mercredi 28 novembre 2007

Retour au lac Titicaca (prononcer Titikahrka)



Après cette belle marche au Cañon del Colca, nous partons pour Puno, port Péruvien du lac Titicaca, le lac navigable le plus haut du monde (3 820m) que nous avions tant aimé l’année dernière du côté Bolivien.

Puno ne présente guère d’intérêt, c’est une grande ville assez moche et nous souhaitons donc nous évader au plus vite vers d’autres lieux. Les îles du lac sont particulièrement belles (nous l’avions vu en Bolivie) et nous décidons donc d’y passer deux jours et une nuit. Nous souhaitons à la fois voire les fameuses « Islas flotantes » et une grande île plus traditionnelle. Mais le programme est chargé puisque nous devons encore aller à Cuzco et dans toute la vallée sacrée. N’ayant donc que deux jours à notre disposition et donc peu de temps pour nous organiser, nous nous inscrivons, après moult tractations et contrairement à nos principes, à un tour organisé… Celui-ci présente quelques avantages, outre le transfert de l’hôtel au port et un bateau privé, nous bénéficierons des lumières d’un guide bilingue. Le pied.

(Promis les parents, je viens de me couper les cheveux...)

Comme promis, on vient nous chercher pour nous faire rencontrer tous les « amis » (comprendre les autres touristes) et nous partons en direction des « Islas flotantes ».

Pour se protéger des agressions Collas et Incas, les Uros s’installèrent il y a quelques siècles sur des îles flottantes, construites en roseau, qu’ils peuvent déplacer à leur guise. 2 000 personnes vivent encore sur ces 40 îles.

Elles ont beau être très, trop, touristiques c’est assez fascinant. Les Uros découpent d’abord sous l’eau et par blocs, la terre mêlée de racines de totora (sorte de roseau-bambou). Les blocs ainsi libérés flottent à la surface, ils les recouvrent ensuite de totora en superposant des couches perpendiculairement jusqu’à deux mètres d’épaisseur. Le résultat flotte, est très moelleux et est accroché par des ancres pour ne pas dériver. L’île a une durée de vie de 15 ans environ mais l’on doit ajouter de nouvelles couches tous les 15 jours.

Malheureusement pour nous, le temps est très gris et les photos ne sont pas aussi belles que dans les magazines mais c’est tout de même étonnant.

De plus, les îles sont très petites et faire débarquer 20 touristes d’un coup dessus rompt un peu la magie du lieu… Les Uros semblent vivre aujourd’hui principalement du tourisme et nous échappons de peu à un spectacle désolant donné aux touristes ayant choisi de faire une promenade dans un bateau typique (que les Uros n’utilisent plus depuis un moment).

Les femmes, qui auparavant vendaient des souvenirs aux gringos, se mettent en rang pour chanter d’une voix lasse (comme toutes les demi-heures, à chaque nouveau groupe) un chant traditionnel vite remplacé par « Vamos a la playa » plus connu des touristes.

Etonnant donc, cela valait vraiment le détour (il y a 20 ans ils vivaient uniquement de pêche et n’allait en ville que rarement pour faire un peu de troc) mais vraiment surexploité. Nous avions la désagréable impression d’être à l’exposition coloniale au rayon « indigènes » ou dans un drôle de zoo.

Nous nous dirigeons ensuite vers la Isla Amantani, où les habitants, malgré les touristes, conservent un mode de vie traditionnel. Nous sommes divisés en groupe de deux pour être accueillis par des familles de l’île, coup de chance, nous nous retrouvons ensemble…

Nos hôtes sont très sympathiques, parlent un peu espagnol, et nous partageons leur repas quotidien : soupe (pommes de terre, quinoa, et parfois carottes en option) et plat principal : riz et pommes de terre. Seul le riz est acheté en dehors de l’île, le reste est cultivé sur place. Edith aide bien sûr à la préparation du repas mais a du mal à se retrouver dans la cuisine.

Nous montons ensuite au sommet de l’île et le ciel se découvre enfin pour un coucher de soleil splendide, à peine gâché par un groupe de touristes braillard.

Ce soir, notre guide nous l’a promis, nous allons faire la fête. Nous nous déguisons donc en locaux, et partons pour la salle des fêtes accompagnés par notre famille d’accueil. Nous sommes un peu inquiets et craignons que nos pauvres hôtes ne soient plus ou moins forcés de venir et qu’ils s’ennuient ferme. Mais, à notre grand étonnement, les dix familles d’accueil semblent ravies de profiter du groupe de jeunes musiciens et de danser un peu n’importe comment mais avec beaucoup de cœur à grand renfort de rondes et farandoles. La mère de famille est venue m’inviter quatre fois à danser et vraiment avec plaisir. C’est moins complexant que de danser avec des africaines…


Nuit fraîche sous une tonne de couvertures, même au printemps, le vent glacial transperce les murs de la maison.

