L’Inca Kola est la boisson la plus consommée au Pérou, il devance le Coca-Cola (qui l’a d’ailleurs racheté pour laver l’affront). Imaginez une boisson d’un jaune douteux au goût de chewing-gum chimique écoeurant, les péruviens adorent cela, on a plus de mal ! Certaines pubs incitent à l’utiliser dans des recettes de cuisine alternative…
Les Incas sont admirés pour leur civilisation exceptionnelle, mais on oublie souvent qu’ils datent du …XIIe au XVIe siècle. Quand on compare leurs poteries, leur travail d’orfèvrerie, ou leurs constructions à ce qui se faisait en Europe à l’époque, ils ne tiennent pas vraiment la distance… !
On peut souligner quand même leur technique exceptionnelle de construction. Les blocs de pierre, énormes, sont encastrés les uns dans les autres pour lutter contre les séismes de façon efficace. Il est vrai que pas une feuille de papier ne peut être glissée entre deux blocs, c’est parfaitement ajusté ! Mais il est aussi intéressant de constater que les poteries retrouvées au Pérou présentent des motifs ressemblants sans rupture majeure, ni dans la finesse, ni dans le style, entre 2000 av JC et les Incas. Progrès limités donc !
Les armes des Incas étaient des plus rudimentaires (alors qu’ils étaient les plus rudes guerrier de la zone), ils utilisaient seulement des massues et des haches en… pierre ! Les lances et lance-pierres étaient réservés aux plus adroits…
On trouve au Pérou un certain nombre de motos-taxis, sortes de motos transformées en tricycles pour pouvoir accueillir deux passagers à l’arrière dans une petite nacelle à deux roues. Moins d’espace que dans les rickshaws cependant.
Dans l’ensemble on trouve très peu de 2 roues, beaucoup moins qu’en France. Au Mali, 3 véhicules sur 4 étaient des motos chinoises (les fameuses Djakarta ou Power K). Ici, les villes regorgent de taxis, tous du même modèle, des Tico Daewoo, sortes de pots de yaourt, genre Fiat 500 version coréenne. Y faire rentrer nos deux sacs à dos, nos deux petits sacs à dos, Edith, la guitare, et Guillaume relève de l’exploit. Le manche de la guitare se retrouve souvent à l’extérieur et dépasse de la fenêtre ouverte. Les amateurs de Gaston Lagaffe noteront qu’il est en fait difficile d’utiliser une guitare comme autoradio.
Nous avions redécouvert la civilisation en arrivant du Mali au Pérou, et avions tout d’abord été frappés de leur niveau de développement… Mais il ne faut évidemment pas sous estimer les problèmes du pays.
Les villages perdus de l’altiplano, où deux ou trois familles vivent encore dans des maisons en pisé à élever des lamas et des alpacas, sans doute de la même façon depuis des centaines d’années, sont là pour nous rappeler le mode de vie de la moitié encore de la population péruvienne. Ici aussi bien sûr, certains enfants ne mangent pas à leur faim, et vont garder les moutons plutôt que d’apprendre à lire.
Par rapport au Mali, il faut en plus lutter contre le froid (et à 3800m ou plus, même à l’arrivée du printemps, il fait vraiment extrêmement froid)… Les péruviens pauvres ou « classes moyennes » se lavent rarement l’hiver (on remarque cela sans problème lors des trajets en bus où les lainages empilés exhalent doucement leurs odeurs rances), et on les comprend. L’eau chaude est réservée le plus souvent aux hôtels pour touristes d’un certain standing. Ce qui est frappant ici ce sont les contrastes plus que la pauvreté généralisée comme au Mali.
Les petites cireurs de chaussures sont légion dans les villes péruviennes. Guillaume, en arrivant ici avec des chaussures bateau au bord de la mort après un mois passé à se dessécher en Afrique, n’a pas pu résister. Le résultat était étonnant, grâce au « traitement spécial » de l’opération finale…Cela vous paraissait simple de cirer vos chaussures ? Ici c’est du travail de pro : il faut d’abord les dépoussiérer (et cela prend du temps), puis appliquer un peu de cirage Kiwi (s’il vous plaît), ensuite compléter avec du cirage bas de gamme plus liquide pour économiser un peu, puis lustrer le tout une fois sec. Enfin, on applique une potion spéciale qui donne un effet « vernis » au cuir… Des chaussures bateau vernies, ça vous épate hein ? Pendant quatre jours (ça tient bien en plus !) nous étions pris de fous rires à chaque fois que nous regardions les chaussures de Guillaume dans lesquelles nous pouvions nous mirer tant elles reluisaient !
