lundi 31 décembre 2007

Argentina!





Nous célébrons notre arrivée en Argentine en nous offrant un bon hôtel,

un super steak grillé de 400g chacun dont ils ont le secret (un Bife de Chorizo comme on dit ici), et une Quilmes, la bière nationale !

Nous pouvons nous acheter aussi des bouteilles de très bon vin pour agrémenter les soirées…

Les deux jours suivants se passent en visites des chutes. De petites passerelles très bien faites permettent de s’approcher très près des chutes du côté argentin, à plusieurs niveaux (au dessus, en dessous, etc). On peut également se baigner au pied d’une petite île qui fait face aux chutes (le courant, apparemment sans danger, est en fait extrêmement fort, et il est hors de question de se baigner avec de l’eau au dessus de la poitrine). Nous profitons également de la jungle du Parc Naturel Iguaçu, et allons nous promener dans les bois sur un sentier balisé espérant croiser quelques animaux. Le bilan est un peu maigre, mais quand même : de magnifiques papillons (jusqu’à 15 centimètres d’envergure) bleu turquoise, plusieurs varans (lézards géants à la langue fourchue qui pullulent ici), des coaties (les emblèmes du parc, des sortes de gros ratons laveurs très peu effrayés par l’homme à cause des touristes qui leur donnent à manger),

des cochons d’inde, de superbes pics-verts à crêtes rouges et jaunes, une perdrix, et un drôle de mammifère à corps de petit sanglier et tête de hamster géant.

Mais point de perroquets ou de toucans comme nous en rêvions.

Marcher dans la jungle est assez impressionnant, la forêt bruit tout autour, l’imagination va bon train même si les léopards ne sortent que la nuit… et je déclare forfait lorsqu’il faut s’enfoncer à demi courbé dans un sentier étroit et sombre pour atteindre le bas de la cascade où l’on peut se baigner. Au passage, Amaury chapeau !! La jungle est un des environnement les plus hostiles et inquiétant que j’ai connu, au même titre que les déserts les plus secs, alors que paradoxalement elle grouille de vie.

Au retour nous sommes surpris par un orage d’une violence incroyable qui passe si près de nous que par réflexe (inutile !) nous nous jetons à terre lors d’un coup de tonnerre. En deux minutes nous sommes complètement trempés, et marchons désormais dans un ruisseau avec de l’eau jusqu’aux chevilles.

Le soir nous prenons un pot avec des Suisses trop sympas rencontrés le matin même. Rachel et Maurice, 30 et 45 ans, font le tour de l’Amérique du sud, et ont démarré comme nous il y a trois mois. Ils habitent à la campagne, il est électricien et a passé quatre ans de sa vie à voyager en Amérique latine, elle est interprète pour sourds-muets, dix à quinze ans nous séparent, et pourtant nous nous trouvons plein de points communs dans notre façon de voyager, nos impressions… C’est la magie du voyage ! Nous dînons finalement avec eux et communions sur notre aversion pour auberges de jeunesse avec musique à fond, repaires de routards trop trop cools ; ils nous donnent des tuyaux pour la Patagonie qu’ils viennent de quitter, nous parlent de l’évolution de l’Amérique du sud et du tourisme ici depuis 12 ans, et nous aident à trouver un guide d’Argentine que nous n’avions pu trouver en une soirée de recherche.


Iguaçu!


Départ pour Foz de Iguaçu, à quelques 18 heures de bus de Campos do Jordao, à la frontière Argentine. Dès l’arrivée, nous fonçons au Parc aux Oiseaux du côté Brésilien. De grande volières de huit mètres de haut dans la jungle permettent d’observer les oiseaux présents autour d’Iguaçu.


Le spectacle est magnifique, nous évoluons au milieu de perroquets aux couleurs vives, de toucans, d’ibis et autres échassiers, de poules d’eau, de papillons multicolores, de colibris… Nous y passons plusieurs heures, enchantés. Le parc permet de repérer des oiseaux que nous verrons ensuite (quelques-uns seulement) autour des chutes.

