Bariloche, station de ski très prisée des Portenos (habitants de Buneos Aires) l’hiver, se transforme l’été en paradis pour randonneurs puisqu’elle est au milieu le Parque Nacional Nahuel Huapi.
Après une heure et demie pendus au téléphone dans une cabine téléphonique de la gare de bus, nous finissons par trouver un hôtel qui possède une chambre libre, à un prix fou mais nous n’avons pas le choix.

Le reste de l’après-midi se passe en préparatifs du trek de trois jours que nous prévoyons pour le lendemain (et oui, on enchaîne, c’est pourquoi on est parfois un peu fatigués !).
Nous devons racheter une tente, et investir dans un réchaud et de quoi cuisiner un peu. Nous avons également besoin d’établir notre itinéraire et donc de nous informer un peu sur les marches faciles de trois jours dans la région. Nous courrons du Club Andino à l’office du tourisme en passant par le bureau du parc national… Ils ont sans doute une dent contre la centralisation des informations.
Finalement tout est prêt pour le lendemain.
Au moment du grand départ, Guillaume soudain s’exclame : « nos manteaux ! ». Nous n’avions pas encore remarqué, mais ils ont en effet disparu tous les deux, et nous réalisons que nous les avons oublié la veille dans le bus. A force de trimbaler nos affaires tous les trois jours, de gérer le petit sac, les manteaux, les polaires, les gros sacs à dos, sans oublier la guitare, ce qui devait arriver arriva !
Notre trek tombe soudain momentanément à l’eau. Zut ! Nous passons l’après midi à nous chercher de nouveaux manteaux, et finalement investissons dans des blousons pas mal du tout, à ne pas perdre pour le coup ! Je suis ravie de cette journée shopping !
Cette perte est l’occasion pour nous de remanier notre programme. Nous réalisons qu’il est trop chargé et que si nous ne voulons pas arriver en Nouvelle Zélande sur les rotules, nous devons renoncer au Parc Torres del Paine, au Chili, dont Guillaume rêvait pourtant depuis un moment.

Après une nuit en dortoir cette fois (beaucoup plus abordable !), nous partons pour notre trek dans nos blousons flambants neufs ! Le premier jour, on nous a promis une autoroute, et cette prévision se réalise. Mais une fois arrivés au refuge, quelle récompense : le paysage est superbe. Nous plantons la tente face à un petit lac de montagne au fond d’un cirque montagneux entouré de pics impressionnants.

Nous sommes ravis de faire notre petite tambouille devant notre petite tente, notre première maison de couple !

Cette nuit notre tente passe le baptême du feu : nous sommes sur une crête très exposée au vent, et malgré les murets de pierres sèches censés nous abriter, nous passons la nuit à soutenir notre pauvre tente qui se plie et se tord terriblement sous un vent à décorner les boeufs. Vers 5h du matin, le vent se calme, et nous pouvons enfin nous endormir…
Le lever est difficile évidemment, et tardif. Finalement nous partons à midi pour une longue journée de sept heures. Heureusement nous sommes assez au sud, et la nuit tombe tard, vers 10h et demie.
La première montée est raide et le « sentier » se compose en fait de gros blocs de pierre à escalader.

C’est assez fatiguant, mais nous sommes récompensés de nos efforts en arrivant près d’un superbe petit lac dans lequel nous nous rafraîchissons.

La montée reprend ensuite, dans la neige, puis à nouveau en escaladant. Tout en haut, un magnifique paysage nous attend qui nous récompense largement de nos efforts !

Ensuite, la descente d’un pierrier nous pose quelques difficultés. On glisse à chaque pas, et les gros blocs sont mélangés à la poussière et aux graviers ce qui rend la descente encore plus difficile. Nous descendons péniblement, pendant 2 heures, une montagne immense, et débouchons finalement dans une vallée.

Nous rencontrons pendant la descente un allemand sympathique, Ulli.

Une fois la vallée traversée, (vue de la vallée depuis l’autre côté…)

il faut à nouveau monter assez haut, et redescendre encore un pierrier, qui à la fin d’une si longue journée, nous paraît bien long et presque dangereux tant nous sentons que nos chevilles et nos genoux ont travaillés.

Rompus de fatigue et de courbatures naissantes, nous arrivons au refuge Jakob, où nous plantons notre tente. Après un dîner sympa avec notre allemand, nous nous endormons rapidement !
Le lendemain la journée est calme et redescend le long d’un joli petit rio jusqu’au lac principal du parc.

Arrivés au terme du sentier nous réalisons que le bus ne passe que toutes les deux heures et qu’il vient de passer. Ni une, ni deux, nous partons pour la prochaine grande route afin de gagner un peu de temps, nous voulons louer des vélos pour faire un tour de 47 km autour du lac…

Après une heure de marche sur la piste poussiéreuse nous sommes finalement pris en stop et regagnons ensuite Bariloche ravis mais nous rendant compte que nous avons laissé quelques réserves dans la journée précédente. Nous abandonnons donc l’idée du vélo et le remplaçons par un circuit en bus, beaucoup plus tranquille !

Heureusement nous pouvons nous reposer un peu dans notre dortoir. Les 4 filles qui le partagent avec nous fêtent l’anniversaire d’une des leurs et la sortent du lit à minuit une tapante pour aller faire la fête à grand renfort d’instruments de musique improvisés ! Nous nous endormons par la suite comme des troncs. (Expression locale)