Quelle récompense au réveil ! Un temps splendide nous attend pour toute la journée et l’autre île que nous partons visiter : La Isla Taquile.

En dehors des superbes paysages que vous pouvez contempler, l’île est célèbre pour ses vêtements traditionnels, encore portés très largement aujourd’hui. Les hommes par exemple portent systématiquement un couvre-chef, un bonnet le plus souvent. Celui-ci, selon sa forme et sa couleur indique si l’on est célibataire, marié ou occupado. Une ceinture vient redoubler le message.

(A l’extrême gauche, le monsieur est marié (bonnet rouge) et à l’extrême droite il est célibataire ou veuf.)

Pour les femmes, c’est la manière d’empiler les jupons qui indique l’état marital.

Après un déjeuner imposé dans un attrape-touristes, qui créé des tensions entre la moitié du groupe et le guide nous devons repartir pour Puno et en profitons pour nous perdre en chemin et faire attendre tout le monde dans le bateau. Ce la nous a tout de même donné l’occasion de monter tout en haut de l’île et de profiter du paysage ; nous nous excusons donc essoufflés mais le sourire aux lèvres.

Nous n’aurions certainement pas pu voir autant de choses en organisant notre séjour tous seuls avec le peu de temps que nous avions donc nous sommes finalement assez contents d’avoir, cette fois, pris une agence. Mais nous avons tout de même la désagréable impression d’être trimbalés comme de vulgaires bovins (ou des enfants de 5 ans) ce qui ne correspond qu’assez peu à notre tempérament. De plus, le guide ne nous aura finalement pas appris grand-chose à part sa théorie, très personnelle, sur le transfert d’énergie cosmique de l’Himalaya vers les Andes, qui devrait déclencher, dans un avenir proche, (merci Paco Rabane) le réveil de la Pachamama (Terre-Mère) ! Nous laissons échapper un fou-rire poliment retenu mais sommes ébahis par l’acquiescement passif des autres membres de l’auditoire : le type « gros cool en recherche » est très répandu en Amérique du Sud. Moins qu’au Népal ? Question d’énergie cosmique sans doute.

Ses digressions permanentes et son auto-traduction simultanée en anglais nous tapent un peu sur le système, mais nous restons, au moins pour lui, ses amigos

A part cela, nous discutons agréablement avec des Québécois fort sympathiques et rien ne peut entamer la beauté du lac… Nous reviendrons, Inch’allah.


10 commentaires:

Unknown a dit…

9h39, je suis hyper rapide!!
Je vous embrasse!

Laurent b. a dit…

je ne sais pas l'heure en france, mais Mash'Allah, je ne suis pas trop en retard non plus !
Il va falloir m'acheter un bonnet de celibataire si ca marche au perou...

Anonyme a dit…

Super d'avoir de vos nouvelles.
Encore une fois tout est magnifique, pour un peu on a l'impression d'être là bas avec les photos.
Bonne chance pour la digestion des spécialités locales.
Bises

Skoni a dit…

Rhalala, j'y étais il y a 6 mois à peine à Taquile... profitez en bien ! C'est beauuuu :)

Anonyme a dit…

grâce à vos belles photos et vos commentaires je me régale à imaginer ce beau voyage, belle invention que les blogs!
une amie des parents d'edith, à votre mariage, Anne

Anonyme a dit…

C'est vraimet vraiment trop beau les cocos!!!Vous nous faites tous rêver!!A donf!!
Je vous embarasse fort, bien sur!!Comment pourrait-il en être autrement?!!!
Steph

BRITT a dit…

super super je pars avec riri autour du monde........bisous à tous les deux

Yan! a dit…

Bonjour à vous deux!

C'est Yan qui vous écrit, l'un des québécois fort sympathique (du moins je l'espère!) qui vous écrit!

J'ai ENFIN retrouvé vos coordonnées! Je quitte pour le Mexique demain matin et j'ai pas encore terminé de faire mon sac à dos...enfin bref.

Où en êtes-vous?, En fait, où êtes-vous présentement?

À quand la visite de Ti'Marsu à Montréal dites-moi?

Vous lui dites qu'il sera toujours le bienvenu et qu'il peut même venir accompagné d'amis s'il le désire!

À bientôt j'espère!

Yan

Yan! a dit…

Bonjour à vous deux!

C'est Yan qui vous écrit, l'un des québécois fort sympathique (du moins je l'espère!) qui vous écrit!

J'ai ENFIN retrouvé vos coordonnées! Je quitte pour le Mexique demain matin et j'ai pas encore terminé de faire mon sac à dos...enfin bref.

Où en êtes-vous?, En fait, où êtes-vous présentement?

À quand la visite de Ti'Marsu à Montréal dites-moi?

Vous lui dites qu'il sera toujours le bienvenu et qu'il peut même venir accompagné d'amis s'il le désire!

À bientôt j'espère!

Yan

Yan! a dit…

nous nous sommes rencontrés au Lac Titicaca en passant...

... just in case :-)

à +!

yanboivin@hotmail.com