Puis c’est la visite du côté Brésilien. Les chutes sont encore beaucoup plus étendues que ce que nous imaginions ; il y en a de tous les côtés, de toutes sortes, des toutes fines au travers desquelles on devine la végétation de la paroi jusqu’au monstre qu’est la Garganta del Diablo (la Gorge du Diable, chute encore beaucoup plus impressionnante que Niagara). Guillaume et moi sommes d’accord, le spectacle dépasse d’assez loin les célèbres chutes Victoria et Niagara que nous avons vu l’un et l’autre. Nous élisons immédiatement les Chutes d’Iguaçu au rang de plus beau paysage de notre vie avec le lac Titicaca, les lagunes et le Salar de Bolivie.

Puis c’est le passage de la frontière, et l’arrivée en Argentine, que nous vivons comme une libération : enfin nous allons pouvoir parler avec les gens ! Nous avons l’impression de rentrer à la maison dans ce pays que nous adorons.

Nous garderons une image en demi-teinte du Brésil, n’en déplaise à tous les fans du pays. C’est sans doute un pays assez inadapté au mode de vie routard. Les distances immenses rendent certains sites inaccessibles dans un espace de temps réduit. Avec le temps dont nous disposions il nous aurait fallu prendre l’avion régulièrement pour avoir un vrai aperçu du pays. Nous n’avons vu qu’une zone très petite du pays, environ grande comme la France, c'est-à-dire 10% du Brésil (50 pages dans notre guide de 800 pages) !

Le manque de communication avec la population était parfois frustrant. Ce pays reste un mystère, et nous le quittons avec l’envie de revenir pour enfin le connaître. Nous avons le sentiment de n’en avoir pas compris grand chose ! Des circonstances accumulées ont beaucoup joué : la période de Noël, la haute saison touristique qui rendait tout plus compliqué (nous devions tout réserver à l’avance), la montée en flèche du Réal par rapport à l’euro qui réduisait notre pouvoir d’achat à néant, la fatigue héritée du Pérou, et la barrière de la langue que nous expérimentions pour la première fois du voyage…

Nous gardons bien sûr de très bons souvenirs : la belle plage de Paraty, la semaine chez les Saint Louvent, et Campos do Jordao !

Noël Brésilien


Le 23, nous assistons évidemment au grand spectacle donné par la ville à l’occasion de Natal. Nous ne savons pas trop sur quoi nous allons tomber et nous avons peu de points de comparaison car nous ne sommes jamais allés à de tels spectacles en France mais nous sommes à peu près sûrs qu’ils ne parlent pas vraiment de la même chose…

Les brésiliens sont très chrétiens et ils n’ont pas la même interprétation de la laïcité, pour notre plus grand plaisir. Le grand show est en fait bêtement l’histoire de la naissance de Jésus, Saint François d’Assise et les anges sont là pour les commentaires. On y chante, Douce Nuit bien sûr, mais surtout l’Ave Maria, et les Anges dans nos campagnes… Preuve à l’appui


Le 24 nous commençons la journée par une grande balade en direction du Pico Itapeva, 24km aller-retour. La route est censée être très jolie et offrir de belles vues, mais nous sommes un peu déçus. Le temps gris n’aide certainement pas ! Presque arrivés en haut, un orage tropical d’une violence rare s’abat sur nous. En trois minutes, et malgré l’arbre touffu qui nous abrite, nous sommes à essorer ! Sûrs que dans cette situation (deux promeneurs perdus dégoulinants sous un déluge le jour de Noël) les voitures ne vont pas manquer de s’arrêter, nous attendons patiemment. Notre intention est de demander si le sommet est loin et possède un abri. Les Dada sont trempés mais les voitures passent…Nous finissons par prendre les devants et tentons d’arrêter quelques voitures qui font mine de ne pas comprendre, nous saluent de la main, ralentissent parfois, et repartent toujours… Les Brésiliens imaginent peut-être que nous avons des kalachnikovs dans nos sacs à dos et que nous allons les braquer ? Etonnant ! Finalement un couple adorable nous prend avec eux, et devant le redoublement de violence de l’orage propose de nous ramener, et rachète au passage tous les précédents conducteurs peu compatissants…

Le soir arrive enfin,et c’est le moment de la triple fondue : au fromage, à la viande (Bourguignonne), et au chocolat, le tout accompagné d’une bière. Pas très classe, mais le Brésil n’est pas connu pour son vin. Recette de la fondue au fromage Brésilienne : faire fondre 100g de cheddar par personne dans une casserole. C’est prêt, régalez-vous ! En revanche la viande, sans doute importée d’Argentine, est excellente, et les fruits de la fondue au chocolat délicieux.

