En repassant chez Léopold et Emma à Ségou nous avons eu la chance de voir les centres AFEM (Association des femmes éducatrices du Mali) d’alphabétisation pour jeunes filles entre 10 et 18 ans. Ces filles venues des campagnes pour être domestiques dans les familles aisées de Ségou sont très peu éduquées, et loin de leurs familles, en ville, elles sont particulièrement vulnérables et souvent victimes de mauvais traitements ou de grossesses précoces… Lors de cours du soir (2h/j), elles apprennent à lire à partir d’une méthode très bien faite basée sur l’apprentissage des règles d’hygiène et de santé. Des images les aident , et elles sont si motivées qu’en 6 mois elles parviennent à un niveau CM2 !
Léopold nous emmène également voir le village d’à côté, Togo, soutenu par l’AFEM. Les femmes ont demandé à apprendre le maraîchage, pour avoir une source de revenu supplémentaire. La culture du Mil sert avant tout à l’alimentation de la famille. Désormais, elles produisent oignons, arachide, bissap, piments, salades, etc… grâce à deux pompes installées en plus. Le moulin à mil leur change également la vie. Il moud en une minute ce qu’une femme pilerait en deux ou trois heures de temps! Le conseil des sages du village a même interdit formellement aux femmes de piler elles-mêmes le mil. Quel contraste avec le pays Dogon où l’on considérait qu’aussi longtemps que les femmes passeraient leurs journées à piler le mil elles ne créeraient pas de problèmes…
Nous quittons Léopold et Emma avec un dernier effort pour atteindre Bamako : notre dernier trajet en bus ! Normalement Ségou et Bamako ne sont pas loin (250-300km), nous devrions en avoir pour 4heures. Partis à 14h, nous avons bon espoir d’arriver assez tôt chez les Desbazeille qui nous attendent à Bamako. C’était sans compter sur les ressources infinies des maliens pour allonger les trajets. Première panne : nous devons changer un pneu. Voici le pneu de rechange, je dis bien de rechange, je n’ai pas vu l’allure du précédent qui a été jugé trop vieux, et cela vaut sans doute mieux !!
Ensuite, grâce à la conduite prudente et modérée de notre bien aimé chauffeur, nous fonçons à très très grande vitesse droit sur un énorme nid de poule ce qui brise presque en deux l’essieu de la roue intérieure arrière gauche du bus. Deux heures et demi d’attente dans LE bled dont l’antenne Orange déconne aujourd’hui, et qui n’est pas équipé d’un téléphone fixe… Impossible de prévenir les Desbazeille ! Nous prenons notre mal en patience, au bord du craquage il faut l’avouer, et jouons un peu de guitare pour nous réconforter.
L’essieu de rechange vaut le coup d’œil lui aussi… !
Le soir, c’est le paradis ! Après avoir maudit les maliens et leurs transports pourris pendant les 6h précédentes, nous sommes royalement accueillis par Monsieur et Madame Desbazeille, qui ont une magnifique maison, resplendissante de propreté. Après un mois de Mali, c’est un plaisir inimaginable que de se retrouver dans un confort européen ! Nous passons un dîner très agréable à discuter avec nos hôtes, et nous écroulons dans notre lit. Seul bémol, les Desbazeille nous font part des rumeurs de fermetures de l’aéroport, rumeurs qui semblent diablement sérieuses puisqu’elles sont écrites dans le journal !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire