A la sortie du bus, nous nous sentons presque comme deux campagnards fraîchement débarqués à la ville. Ce n’est jamais évident de débarquer dans une mégalopole et de comprendre rapidement comment fonctionne le métro, de trouver un plan, d’enchaîner avec un bus car la station de métro est très loin de chez les St Louvent… D’autant que les bus Brésiliens sont les seuls au monde à être équipés de tourniquets ce qui rend le voyage avec nos sacs de 20kg encore plus compliqué ! Finalement nous parvenons à descendre à la bonne station de bus, et demandons autour de nous si les gens connaissent la rue de nos hôtes qui, nous le savons, n’est pas loin. 20 personnes interrogées dont 4 taxis plus tard, nous sommes toujours bredouilles, leur rue semble inexistante car un des taxi a même interrogé le central : INCONNU ! Nous nous résolvons à téléphoner à nos hôtes, et après 3 cabines téléphoniques cassées, nous en trouvons une qui fonctionne pour nous apercevoir que notre carte téléphonique est vide… Nous commençons à perdre espoir, et nous asseyons découragés sur nos sacs. Notre mine dépitée fait s’arrêter des Brésiliens sympas providentiels qui se proposent de nous aider. Adorables, ils téléphonent à nos amis, et nous conduisent chez eux en voiture illico ! Le rêve !
Stan et Laure, la trentaine, nous accueillent au milieu de leurs quatre enfants trop craquants (entre 10 et 1 ans). Ils vivent dans une superbe et immense maison avec piscine, et nous reçoivent comme des rois.
Nous sommes samedi soir, nous venons d’arriver et un couple de leurs amis vient d’avoir une petite fille : bref, toutes les raisons sont là pour sortir et se faire plaisir. Ils nous emmènent donc dans un super restaurant avec quelques amis expats pour déguster de la très bonne viande argentine et goûter la fameuse Caipirinha, le cocktail national que nous n’avons pas encore essayé. Stan, Laure et leurs amis ont décidé de faire passer une bonne soirée à ces petits jeunes désargentés qui ne s’offrent même pas de tour en bateau lorsqu’ils sont à Paraty, et ne prennent même pas de taxi pour quitter le terminal de bus ! Ils sont donc aux petits soins, nous offrent cocktail sur cocktail sans que nous puissions refuser, et poursuivent ce traitement de faveur dans le Bar Cubain avec musique live dans lequel ils nous entraînent… Nous passons une excellente soirée, le lendemain est plus difficile comme vous l’imaginez… !
C’est aussi pour nous l’occasion de redécouvrir que vivre à Sao Paulo implique un minimum de prudence : fils électriques de protection en haut des murs du jardin, voitures blindées, gardes du corps pour les sociétés les plus prudentes. Nous apprenons que notre recherche d’hôtels de nuit dans Copacabana pendant 2h était un peu une connerie. Nos sacs de routards nous ont peut-être sauvés !
Le lendemain, messe des familles à la paroisse française, mille bouts de chou font leurs intéressants et galopent partout : dur dur de se concentrer sur le sermon. Nous avons l’impression amusante de nous voir dans 10 ans avec nos amis, et de voir nos parents il y a 10 ans… !
A la sortie de la messe nous partons en chasse d’un bon plan pour Noël. Nous souhaiterions passer le réveillon en compagnie d’une association du style « Mundo del Ninos » (cf Pérou). Un couple de belges, investis dans une association qui s’occupaient d’enfants des rues, et désormais en partenariat avec un orphelinat, nous propose de venir avec eux au pied levé déjeuner dans cet orphelinat. Nous suivons Nathalie et Henri, ravis de cette bonne surprise, et luttant contre le sommeil…
Au programme de ce dimanche : déjeuner avec les enfants. Nous essayons tant bien que mal de parler un peu avec certains, mais c’est très difficile de les comprendre et de nous faire comprendre. Beaucoup d’autres visiteurs bénévoles sont là, l’ambiance est festive et chaleureuse, et le Père Noël vient même faire une distribution de cadeaux en avance. Beaucoup de rires, et aussi beaucoup de bruit. Musique à fond, télévision, chants de Noël, tout ça à la fois ! C’est très sympa, mais nous sommes assez frustrés de ne pas tellement pouvoir parler à qui que ce soit, et techniquement, notre venue pour Noël semble difficile. Cet orphelinat est en effet situé en banlieue de Sao Paulo, et revenir en train à 10h du soir de la veillée de Noël n’est pas envisageable pour d’évidentes raisons de sécurité… L’hôtel glauque de cette banlieue dortoir n’est pas une option : il ne faut pas déconner, le but n’est pas de passer le Noël le plus déprimant de l’histoire !
