

Comme prévu, nous les retrouvons le lendemain pour une balade à cheval et un asado (grillade) dominical, nous faisons connaissance avec Madame O’Reilly et discutons tranquillement pendant l’après-midi. Chaque enfant doit, à la suite de son père, faire preuve de ses talents musicaux et les filles se succèdent au piano (le seul fils joue, comme son père, de la guitare) nous finissons par nous plier aussi à la tradition familiale… Ambiance très chaleureuse qui nous rappelle les dimanches en famille que nous affectionnons, et qui nous manquent un peu pendant ce tour du monde. La foi très vivante de cette famille nombreuse est un beau témoignage.

San Antonio de Los Trece

Nous réussissons après quelques difficultés à contacter Joseph et Emmanuel de Saizieu.

Pour les moqueurs qui se demanderaient, un sourire narquois au coin des lèvres, pourquoi les Darrieus ne savent pas encore se servir d’un téléphone, nous répondrons que les Argentins (et les Chiliens d’ailleurs) ont réussi à rendre le téléphone extrêmement technique : un préfixe à numéroter pour chaque province, mais il n’est jamais mentionné, il faut le savoir par cœur. Les numéros de téléphone n’ont pas tous le même nombre de chiffre (de 6 à 13), ce qui fait que vous ne pouvez jamais savoir si le numéro que vous avez est avec ou sans préfixe. Ajoutons que le système pour les portables est encore différent, et que si vous appelez de l’étranger, il faut enlever le zéro, rajouter le un entre le 9 et le 1 du préfixe du numéro, mais si c’est un portable que vous appelez il faut intercaler un 9… Nous en perdons notre pauvre latin.

Nous les retrouvons finalement ainsi qu’Eivor de Chabot pour rejoindre Los Trece à quelques heures de route de Cordoba et à 60 km de la ville la plus proche.

Nous sommes royalement installés et profitons avec bonheur de leur hospitalité. Tennis, piscine, balades à cheval, cours d’agriculture (il y a beaucoup de travail pour tous les deux…), grandes discussions après le dîner ; nous retrouvons une vie qui nous est plus familière, d’autant plus que Joseph et Emmanuel sont tous les deux partis en France faire leurs études supérieures et sortent de grandes écoles de commerce. Nous sommes en terrain connu. Leurs parents et leur sœur Anne n’atterrissent que deux jours plus tard sur l’aérodrome de l’estancia, quelques heures avant un orage mémorable qui surpasse de loin tout ce que nous avions vu en la matière. Un vent dément, une pluie battante et des éclairs qui font qu’on y voit comme en plein jour (l’impression est très proche d’un stroboscope géant !).

L’entreprise agricole familiale gère environ 5000ha, les terres se répartissent entre soja, maïs, arachide et un peu d’élevage (env 1500 têtes).

Nous découvrons à quel point l’agriculture est devenue moderne. Outre la technologie GPS permettant de gérer les parcelles au niveau micro (les engrais et pesticides peuvent être épandus directement par la machine en fonction de relevés de rendement précis à quelques mètres près effectués auparavant), nous découvrons le semis direct qui permet de semer directement sans labours et donc d’éviter notamment l’évaporation de l’eau et l’érosion.

En plus de terres fertiles et nombreuses, l’agriculture argentine semble être à la pointe de la technologie ce qui permet au gouvernement de taxer la plupart de ses exportations agricoles à hauteur de 35% et de les garder à peu près compétitive.

On est loin de la PAC européenne, et la politique, destinée à garantir des prix bas sur certains produits clés (comme la viande par exemple) est perverse et encourage finalement les producteurs agricoles à changer de culture pour échapper aux taxes. Les Saizieu ont par exemple développé leurs cultures de maïs Pop Corn peu consommé sur place et donc non taxé à l’export.

Evidemment, tout est aussi un peu plus grand que chez nous, leur plus petit voisin exploite 500ha, chaque parcelle fait entre 50 et 100ha et les plus grandes propriétés se comptent en centaines de milliers d’hectares. Ces chiffres ne nous disent pas grand-chose (même si de vagues souvenirs de prépa nous font croire que la taille moyenne d’une exploitation française est de la taille d’une parcelle d’ici), mais du haut d’un cheval il n’est pas rare de voir le même champ s’étendre jusqu’à l’horizon. Et la pampa n’est pas une région spécialement vallonnée !