Puis messe de Noël très sympa dans la petite église d’à côté avec animation à la guitare et chants de Noël très joyeux. Le sermon nous dépasse, mais la messe se termine par l’arrivée d’un couple avec vrai nouveau né déguisés en Jésus, Marie et Joseph au son de « Douce Nuit » en portugais. Les appareils photos crépitent.

Nous nous offrons ensuite nos cadeaux : « Oh, un nouveau t-shirt » (bis).

Le lendemain, téléphones et mails à la famille (nous avons le wi-fi dans l’hôtel et en avons bien profité !), puis balade à nouveau, et enfin le soir arrive avec LE très bon resto où nous nous faisons très plaisir ! Le cadre est joli, les plats délicieux, le service parfait…

Petit détail : la belle cheminée est affublée d’un décor kitchissime, heureusement non visible depuis notre table : nous restons au Brésil.

Petit Noël pas comme les autres mais finalement très sympathique !

samedi 22 décembre 2007

A la recherche d'une denrée rare

Sao Paulo ou comment trouver un plan pour Noël

Nous quittons Paraty en direction de Sao Paulo où nous espérons trouver un endroit pour passer Noël. Des expatriés qui ont l’air très sympathiques nous attendent. Le trajet est mémorable : nous sommes au fond du bus, en face de la porte des toilettes chimiques, et une dame est gravement malade et vient vomir environ toutes les 20 min. Confort garanti

A la sortie du bus, nous nous sentons presque comme deux campagnards fraîchement débarqués à la ville. Ce n’est jamais évident de débarquer dans une mégalopole et de comprendre rapidement comment fonctionne le métro, de trouver un plan, d’enchaîner avec un bus car la station de métro est très loin de chez les St Louvent… D’autant que les bus Brésiliens sont les seuls au monde à être équipés de tourniquets ce qui rend le voyage avec nos sacs de 20kg encore plus compliqué ! Finalement nous parvenons à descendre à la bonne station de bus, et demandons autour de nous si les gens connaissent la rue de nos hôtes qui, nous le savons, n’est pas loin. 20 personnes interrogées dont 4 taxis plus tard, nous sommes toujours bredouilles, leur rue semble inexistante car un des taxi a même interrogé le central : INCONNU ! Nous nous résolvons à téléphoner à nos hôtes, et après 3 cabines téléphoniques cassées, nous en trouvons une qui fonctionne pour nous apercevoir que notre carte téléphonique est vide… Nous commençons à perdre espoir, et nous asseyons découragés sur nos sacs. Notre mine dépitée fait s’arrêter des Brésiliens sympas providentiels qui se proposent de nous aider. Adorables, ils téléphonent à nos amis, et nous conduisent chez eux en voiture illico ! Le rêve !

Stan et Laure, la trentaine, nous accueillent au milieu de leurs quatre enfants trop craquants (entre 10 et 1 ans). Ils vivent dans une superbe et immense maison avec piscine, et nous reçoivent comme des rois.

Nous sommes samedi soir, nous venons d’arriver et un couple de leurs amis vient d’avoir une petite fille : bref, toutes les raisons sont là pour sortir et se faire plaisir. Ils nous emmènent donc dans un super restaurant avec quelques amis expats pour déguster de la très bonne viande argentine et goûter la fameuse Caipirinha, le cocktail national que nous n’avons pas encore essayé. Stan, Laure et leurs amis ont décidé de faire passer une bonne soirée à ces petits jeunes désargentés qui ne s’offrent même pas de tour en bateau lorsqu’ils sont à Paraty, et ne prennent même pas de taxi pour quitter le terminal de bus ! Ils sont donc aux petits soins, nous offrent cocktail sur cocktail sans que nous puissions refuser, et poursuivent ce traitement de faveur dans le Bar Cubain avec musique live dans lequel ils nous entraînent… Nous passons une excellente soirée, le lendemain est plus difficile comme vous l’imaginez… !

