lundi 21 avril 2008

Hanoi

Avant de retrouver deux amis dans le nord du Vietnam pour un périple d’une dizaine de jours à moto, nous passons quelques jours supplémentaires à Hanoi, ce qui nous laisse l’occasion de profiter plus de cette ville qui nous a conquis.

Il n’y a pas grand-chose à voir ni à faire à Hanoi, mais l’animation qui y règne suffit au spectacle. Les deux-roues sont légion et la circulation infernale.

Tout magasin peut servir de parking.

Nous prenons tout de même le temps de visiter le Temple de la Littérature, ancienne université, et le musée ethnologique, où nous découvrons coutumes et habitats (reconstitués) des minorités ethniques.

La visite la plus intéressante est cependant celle du mausolée Ho Chi Minh où le saint homme repose entouré de quatre gardes sur lesquels veillent la faucille et le marteau, seuls éléments de couleur dans ce bâtiment gris à l’architecture toute soviétique.

Trois jours par semaine des milliers de Vietnamiens, âgés pour la plupart, viennent saluer Oncle Ho. Les observer permet de réaliser l’importance du président dans l’imaginaire des petites gens. Les écoliers constituent eux aussi un groupe très important.

Beaucoup de touristes viennent saluer le vénérable mais très peu prennent le temps d’aller voir le musée à sa gloire. Situé juste à côté et cadeau des soviétiques, il raconte la vie du président et son attachement aux pauvres, sa frugalité, sa bienveillance. C’est un exemple pour tous les petits (et les grands) Vietnamiens.

Voici quelques unes des légendes illustrant les tableaux épiques qui peuplent le musée.

Dans sa bonté, le président avait pris le soin d’écrire aux soldats français emprisonnés pour Noël 1950. Notre guide nous a assuré que ceux-ci avaient été ravis de recevoir cette lettre.

C’est assez réconfortant de voir ces vérités historiques enfin enseignées, sans souffrir de la censure occidentale !

Voici également une photo de l’assemblée nationale en 2006. Oncle Ho veille.

En sortant du musée, nous avons rencontré un Vietnamien fort sympathique, parlant le français correctement et avec qui nous avons sympathisé. Doug nous a invité à déjeuner dans une cantine locale où nous avons fait sensation. Les hommes avec qui nous partagions notre table m’ont lancé un certain nombre de défis à l’alcool de riz (pas fameux). Difficile de ne pas répondre.

Doug est dans une école de sous-officier et à l’occasion de son stage, fait visiter le musée Ho Chi Minh. C’est sans doute la seule période de sa vie pour les 25 ans à venir où il peut utiliser son français, donc il en profite. L’administration militaire Vietnamienne n’est pas reconnue pour sa souplesse et ne prend évidemment pas en compte les aspirations. Il ira là où on lui dira d’aller.

Quant à utiliser ses langues lors d’un voyage en Europe il ne faut pas y compter, les militaires ne sont pas autorisés à sortir du territoire.

Utiliser Internet ? Pour les officiers uniquement.

Nous passons des heures à discuter avec lui et tentons de comprendre la vie d’un garçon de notre âge en pays communiste à l’économie capitaliste. Nous nous retrouvons le lendemain et visitons ensemble le musée d’ethnologie. Ce qui est fascinant, c’est l’absence totale de distance que l’on peut régulièrement sentir dans ses discours. Dès que nous abordons un sujet politique ou historique, la propagande l’emporte. Mais pour eux, ce n’est évidemment pas de la propagande, ils baignent dedans. D’ailleurs, des haut-parleurs crachent régulièrement des diatribes que nous supposons politiques dans les rues.

Dernière anecdote amusante qui nous a prouvé une fois de plus à quel point nous prenons parfois pour des règles universelles de simples habitudes : au moment de goûter à une des célèbre Tarte Bonne Femme de chez Baguette et Chocolat, notre boulangerie préférée ici, Doug nous avoue tout gêné ne pas savoir se servir d’une fourchette et d’un couteau. Concentré comme nous l’étions dans notre premier restaurant chinois, il essaie tant bien que mal de suivre nos conseils pour manier ces instruments bizarres!

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