Nous nous installons dans un hôtel luxueux par rapport à d’habitude, l’un des seuls dans lequel nous pourrions imaginer (difficilement cependant) nos parents…
Dès le lendemain, nous visitons la cité pourpre interdite , l’enceinte privée de l’empereur au cœur de l’enceinte impériale de la ville fortifiée. Hué a été la capitale politique du Vietnam de 1802 à 1945 lorsque la dynastie des Nguyen était au pouvoir. Les empereurs avaient organisé la vie de leur cour en s’inspirant de la vie à la cité interdite de Pékin. D’innombrables palais et temples abritaient l’empereur et sa famille, les concubines, les eunuques, les mandarins. L’étiquette était extrêmement stricte, tout était codifié précisément, et toute activité du souverain (conseils, séances, discours, etc) donnait lieu à une cérémonie rituelle élaborée.
Outre la reine, première épouse, l’empereur partageait ses nuits entre ses femmes de différents rangs. Les 81 femmes du dernier rang par exemple se partagent 9 des nuits de l’empereur par mois. La reine bénéficie, elle, d’une nuit sur trois. Les eunuques tiennent un livre précis des nuits accordées à telle ou telle afin de vérifier si les éventuelles grossesses concordent.
Outre ses nombreuses épouses, l’empereur entretient un grand nombre de concubines. C’est un statut suffisamment important pour que les mandarins l’envient pour leurs filles. Enfin les odalisques, loin derrière dans la hiérarchie, s’occupent des menus plaisirs du roi.
L’auteur Vietnamien qui rapporte ses faits tient à préciser que les empereurs Vietnamiens pouvaient être signalés pour leur retenue par rapport aux empereurs chinois…
La reine mère était la seule femme de pouvoir, l’empereur devait lui faire deux visites par jour ce qui témoigne de son importance.
Aujourd’hui, après le bombardement de la ville par les Américains (quel dommage…), il reste de ce passé fascinant quelques superbes palais et temples. Une partie de la cité impériale a été bien restaurée très récemment, le reste est en œuvre. Les dragons qui décorent les toits aux tuiles en ying et yang (concaves et convexes), les griffons, la calligraphie chinoise qui décore les colonnes des temples, le culte des ancêtres, les mosaïques kitch, les toits aux coins relevés : tout est là pour nous rappeler à quel point le Vietnam a subi l’influence chinoise. Nous parcourons sans nous lasser cet ensemble pendant une longue matinée.
Le lendemain, nous complétons notre visite en allant nous promener dans la vieille ville. Malheureusement, elle n’a que peu d’intérêt, et nous décidons vite de profiter de la moto que nous avons loué pour aller voir des pagodes et des tombes d’empereurs aux environs.
Nous commençons par la pagode de Thien Mu, superbe, avec vue sur la Rivière des parfums. Puis nous partons visiter des tombes aux alentours
Les empereurs avaient pour coutume de se faire construire d’immenses ensembles architecturaux qui servaient souvent de lieu de repos et de villégiature de leur vivant, pour devenir leur sépulture à leur mort. Ces « tombes » à quelques kilomètres de la ville sont plus ou moins bien restaurées. En nous perdant un peu sur les petites routes, nous en découvrons une moins courue que nous pouvons explorer seuls.
Dans chacune de ces tombes on retrouve les éléments symboliques suivants : une grande esplanade de chaque côté de laquelle des chevaux, des éléphants et des mandarins de pierre montent la garde, éternellement prêts à recevoir les ordres du souverain ; puis une stèle qui relate en caractères chinois la vie de l’empereur ; ensuite un bassin en forme de demi-lune, et enfin une triple enceinte entourant la tombe.
Cette dernière, très simple, contraste avec les bâtiments superbement ornés qui l’entourent. Pour la petite histoire, les empereurs étaient en fait souvent ensevelis ailleurs, dans des lieux tenus secrets pour éviter que leur tombe ne soit pillée.
Ces deux jours de visite nous ont fait renouer avec un tourisme rapide, efficace, culturel, celui que chacun de nous connaît : passionnant mais crevant ! Nous nous dirigeons maintenant vers Hoi An, un peu plus au sud, à seulement 100km, parcourus au rythme Vietnamien : 4h de route…
(Cette photo est cucu mais je cède à ma femme)
Nous avons compris la leçon et n’essaierons plus de prendre les transports locaux, finalement plus chers et plus compliqués. Les touristes passent tous par des agences de voyage dont les bus viennent les chercher à leur hôtel. Cela évite d’aller à la gare de bus souvent lointaine : le confort est (presque) total.
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