Les balades à cheval sont de très bon moments, mais un peu rudes pour les zones de frottement : les immensités planes encouragent à galoper la plupart du temps et comme mon niveau d’équitation me permet d’avoir la grâce et le comportement d’un sac à cette allure, je souffre un peu mais nous sommes ravis ! Nous partons même accompagnés du sulky pour convaincre Anne et Eivor et profitons d’une halte pour déguster le maté.

Le maté est une institution dans toute l’Argentine et une religion dans le Nord-Est. Lorsque nous étions à Iguacu, la plupart des argentins se trimbalaient en maillot de bain (parce qu’il fait chaud et qu’il pleut tout simplement) avec un thermos à la main remplie d’eau… chaude.. Préparer et boire un maté est en effet un peu difficile.

Le maté est une infusion à base de yerba mate, cultivée principalement dans le Nord-Est. Elle se présente sous formes de feuilles finement découpées que l’on place dans un petit récipient jusqu’à le remplir intégralement. On complète ensuite avec de l’eau chaude que l’on aspire à l’aide d’une paille percée de petits trous pour ne pas boire les feuilles.

Bien.

Vous êtes contents de savoir cela hein ?

Tout cela pour dire que cela est peu commode puisque l’on ne peut boire qu’une ou deux gorgées avant de devoir remettre de l’eau, d’où le thermos, d’où le côté peu pratique. Et pour un palais européen non habitué, cela a en toute honnêteté un goût assez quelconque bien qu’agréable. Voilà pour la page culturelle.


Nous repartons de chez eux après quelques jours, reposés et ravis de cet intermède dans une famille. Nous avons été très chaleureusement accueillis et nous nous souviendrons longtemps de notre excursion au cœur de la pampa.

lundi 14 janvier 2008

Cordoba



Pas de bonnes photos de Cordoba, en avant première des photos de l'estancia...


Après 24h de bus qui passent très lentement, nous arrivons à Cordoba, ville que nous n’avions pas pu voir l’année dernière bien qu’elle aie été sur notre route. Censée être un petit joyau colonial, nous la découvrons surtout le week-end et les nombreux musées ou cryptes à visiter sont malheureusement fermés. Cependant, il est très agréable de se retrouver dans une vraie ville avec des magasins, des restaurants, des cinémas, etc… Même si nous n’achetons rien et n’allons pas voir de films, aucun doute, nous sommes des citadins ! Nous profitons de délicieuses empanadas et glaces.

Nous logeons dans une auberge de jeunesse très cool, mais comme elle vient d’ouvrir, elle est encore propre et bien tenue, et la cuisine équipée nous permet de nous faire nos premiers dîners en tête à tête de mariés (si l’on oublie les cinq jours à Toulon) : 4 mois après notre mariage, nous tenons certainement un record dans ce domaine !

Nous utilisions avec confiance le frigo commun, mais même si on est tous frères dans ce genre d’établissement, nous nous faisons piquer une boîte d’œufs et nos bouteilles au frais finissent dehors…

Ces trois jours se passent sans encombres, à ne pas faire grand-chose pour être honnêtes. Les villes argentines sont exceptionnellement calmes le WE et nous commençons avec courage à nous attaquer à nos dossiers de majeures, pas facile !

Un mail inattendu de M. de Saizieu que nous avions contacté nous permet de sauter dans la voiture de ses fils de passage à Cordoba, direction leur superbe estancia dans la pampa argentine… Nous n’hésitons pas une seconde, nous aurons toujours le temps de mieux voir Cordoba une autre fois !

dimanche 6 janvier 2008

Les missions Jésuites


Nous quittons Iguaçu pour Posadas, à 6h par le bus « express » qui ne fait que 10 arrêts sur le trajet…

Posadas est une vraie ville contrairement à Puerto Iguaçu, mais purement argentine et très peu touristique. Nous battons le record d’installation dans une nouvelle ville : 1 heure porte à porte du terminal de bus à notre chambre d’hôtel. Il y a des jours comme ça où tout est simple, les gens vous renseignent gentiment sur le bus à prendre pour gagner le centre-ville, celui-ci arrive instantanément, et le premier hôtel convient !


Nous dînons dans une bonne pizzeria-empanaderia (les empanadas sont de petits beignets fourré à la viande, au fromage, etc… une spécialité argentine que nous affectionnons !) et faisons la connaissance de Christophe, 45 ans, marié à une argentine, vivant ici depuis 7 ans. Nous convenons d’un rendez-vous pour le lendemain : il tient à nous faire visiter sa ville.

