dimanche 18 novembre 2007

Huanchaco et Mundo del Ninos

Après ce trek mémorable et très fatigant, nous reprenons le bus de nuit pour Trujillo, la 3e ville du pays (9h de bus au nord de Lima). Huanchaco (à 15 km), le paradis de surfeurs de mes cousines, est une station balnéaire très à la mode où beaucoup de volontaires « cools » se relaient… Maë et Prilou ne sont vraiment pas seules ! Mais la plupart ne parlent pas bien espagnol, et ont donc des expériences différentes de leur séjour au Pérou, d’autant que la majorité ne reste qu’un mois ou deux.

Nos cousines sont très occupées, et vivent à 300km/h même au bout du monde… Au programme animation dans une association « Mundo del Ninos », centre pour ex-enfants des rues. Elles y viennent tous les jours et organisent des foots et autres activités sportives pour 14 jeunes garçons entre 8 et 15 ans, qui ont été placés là après avoir vécu quelques années dans la rue. Lorsqu’ils arrivent, ils sont très violents, et souvent drogués à la colle, il leur faut réapprendre à avoir des relations normales avec les autres. Grâce à ce foyer, ils « retombent en enfance », et cela fait très plaisir à voir. Ils restent trois ans maximum au bout desquels ils sont envoyés dans d’autres foyers au milieu d’enfants ayant connu des situations très différentes. Le but est vraiment de les réinsérer rapidement, notamment en les renvoyant à l’école.

Le centre est financé par une association espagnole, et ne roule pas sur l’or. Les enfants ont des conditions de vie spartiates, mais décentes. Ils sont très affectueux pour certains, un peu violents pour d’autres, mais globalement, quand on joue au foot avec eux où qu’on assiste à un anniversaire, on a du mal à croire qu’ils aient pu voler au marché pour survivre et se shooter à la colle. Les enfants s’attachent très vites, et les cousines sont de vraies stars. Elles leur ont composé un hymne génial que les enfants chantent en cœur sans arrêt :

« Somos los chicos de Mundo del Ninos,

miran nos, amigos, donde vivemos !

Playa, partido y viva Huanchaco,

bailamos, cantamos, Mundo del Ninos ! »

Antonio est également très apprécié des enfants qu’il connaît depuis deux semaines seulement, car c’est un mec, un vrai, et costaud en plus, qui peut servir de portique ambulant : il leur fait faire l’avion, les jette en l’air, leur fait faire des galipettes en l’air en les tenants par les bras, et surtout, on peut faire des bras de fer contre lui (en y mettant les deux mains et la tête plus les copains, sinon il n’y a aucune chance… !)

Maëlys et Priscille donnent également des cours de sport dans une école gratuite (exceptionnel au Pérou) créée il y a cinq ans par un prêtre péruvien. Tout est financé par des dons (profs, matériel, construction de l’école…), mais les parents participent activement : les mamans se relaient pour faire la cuisine à midi et nourrir ainsi les enfants qui ne le seraient pas suffisamment chez eux ; les papas doivent chaque été participer pendant une semaine à la construction des nouvelles classes et à l’amélioration des locaux (beaucoup de classes n’ont pas encore quatre murs en dur, et sont à moitié faites de bout de cartons ou planches de bois mal ajustées). Le père est vraiment très gentil, et les enfants très affectueux. Mais il n’est pas toujours facile d’animer des cours de sport pour les petits de maternelle… Quel que soit le niveau, les cours reviennent souvent à de l’animation, et Priscille et Maë, super dynamiques, puisent largement dans leurs expériences scoutes pour trouver des idées de jeux …

Ici, Un, dos, tres, sol !

Après le cours de sport, elles sont parfois invitées à partager le repas du père et des professeurs, ce jour-là, c’était cochon d’inde… Une spécialité Péruvienne, le « Cuy ». Une viande blanche proche de la volaille en plus tendre. Se mange grillé comme un bon poulet.

Les cousines font également jouer des enfants d’une autre école assez éloignée, une heure par semaine, lors de la garderie du soir.

Elles nous disent préférer clairement leur action auprès de Mundo del Ninos, car c’est là qu’elles se sentent le plus utile, et qu’elles sont le plus proches des enfants.