C’est aussi pour nous l’occasion de redécouvrir que vivre à Sao Paulo implique un minimum de prudence : fils électriques de protection en haut des murs du jardin, voitures blindées, gardes du corps pour les sociétés les plus prudentes. Nous apprenons que notre recherche d’hôtels de nuit dans Copacabana pendant 2h était un peu une connerie. Nos sacs de routards nous ont peut-être sauvés !

Le lendemain, messe des familles à la paroisse française, mille bouts de chou font leurs intéressants et galopent partout : dur dur de se concentrer sur le sermon. Nous avons l’impression amusante de nous voir dans 10 ans avec nos amis, et de voir nos parents il y a 10 ans… !

A la sortie de la messe nous partons en chasse d’un bon plan pour Noël. Nous souhaiterions passer le réveillon en compagnie d’une association du style « Mundo del Ninos » (cf Pérou). Un couple de belges, investis dans une association qui s’occupaient d’enfants des rues, et désormais en partenariat avec un orphelinat, nous propose de venir avec eux au pied levé déjeuner dans cet orphelinat. Nous suivons Nathalie et Henri, ravis de cette bonne surprise, et luttant contre le sommeil…

Au programme de ce dimanche : déjeuner avec les enfants. Nous essayons tant bien que mal de parler un peu avec certains, mais c’est très difficile de les comprendre et de nous faire comprendre. Beaucoup d’autres visiteurs bénévoles sont là, l’ambiance est festive et chaleureuse, et le Père Noël vient même faire une distribution de cadeaux en avance. Beaucoup de rires, et aussi beaucoup de bruit. Musique à fond, télévision, chants de Noël, tout ça à la fois ! C’est très sympa, mais nous sommes assez frustrés de ne pas tellement pouvoir parler à qui que ce soit, et techniquement, notre venue pour Noël semble difficile. Cet orphelinat est en effet situé en banlieue de Sao Paulo, et revenir en train à 10h du soir de la veillée de Noël n’est pas envisageable pour d’évidentes raisons de sécurité… L’hôtel glauque de cette banlieue dortoir n’est pas une option : il ne faut pas déconner, le but n’est pas de passer le Noël le plus déprimant de l’histoire !

Les jours suivants se passent tranquillement : balades dans le beau parc Ibirapuera tout proche, visite du centre-ville, atelier sablés de noël avec les enfants, courses de Noël (on se sépare au début de la rue commerçante, et on se retrouve à l’autre extrémité avec chacun un cadeau surprise pour l’autre… !), et surtout, recherches incessantes de plans pour Noël !

Nous sommes sereins et confiants au début de cette recherche d’un endroit pour passer Noël. Les jours passants, cela devient plus compliqué. Stan et Laure ont de la famille qui vient à partir de samedi, et nous sommes là depuis presque une semaine. Il nous faut débarrasser le plancher au bout d’un moment. Au début nous essayons de poursuivre la piste associative en appelant le consulat, le point cœur local, etc. Puis nous tentons d’élargir le spectre, en réalisant que sans parler portugais, ce sera difficile de passer Noël auprès d’une association brésilienne. Nous entendons parler d’un sanctuaire marial genre « renouveau charismatique » près d’ici : « Marie qui défait les nœuds » nous tente bien tout d’abord, puis nous avons peur de nous retrouver dans une ambiance tellement illuminée que nous renonçons.