La nuit est finalement peu reposante : moustiques en nombre, cafard géant, beaucoup de bruit… Nous nous réveillons furieux, et Guillaume part aussitôt en quête d’un hôtel moins glauque. Mais en ce 31 décembre, tout est plein, et nous sommes contraints de rester. Finalement tout se passera bien, les autres jours sont plus calmes, mais lorsque l’on voyage longtemps, on accorde plus de prix à la qualité des hôtels. Sans chercher le moindre confort, nous sommes très heureux de trouver des hôtels propres et calmes. Ces deux (petites) conditions paraissent difficiles à réunir. (Depuis le début du voyage, nous en avons trouvé 4…)

Nous nous accordons une journée de lecture tranquille avant de retrouver Christophe et sa femme pour la visite de la ville. En une heure, nous découvrons tous les endroits « in » de Posadas, la meilleure boîte, le meilleur resto… Ils ont l’air fan de vie nocturne et veulent rendre notre séjour inoubliable. En chemin, nous essayons de trouver une place dans un resto pour le 31, tous sont réservés et c’est grâce à l’intervention de Christophe que nous trouvons une place dans le meilleur resto chinois-Parillada de la ville. Les restos chinois ont su s’adapter à la clientèle argentine et proposent donc des grillades en plus des nems et autres délices… Soirée uniquement entouré d’argentins, groupe de musique live, vin de Mendoza… 2008 est arrivé !

Christophe nous explique ses aventures au Paraguay avant son installation en Argentine, et nous démontre preuve à l’appui ce qu’on entend par « 2e pays le plus corrompu de la planète » : ayant monté une boîte de téléphonie mobile, il s’est fait saisir son stock dans son entrepôt par un juge, ami de son propriétaire. Ce dernier l’arnaquait depuis un mois sur sa note d’électricité et Christophe avait refusé de payer… Le seul moyen de régler l’affaire à l’avantage de Christophe avait été de faire appel à une amie haut placée en politique qui a pu démettre le précédent juge de ses fonctions pour y placer sa belle-sœur. Il a depuis arrêter toute affaire avec le Paraguay, fatigué de multiples mauvaises expériences.

Départ le 1er janvier pour Trinidad, plus grande mission jésuite du Paraguay. Dès la frontière franchie, nous mesurons l’écart avec l’Argentine. Toute est sale, mal arrangé, plus ou moins cassé, etc… Nous avons la même impression qu’en arrivant en Bolivie d’Argentine, qui elle-même nous paraissait pauvre en venant du Brésil…

Notre première demi-heure est un peu rude : commission de change de 15% (il n’y a pas de banque et nous sommes à la merci de l’unique changeur présent en ce 1er janvier), eau minérale au double du prix, et bus type « malien » ! 1h et demi plus tard nous avons parcouru les 40km qui nous séparent de Trinidad.

Les villes ont gardé les noms donnés par les Espagnols et nous effectuons donc un pèlerinage qui nous mène de Nuestra Senora de la Encarnacion (départ du bus en direction de Nuestra Senora de la Asuncion, capitale du pays) à Santisima Trinidad.

Cette très belle reduccion jésuite témoigne de l’influence passée des jésuites dans cette région du monde.

Les jésuites missionnaires regroupaient les indiens dans des reducciones, sortes de villages communautaires, qui leur permettait d’échapper aux attaques des marchands d’esclaves. L’art était le moyen privilégié de transmettre la foi aux indiens. Ces redducciones ont fonctionné de 1609 à 1768, date de l’expulsion des jésuites par les Portugais. Pour ceux que cela intéresse (nous avons été passionnés) voici le lien vers Wikipedia. Les infos correspondent, pour rassurer les sceptiques, avec ce que nous avons lu et entendu par ailleurs !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mission_j%C3%A9suite_du_Paraguay

(le A M signifie bien sûr Ave Maria)

Le lendemain, après avoir retrouvé Claire de Co, Aliénor et Sabine, nous partons pour San Ignacio Mini, autre reduccion, cette fois-ci côté Argentin. Cela nous fait très plaisir de les retrouver pour partager cette journée couronnée d’une bonne parilla Argentine, arrosée comme il se doit.

Notre prochaine destination est Cordoba, à 20h de bus d’ici…