Ce qui est sûr, c’est qu’elles ne chôment pas et ont très peu de temps libre, car après ces journées bien remplies, il faut aussi apprendre à faire du surf avec les potes péruviens, faire la fête, cuisiner de délicieuses Pie de Limon (prononcer « pied » de limon si vous voulez perpétuer la prononciation qu’a choisi Guillaume au Chili il y a deux ans).

Nous sommes ravis de découvrir leur petite vie à Huanchaco, et de passer un moment tous ensembles, avec cette fois, plus de facilité pour discuter qu’à 4000m d’altitude ! Nous visitons rapidement Trujillo guidés par les cousins, et goûtons le mythique Ceviche péruvien, du poisson cru et des crustacés marinés dans beaucoup de citron vert, d’oignons et d’épices… Un régal ! Cela nous change du Mali où rien n’était bon, et où nous devions nous forcer à nous nourrir… Le Pérou est le paradis des fruits de mer, du poisson, du lait concentré sucré et des pâtisseries crémeuses… Nous sommes en bonne voie pour rattraper nos kilos manquants, surtout en compagnie de Pril et Maë qui ne se limitent pas côté desserts et sucreries !

Ces trois jours à Trujillo passent très vite, et nous avons peu de temps pour nous reposer de nos deux nuits de bus encadrant quatre nuits de trek à dormir dans une tente trop petite pour cinq en altitude. Nous accompagnons en effet les cousines dans leurs différentes activités (enfin presque, on s’accorde une grasse matinée de plus). Elles ne sont pas complètement au top de leur forme, problèmes digestifs et fatigue (on se demande bien pourquoi elles sont fatiguées alors qu’elles ont enchaîné les cours de sport après le bus de nuit qui nous ramenait du trek) ! Quoi qu’il en soit, nous passons de très bons moments et le retour pour Lima prévu dès ce soir arrive trop vite. Nous prenons tous les cinq le bus de nuit pour raccompagner Antoine à son avion. Nous en profiterons pour continuer notre voyage vers le sud du Pérou.

Cet intermède familial aura été un vrai bonheur, et nous nous disons de plus en plus qu’il faudra trouver un endroit bien choisi et chaleureux pour passer Noël tous les deux seulement…

Nous nous rendons compte que le voyage avance à la vitesse de l’éclair, déjà un mois et demi d’écoulé… Il faut en profiter ! La suite du Pérou sera intense et sportive, et nous serons sans doute moins nomades au Brésil.

Une chose est sûre, c’est déjà très intéressant de pouvoir comparer le Mali et le Pérou, pays en développement mais qui n’ont rien à voir ! Nous avons le sentiment que le Pérou peut nous rattraper en 20 à 50 ans, le Mali plutôt en 120 à 150 ans… Ici il y a pêle-mêle:

- des entreprises,

- des égouts (évidemment !),

- presque toutes les rues sont pavées ou goudronnées,

- le choix dans les boutiques est incomparables

- il y a des distributeurs automatiques de billets, même à Huanchaco (inexistant en dehors de Bamako)

- des supermarchés dans toutes les grandes villes (2 au Mali),

- des excursions de classe,

- des loisirs pratiqués par les touristes péruviens (surf par exemple),

- du mobilier diversifié et de bonne qualité,

- des magasins high-tech (il y en avait un à Bamako, rien qu’à Trujillo nous en avons vu deux),

- 90% des gens savent écrire (rappel : 20% au Mali)

- des publicités qui donnent envie d’acheter

des policiers en qui l’on peut avoir confiance (…)

3 commentaires:

Anonyme a dit…

"Des pubs qui donnent envie d'acheter.."
Si c'est un critere de voyage, venez en afghanistan, c'est un Mali avec de bonnes pubs ;-) !

L.

Anonyme a dit…

Qui est motivé pour aller créer une agence de communication au Mali avec Laurent ?

(en même temps s'il n'y a rien a vendre ni de choix pour acheter...)

Pôch'

Anonyme a dit…

un petit coucou en sortant du chinois
Bonne-Maman