Les jours suivants se passent tranquillement : balades dans le beau parc Ibirapuera tout proche, visite du centre-ville, atelier sablés de noël avec les enfants, courses de Noël (on se sépare au début de la rue commerçante, et on se retrouve à l’autre extrémité avec chacun un cadeau surprise pour l’autre… !), et surtout, recherches incessantes de plans pour Noël !
Nous sommes sereins et confiants au début de cette recherche d’un endroit pour passer Noël. Les jours passants, cela devient plus compliqué. Stan et Laure ont de la famille qui vient à partir de samedi, et nous sommes là depuis presque une semaine. Il nous faut débarrasser le plancher au bout d’un moment. Au début nous essayons de poursuivre la piste associative en appelant le consulat, le point cœur local, etc. Puis nous tentons d’élargir le spectre, en réalisant que sans parler portugais, ce sera difficile de passer Noël auprès d’une association brésilienne. Nous entendons parler d’un sanctuaire marial genre « renouveau charismatique » près d’ici : « Marie qui défait les nœuds » nous tente bien tout d’abord, puis nous avons peur de nous retrouver dans une ambiance tellement illuminée que nous renonçons.
Finalement nous nous disons qu’il est plus réaliste de passer Noël tous les deux dans une ville sympa si possible. Les recherches en ce sens commencent. Nous hésitons entre plusieurs régions du Brésil. Le problème principal est que nous sommes en pleine saison haute, au moment des grandes vacances, quand tout les Cariocas (habitants de Rio) et les Paulistas (ceux de Sao Paulo) veulent passer leurs vacances sur la plage… C'est-à-dire 30 millions de touristes prêts à payer cher pour être dans de beaux hôtels sur la côte. Comme dit Stan, on est un peu au mauvais endroit au mauvais moment ! Or, à part le Minas Gerais (à 10h de bus au nord d’ici, donc assez absurde et fatigant) les seuls vrais points d’attraction de la région sont les côtes. A moins d’aller à 2000 ou 3000 km en bus d’ici ! Les distances sont vraiment énormes dans ce pays…
Après deux jours interminables de recherches, des conversations surréalistes en portugo-spagnol car aucun réceptionniste d’hôtel ne parle autre chose que portugais, des pétages de plombs qui nous ont failli fait prendre un bus direct pour passer Noël en Argentine, nous trouvons finalement un petit hôtel, charmant, à un prix exorbitant pour notre budget mais raisonnable pour le Brésil, dans une jolie ville de montagne à seulement trois heures de bus d’ici. Nous passerons donc Noël dans la suisse brésilienne !
Soulagement, nous allons pouvoir nous préoccuper d’autre chose que de Noël !!
Quelques découvertes au cours de notre séjour ici. Pour Noël, la tradition veut qu’on s’offre des paniers de nourriture. En bons français gastronomes, on imaginait des paniers de douceurs, de sucreries fines, etc… En fait, nous découvrons que les paniers contiennent notamment des conserves de thon et d’abricots : le buts c’est que ce soit utile, alors on n’offre pas de l’argent, mais c’est de la nourriture de base !
Guillaume maternant le petit Paul (1 an) qui fait une grosse crise de larmes alors que ses parents sont partis : « Mais petit ballot, arrête de crier comme ça, ça ne sert à rien de toutes façons personne ne te comprend. » Je n’aurais pas forcément employé les mêmes mots mais comme chacun sait, dixit Guillaume, c’est le ton qui compte…
2 commentaires:
Joyeux Noël à vous...
Merci pour ces impressions du Brésil, qui me font croire que "mon" pays n'a pas trop changé depuis 7 ans!
N'oubliez pas de faire un vœu le 31 Décembre, les "déesses protectrices" brésiliennes devraient vous aider à faire de 2008 une année de folie!
A bientôt,
Je vous embrasse,
Amélie
Joyeux Noël Dada&Dadette !
J'espère que votre Suisse brésilienne vous aura permis de passer un merveilleux Noël et de vous reposer un peu.
Merci de nous faire voyager avec vous !
je vous embrasse, kuku
Enregistrer un commentaire