Finalement nous nous disons qu’il est plus réaliste de passer Noël tous les deux dans une ville sympa si possible. Les recherches en ce sens commencent. Nous hésitons entre plusieurs régions du Brésil. Le problème principal est que nous sommes en pleine saison haute, au moment des grandes vacances, quand tout les Cariocas (habitants de Rio) et les Paulistas (ceux de Sao Paulo) veulent passer leurs vacances sur la plage… C'est-à-dire 30 millions de touristes prêts à payer cher pour être dans de beaux hôtels sur la côte. Comme dit Stan, on est un peu au mauvais endroit au mauvais moment ! Or, à part le Minas Gerais (à 10h de bus au nord d’ici, donc assez absurde et fatigant) les seuls vrais points d’attraction de la région sont les côtes. A moins d’aller à 2000 ou 3000 km en bus d’ici ! Les distances sont vraiment énormes dans ce pays…

Après deux jours interminables de recherches, des conversations surréalistes en portugo-spagnol car aucun réceptionniste d’hôtel ne parle autre chose que portugais, des pétages de plombs qui nous ont failli fait prendre un bus direct pour passer Noël en Argentine, nous trouvons finalement un petit hôtel, charmant, à un prix exorbitant pour notre budget mais raisonnable pour le Brésil, dans une jolie ville de montagne à seulement trois heures de bus d’ici. Nous passerons donc Noël dans la suisse brésilienne !

Soulagement, nous allons pouvoir nous préoccuper d’autre chose que de Noël !!

Quelques découvertes au cours de notre séjour ici. Pour Noël, la tradition veut qu’on s’offre des paniers de nourriture. En bons français gastronomes, on imaginait des paniers de douceurs, de sucreries fines, etc… En fait, nous découvrons que les paniers contiennent notamment des conserves de thon et d’abricots : le buts c’est que ce soit utile, alors on n’offre pas de l’argent, mais c’est de la nourriture de base !

Guillaume maternant le petit Paul (1 an) qui fait une grosse crise de larmes alors que ses parents sont partis : « Mais petit ballot, arrête de crier comme ça, ça ne sert à rien de toutes façons personne ne te comprend. » Je n’aurais pas forcément employé les mêmes mots mais comme chacun sait, dixit Guillaume, c’est le ton qui compte…

dimanche 16 décembre 2007

Nos reportages pour l'enfant à l'hôpital


Certains d’entre vous ne sont sans doute pas au courant que nous sommes pendant ce tour du monde cyber reporters pour l’association L’enfant@l’hôpital. Cette association partenaire d’une trentaine d’hôpitaux en France fournit des ordinateurs à des enfants hospitalisés afin qu’ils puissent s’évader un peu de leur maladie. Ils ont aussi crée une sorte de plateforme intranet nommée Kolibri, où les enfants disposent de jeux éducatifs, de devinettes, et de reportages des cyber reporters.
Toutes les semaines, nous envoyons aux membres de L’Enfant@l’hôpital un article d’une demi page environ accompagné de photos qui évoque tel ou tel aspect du pays dans lequel nous sommes. Les enfants suivent ainsi nos aventures, et réagissent en nous envoyant des mails de questions. Nous répondons ensuite à chacun. C’est la raison pour laquelle nous emportons partout avec nous notre marsupilami en peluche, ce n’est pas uniquement un délire débile ! Ti’Marsu (peut-être que certains viennent seulement de comprendre enfin le nom de notre blog !) est censé être très turbulent et aventureux, et nous le poursuivons sans cesse autour du monde, dans les pays qu’il a décidé de visiter. C’est la mascotte de notre voyage, et elle a beaucoup de succès auprès des enfants.
Nous envoyons seulement par mail le texte brut et les photos, et les membres de l’association se chargent de mettre en forme, d’intercaler les photos, et de modifier la police (caractères de couleurs disparates et de très grande taille pour faire plus vivant et rigolo).

A titre d’exemple nous publions ici un des articles rédigés...


Le lac Titicaca

Ce superbe lac bleu (quand il fait beau) dont le nom te fait rire (nous t’entendons d’ici !) est célèbre car c’est le lac navigable le plus haut du monde, à 3800m d’altitude !

Son nom rigolo veut en fait dire « rocher du puma », car le puma était un animal sacré pour les habitants de la région autrefois.
Sur ce lac, nous avons rencontré des gens qui vivent dans des îles flottantes. Et oui, ce sont des îles qu’ils fabriquent eux-mêmes avec des plantes un peu comme du roseau ou du bambou qui poussent sur le lac. Cela s’appelle la totora.
Voilà à quoi cela ressemble avant de sécher (ce sont les plantes vertes) et derrière tu peux voir une de leurs maisons, aussi en totora.
Bien sûr, il faut y aller en bateau et pour ne pas couler, tout le monde doit mettre un gilet de sauvetage. Ti’Marsu est trop petit pour en mettre un, alors il s’est accroché avec Guillaume.



