Nous passons notre vie au restaurant, deux fois par jour depuis presque 7 mois.
Le rêve n’est-ce pas ?
Evidemment, c’est un confort incroyable, et nous en profitons au maximum tant que cela dure.
Mais au fil du temps quelques menus détails prennent de l’importance. Tout d’abord, le fait de ne jamais cuisiner soi-même empêche d’ingérer exactement la quantité que l’on souhaite. On ne sait jamais à l’avance si le plat sera copieux ou non, à quel point il sera lourd (l’utilisation très généreuse d’huile semble être un point commun de la cuisine de tous les pays en développement), si l’on va aimer… Nous n’allons pas vous faire pleurer sur notre sort, mais nous n’avions pas réalisé à quel point avoir plusieurs plats plutôt qu’une unique assiette, se servir soi-même, pouvoir se resservir, compenser la faim en ajoutant du pain et du fromage est pratique et vital ! Résultat, à force de ne jamais prendre exactement la dose de nourriture dont nous avons besoin, nous ne sommes pas très épais … Il est pénible et souvent lent de recommander tout un plat quand on a juste un peu faim ; et les coupe-faim ne sont pas légion (si l’on excepte le riz gluant).
Le Vietnam a été divin de ce point de vue car ils proposent des entrées à chaque fois (et quand on n’a jamais eu d’entrée depuis 6 mois, on apprécie. Au passage le nem est typiquement Vietnamien plus que chinois). Nous nous offrions souvent des Fruit Shake en dessert… Un délice, qui nous permettait pour une fois de manger équilibré.
Plus le voyage avance, moins nous sommes tolérants à la mauvaise nourriture. Non pas que les plats soient foncièrement mauvais. Mais imaginez ce que vous ressentiriez pour des pâtes au beurre si vous en mangiez pour le 15e repas consécutif : ce n’est pas mauvais en soi, le goût n’est pas désagréable, c’est simplement lassant. On se nourrit pour ne pas ressentir la faim, rien de plus. Et bien les cuisines locales d’un certain nombre de pays en développement ont cette même vocation : se remplir l’estomac. Et même en changeant régulièrement de pays, cette même impression de lassitude revient.
Au Laos par exemple, un plat typique de boui-boui tourne systématiquement autour de riz gluant. On peut y ajouter quelques herbes ou bien s’offrir un petit plaisir et commander des brochettes de pattes de poulet ou des criquets frits. On peut bien sûr être moins aventureux et y ajouter des œufs, du poulet (plus d’os que de poulet) ou du bœuf (plus de gras que de viande) au choix. Cela fait trois plats.
La gourmandise est un péché difficile à commettre en voyage hors des sentiers battus.
Or, nous aimons de plus en plus sortir des routes touristiques classiques. C’est vraiment magique, on découvre le pays de l’intérieur, sans les artifices qui naissent forcément dans une zone touristique. On se sent seuls au monde, découvreurs, explorateurs… c’est grisant ! Seulement, pas de touristes signifie pas de restos à touristes, donc uniquement des boui-boui, donc les mets délicieux décrits ci-dessus…
Dilemme difficile à trancher. Nous optons en ce moment pour une alternance raisonnable de boui-boui un peu subis (nous avons dépassé le stade où nous nous ravissions d’une expérience typique), avec de bons restaurants chaque fois que l’on peut. La pizza d’hier, la première depuis deux mois, a par exemple tout a fait effacé la brochette de viande non identifiée d’avant-hier (chien ?) et le sac de plastique rempli de riz gluant servi dans le bus.
Les infrastructures spécialement destinées aux touristes ont du bon, et nous bénissons parfois (après les avoir malmenés maintes fois sur ce blog) nos amis backpackers, et même les voyages organisés, sans qui nous ne trouverions jamais aucun restaurant proposant de la bonne nourriture locale ou occidentale. Nous nous efforçons cependant de nous nourrir des mets locaux.
Nous sommes certainement plus difficiles que d’autres voyageurs, et Ronan et Arnaud riront bien s’ils ont l’occasion de lire cet article.
Soulignons quand même la supériorité incontestable de la cuisine Vietnamienne sur tout ce que nous avions croisé jusqu'à maintenant. Le Pérou mis à part (qui propose d’exquis fruits de mer et poissons), nous avions mangé en Amérique du sud surtout du riz et des frites (à chaque repas en fait). Même l’incomparable viande argentine et son vin ne suffisaient pas pour compenser. La nourriture Néo-Zélandaise, héritée de nos amis d’outre manche, ne pouvait satisfaire nos palais de fins gastronomes (surtout cuisinée sur un réchaud à gaz).
Aux Philippines une amélioration notoire nous a permis de nous faire plaisir, mais c’est vraiment au Vietnam que nous avons pu renouer avec une cuisine fine et délicieuse. En attendant la Thaïlande, et l’Inde…puis le retour !
2 commentaires:
Vous avez oublié la délicieuse cuisine chilienne de Zapallar et du Patagonia (avec sa fondue au chocolat!)... Je pensais au moins que vous vous souviendrez de votre halte pour cela !
Sinon, à bientot pour un diner à la maison !
Amélie
Ah si vous avez oublié la halte mémé... c'est une faute impardonnable :)
Fine analyse qui nous ramène toujours à la même conclusion: bordel qu'on est bien en France ! (surtout pour la bouffe)
Alexis, mode lapalissade
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