lundi 3 décembre 2007

La Vallée sacrée (suite)

La vallée sacrée regorge de superbes sites, nous partons aujourd’hui pour Ollantaytambo, forteresse et centre de cérémonie inca.

Niché au carrefour de trois vallées, ce village, bel exemple d’urbanisme inca est surplombé d’un temple dédié au dieu Soleil, malheureusement inachevé.

On y voit quand même six pierres monumentales d’une centaine de tonnes qui abritent aujourd’hui des combats entre tarentules et « soldats du feu ». C’est la première fois que nous croisons d’aussi grosses bêtes et cela ne nous réjouit qu’à moitié…

De nombreuses terrasses agricoles, utilisées ici uniquement pour la culture de fleurs et plantes ornementales ou cérémonielles jouxtent le temple. A Pisac les grandes terrasses servaient à la culture du maïs ou de la pomme de terre (tous deux originaires du Pérou au passage).

Certains estiment que le site aurait été choisi car il est placé sous le regard bienveillant du grand Inca. (Regardez en plein milieu de la montagne, un profil tourné vers la gauche.) En tous cas il s’agit très certainement, pour ceux qui suivent, d’un lieu fortement énergétique…

Notre guide, dévertébré mais sympathique et compétent nous réconcilie avec les guides officiels.

Notre prochaine étape est Chinchero, un bled un peu paumé hébergeant, aux dires du L.P. belle église coloniale et ruines Incas. Ce n’est pas un site majeur et nous nous en rendons compte dès notre sortie du combi (petit bus pas cher où l’on s’assied sur les genoux du voisin). Nous demandons à quel endroit nous pouvons trouver un hôtel… Les chauffeurs de taxi, toujours prévenants, nous proposent avec le désintéressement le plus total de nous amener gratuitement à un hôtel de leur connaissance. Ils nous indiquent vaguement une direction, à l’opposé du centre du village, qui nous fait rapidement croire que nous allons finir dans un équivalent du « Routier » péruvien. Connaissant la qualité des hôtels touristiques bon marché d’ici, nous n’osons imaginer l’ambiance d’un « Routier » et déclinons poliment.

Reste tout de même à trouver un hôtel ce à quoi nous parvenons après une bonne demi-heure de marche à travers le village. Hospedaje très sympathique tenue par une gentille filoute qui cherche toujours, en gardant le sourire, à oublier de nous rendre la monnaie ou à oublier les prix dont nous étions convenus… Accessoirement, malgré notre folle envie de nous faire plaisir dans un bon resto, ce village n’en compte pas un de juste correct, nous dînons donc chez notre filoute.

Le lendemain, dimanche, nous partons à la messe bien en avance, fidèles? à notre habitude. Bien nous en a pris, nous tombons le jour d’une confirmation et le cardinal en personne a fait le déplacement. Parents et notables, tous en tenue traditionnelle, forment une longue procession jusqu’à l’église. Ceux qui précèdent le cardinal le couvrent de pétales de fleurs au sens propre du terme. Si l’on rajoute l’encens qui vient littéralement envahir ses narines, il échappe de peu à l’étouffement. Pour le fidèle péruvien, tout est dans la mesure…

Ici, contrairement à chez nous si l’on est honnête, personne n’essaie d’éviter la messe de confirmation, plus longue que les autres… L’église est pleine à craquer et ceux qui ne dorment pas écoutent avec attention l’excellent sermon du cardinal, étonnamment proche de ce que nous aurions pu entendre chez nous.

Curieux tout de même, la communion n’est distribuée qu’aux dix premiers rangs de l’église ainsi qu’aux personnes averties, comme les péruviens blancs debout à côté de nous, qui se pressent pour la recevoir. Non informés, nous faisons partie de la grande masse des oubliés. Le plus étonnant est qu’il ne s’agit absolument pas d’une erreur d’appréciation mais d’une procédure habituelle.

Nous partons ensuite pour le marché, assez typique, et pas encore envahi de touristes. Les mêmes conditions d’hygiène qu’en Afrique, mais ici il fait 15 degrés au lieu de 40.

Retour à Cuzco où après un cappuccino (en réalité un excellent café au lait) sur la plazza de Armas et l’écriture des deux articles précédents, nous retournons dans un resto déjà testé pour une soirée mémorable. Nous arrivons un peu tard et le personnel semble légèrement s’ennuyer. Ils en profitent donc pour faire passer le temps à grand renfort de bières aux frais du patron. Notre menu compte un apéritif et une boisson gazeuse. Nous troquons la boisson pour un autre Pisco Sour. Mais quand vient l’heure du dessert, tout se gâte. Le serveur, manifestement épuisé à la simple idée de descendre dans les cuisines pour passer notre commande, nous déclare, à notre grand étonnement, (nous avons la carte sous les yeux) que notre menu ne compte pas de dessert, qu’il s’agit d’une regrettable erreur… Ni une, ni deux, nous lui proposons de troquer ce dessert pour un autre Pisco, et rebelote !

Après s'être présenté et dans l'espoir, finalement comblé, d'un petit pourboire, il nous remplit nos verres une nouvelle fois. Son excellent cocktail nous ramène gentiment à l'hôtel pour une nuit courte : nous prenons l'avion pour Lima demain.


1 commentaire:

Unknown a dit…

Magnifique araignée... J'espère que vous secouez vos chaussures avant de les enfiler le matin...
En tout ca, vos photos me font rêver et nourrissent mes projets les plus fous! Encore merci!
Edouard