D’abord ils découpent sous l’eau des blocs de terre pleins de racines de totora qui flottent à la surface. Après, ils les couvrent de totora coupée en faisant différentes couches jusqu’à deux mètre de haut ! Voici une maquette pour mieux comprendre.


Tous les quinze jours, il faut rajouter une couche pour ne pas couler car les couches du bas qui sont dans l’eau pourrissent ! Tu te rends compte ? Il faut reconstruire l’île toutes les deux semaines !! Cela leur demande beaucoup de temps. Regarde comme l’île est grande !




Ils fabriquent aussi leurs bateaux avec la totora, celui-ci a une tête de puma.


Il y a d’autres îles normales cette fois sur le lac, les habitants ont tous des chapeaux, et des costumes colorés, observe les bien !



Ti’Marsu est allé jouer au milieu des pelotes de laine d’une dame parce que c’était tout doux !



Les enfants nous posent régulièrement des questions par mail, en voici quelques unes...

(à propos du Trek de Santa Cruz avec les cousines de Guillaume au Pérou)

BONJOUR GUILLAUME EDITH ET TI MARSU
QUI SONT LES GENS AVEC VOUS?
EN DESSERT QUE MANGEZ VOUS?
COMMENT VOUS ETES ALLES DU MALI AU PEROU?
EST -CE QUE VOUS ETES TOUJOURS AMOUREUX?
EST-CE VOUS AVEZ DES ENFANTS?
QUELLE EST LA TEMPERATURE LA PLUS CHAUDE QUE VOUS AVEZ EUE?
COMMENT VOUS VOUS DOUCHEZ?
COMMENT LAVEZ VOUS VOS VETEMENTS?
AUREVOIRKADIA ET FRED (8 et 12 ans)


(à propos d’une flaque d’eau géante au Mali)

Bonjour c'est Romain, votre histoire je l'ai adorée. J'ai 8 ans et j'habite au Puy. Au Mali moi je trouve que la flaque d'eau n'est pas assez profonde pour faire un étang.
Au revoir
J'adore Tit'Marsu c'est trop bien


(à propos des maisons troglodytes du pays Dogon au Mali)

BONJOUR MARSU
Est ce QUE MARSU Va ARRETER SES BETISES? ET MARSU EST CE QUE TU POURRAIS VENIR BIENTOT CHEZ NOUS? DANS LE CHATEAU DES COTES AU 1 étage
COMMENT ILS FONT POUR GRIMPER DANS LEURS MAISONS sur les falaises?

A bientôt

loic (6 ans)


Nous avions rencontré avant le départ une classe d’enfants malades habitant au Château des Cotes, et nous leur avions apporté Ti’Marsu, et nos sacs à dos faits, prétendant partir le lendemain même en voyage pour que l’aventure leur paraisse concrète, et qu’ils comprennent que nous sommes bien réels. C’était vraiment très sympa et amusant, nous avions dû inventer « en live » l’aventure de Ti’Marsu (à deux semaines du mariage, on n’avait pas eu le temps de peaufiner à l’avance ce qu’on allait leur raconter !), leur faire des « démonstrations techniques » (lampe frontale, gourde à biberon spécial randonneur de Guillaume, moustiquaire…), et jouer avec eux.
La plupart sont assez en retard scolairement à cause de leurs maladies et d’histoires personnelles douloureuses (ils sont placés par la DASS dans cet hôpital pensionnat). Aussi Ti’Marsu rencontre un grand succès même auprès des enfants de 14 ans. La plupart des enfants de cette classe lisent à peine ou pas encore. La maîtresse utilise les reportages comme base pour ses cours (géographie, mathématique, etc), elle les aide à déchiffrer nos récits et à nous répondre par mail.


D’autres enfants d’autres hôpitaux suivent les aventures de Ti’Marsu grâce à Kolibri, mais peut-être moins fréquemment que ceux du Château des Cotes dont la maîtresse utilise les reportages comme support pédagogique hebdomadaire.