Pour ceux qui connaissent le Vietnam, nous avons ensuite quitté Lao Cai pour Hué via Hanoi. C’est long.
Départ à 21h en train (soft sleeper cette fois), arrivée à Hanoi à 5h, changement pour un bus pour Hué. 8h30 départ du bus, arrivée 22H. Reposant.
Mais si l’on vous raconte ce trajet qui n’a pas grand-chose d’intéressant en lui-même, c’est un prétexte pour vous parler des sentiments que les Vietnamiens ont fait naître chez nous. En bref, le bus pour Hué est proposé au double du prix. Les plus matheux d’entre vous auront remarqué que si l’on paye tout le double, le budget double et nous serions alors déjà rentré en France, ce qui serait bien dommage. Plus bêtes qu’eux, nous refusons de monter dans leur bus de voleurs qui partait pourtant dans l’instant ce qui nous aurait bien arrangé. Les principes sont durs à tenir, surtout à 6h du matin après avoir dormi dans un train, mais nous nous y accrochons fermement. Paris nous manque, mais pas encore suffisamment.
Les Vietnamiens commencent à sacrément nous décevoir. Tous les routards nous avaient prévenus que les rapports avec les Vietnamiens étaient difficiles voire conflictuels, mais nous voulions bien sûr nous faire notre propre opinion. Elle est faite, et nous déconseillons assez fortement un voyage indépendant au Vietnam. Surtout pour un premier voyage. Les mauvaises expériences risqueraient d’ôter l’envie de voyager. Les tours organisés échappent en revanche à cette logique, car ils n’ont que très rarement affaire aux gens du pays.
Plus que les arnaques dont nous sommes victimes, c’est la complicité des autres Vietnamiens qui nous consterne le plus. Nos co-voyageurs de bus qui montent des mascarades pour nous montrer qu’ils payent le même prix que nous, le sourire narquois du passant dans la rue quand il nous voit proposer un prix débile pour quoi que ce soit, ou les habitants de cette maison près du pont qui viennent finalement profiter de l’aubaine. Dans les autres pays, nous trouvions toujours des gens bienveillants nous disant de ne pas payer plus de tant pour tel chose. Ici chacun veut sa part du gâteau. Nous avons la désagréable impression de ne pouvoir nous fier à personne.
Un réceptionniste nous annonce par exemple qu’il ne peut nous vendre des billets de train qu’en classe luxe. Pour les autres billets, il nous annonce que le guichet est à la gare distante d’une heure et demie en bus. La serveuse se marre. Nous trouvons le lendemain un guichet ouvert à 2 mn à pied de notre hôtel. Tous les billets sont bien sûrs disponibles.
Mais le plus énervant, ce ne sont pas les arnaques. Après tout, nous commençons à acquérir une petite expérience pour nous en prémunir. C’est le comportement des gens lorsque nous leur annonçons que nous refusons l’arnaque. Un Malien vous annonce prix décuple pour sa pirogue. Réaction normale du touriste avisé, il se marre. Le Malien se marre aussi et après deux ou trois rigolades vous finissez par payer un petit premium finalement largement acceptable. Même réaction en Amérique du Sud, on fait appel à son honnêteté. Tout rentre dans l’ordre. On reste dans la bonne humeur. Ils ont le droit d’essayer (enfin, on veut bien l’accepter) mais nous avons le droit de refuser. Le Vietnamien, lui, s’énerve, tempête, s’offusque, quoi ! Tu refuses mon arnaque ! D’autres touristes ont accepté, c’est donc que vous pouvez payer ! Tant pis, reste donc sur le bord de la route. Ils préfèrent parfois rater une affaire que prendre deux touristes pour le prix réel.
Pénible et décevant.
Il y en a toujours qui sont là pour racheter les autres mais ils ne semblent pas assez nombreux. Les gens que nous côtoyons, il faut bien l’admettre, sont souvent versés dans le commerce si ce n’est dans le tourisme. Ces gens là sont, dans l’ensemble, de sacrés filous. Même dans des bleds perdus du Nord Vietnam. Mais ils ont du mal à nous faire oublier les sourires, les saluts, les regards étonnés mais amicaux de tous les gens que nous avons croisé sur notre moto. Ce pays est splendide, les lumières y sont fabuleuses, les gens souriants mais une partie de la population a décidé de dégoûter les touristes de leur beau pays. Heureusement, ils n’ont pas réussi. Nous repartirons de notre mois au Vietnam enchantés par ce pays magique par bien d’autres aspects.
Plus drôle, nous avons échappé à notre arrivée à l’une des pires expériences que nous aurions pu avoir depuis le début du voyage. Notre bus qui poursuivait sa route vers le sud (rappelons que nous avons laissé filer le bus de voleurs pour Hué) a décidé de nous laisser à l’embranchement de Hué, marqué par une station service à 15km de la ville. La nuit est bien noire et la route ne nous dit rien qui vaille. Pas de taxis à l’horizon et il nous aurait fallu franchir les kilomètres nous séparant de Hué à pied ou en louant les services d’une moto. (Qui en aurait sans doute bien profité…) Heureusement, il s’agit d’une tentative d’arnaque à la Malienne. 30 secondes de discussion closent l’affaire et nous sommes déposés au cœur de la ville. Ouf !
4 commentaires:
Allez ! C'est pas le moment de céder au défaitisme :)
Profitez en bien.
Alexis
j'adore la tête du cochon sur la moto!
Bonjour les voyageurs,
En essayant de voir les choses de maniere optimiste je dirais que ses moments difficiles resteront dans vos memoires et apres on en parlera en rigolant a l apero bien cale au chaud dans un fauteuil.
C est le lot de tous les touristes pieges par les autochtones, il m est arrive la meme chose il y a deux semaines au fond des rizieres chinoises, racket ehonte et sans sourire mais bon ca enrichie le voyage.
Bonne continuation et j espere de tout coeur que votre image du Vietnam ne sera pas si noire.
Maxime
Je suis un peu a la ramasse dans la lecture de votre blog... je ne suis plus vraiment devant mon ordi 12h par jour enfait...
Cool que vous fassiez un bout de chemin avec Ronan et son pote, la moto ca devait etre genial, un grand reve !! (Pour ma part je me fais racompagner souvent le soir par des potes - indiens , hehe si si - en moto...on m'a promis qu'on m'apprenait, il ne reste plus qu'a trouver le temps...)
Bonne route truffee d'arnaques a gogo...courage...
bisous
LN
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