Si la nourriture péruvienne nous a globalement bien plus, parfois certains mets locaux peuvent laisser perplexe, comme le montre la photo : fromage frit avec patates à emporter (se vend dans les bus vers 14h quand tout le monde meurt de faim avant l’arrivée prévue pour 16h sans pause déjeuner !). Le fruit du cactus, on a goûté, et c’est vachement bon, très sucré… Il faut juste faire attention de bien ôter les épines.
Nous avons mangé des frites ou du riz (blanc et sec), et souvent les deux, à chaque repas depuis un mois (pas le matin heureusement, contrairement aux Péruviens !). Edith est heureuse de changer bientôt d’alimentation en arrivant au Brésil… !
Réflexions que l’on peut trouver dans des voyages organisés : « C’est marrant dans mon dernier bus il y avait un gosse qui chantait, ses parents étaient probablement dans le bus et l’avaient poussé en scène pour qu’il se fasse un peu d’argent de poche… »
« Ah bon, à Lima il y a vraiment des enfants qui vivent tout seuls dans la rue ? Mais c’est terrible.» Comme quoi voyager uniquement avec des agences permet d’échapper complètement à la réalité d’un pays…
Nous n’avions pas réalisé à quel point la côte péruvienne est désertique, c’est très impressionnant, de la caillasse mêlée de sable par endroit, entre les tons blancs orangés et gris (surtout gris). C’est vraiment très inhospitalier, et du coup pas très joli.
L’Amérique du sud c’est vraiment magnifique, courrez-y !
Preuve qu’on utilise la guitare de temps à autre (c’est encore un peu rare à notre goût).
Pour ceux qui sont déçus qu’on n’ait pas été au Machu Picchu en prenant El camino del Inca (trek de 4 jours sur une voie inca), notre trek de Santa Cruz était vachement plus haut, plus long et plus dur. Faudrait pas qu’on en ait bavé pour rien !
Les bus sont incomparables avec ceux du Mali, mais ils partent systématiquement en retard, et s’arrêtent tout le temps en chemin pour déposer des gens au milieu de nulle part.
Nous avons réellement prié dans des bus ou des combis (heureusement couverts d’images pieuses et de chapelets entourant les rétroviseurs) conduits par des fous sur des routes vertigineuses en pensant à chaque virage mourir en nous écrasant mille mètres (ou plus) plus bas, et avons assisté à la sortie de route mortelle d’un camion quasi en direct.
Les Péruviens sont très nationalistes. Ainsi, de nombreux produits sont étiquetés producto peruano, de la boisson gazeuse à l’interrupteur électrique… Dans les églises, comme en Argentine d’ailleurs, le drapeau est toujours présent derrière l’autel, et la Vierge et le Christ en croix sont souvent ceints d’une ceinture rouge et blanche aux couleurs du Pérou.
Les sandales traditionnelles portées par les Péruviens (ils portent effectivement des sandales malgré le froid qui règne dans ce pays… et sans chaussettes !) dans les régions reculées sont confectionnées en (vieux) pneus (Michelin ou Goodyear).
Réflexion de l’employée de maison de M. Bonnet qui nous a accueilli chez lui à Lima, alors que la lessive pour machine à laver venait à manquer: « Mais pourquoi voulez-vous vraiment utiliser cette machine à laver ? Cela lave mieux à la main. Si vous voulez, vous pouvez laver vos affaires à la main, puis on mettra à essorer dans la machine. »
IL y des distributeurs automatiques de billets dans presque toutes les villes (même de seulement 2000 habitants), mais ils ne fonctionnent pas en continu car les autorisations sont transmises par réseau de téléphone portable, et quand le réseau ne passe pas, impossible de tirer ! Nous avons appris cette règle élémentaire à nos dépends !
Les espagnols ont réussi à imposer quasiment partout leur langue, mais certains Péruviens, surtout dans les régions isolées près de Cuzco, ne parlent quasiment pas espagnol et seulement Quechua ou Aymara. Cela ne simplifie pas les échanges.
Le Pérou ne compte que 15% de blancs, et encore aujourd’hui on croise souvent (dans les villes et les élites majoritairement) des péruviens aussi blancs que vous et moi. Ils se marient surtout entre eux. D’ailleurs le racisme vis-à-vis des indiens est un des problèmes auquel le Pérou doit faire face. Les publicités ne montrent que des blancs, alors que l’immense majorité des Péruviens est vraiment typée, contrairement aux Argentins ou aux Chiliens par exemple.
Guillaume touche le plafond des combis (mini-bus collectifs) avec ses fesses lorsqu’il est « debout » dedans.
Ici aussi on voit des villes entières construites en pisé.
Les gens sont gentils et liants, et nous gardons en mémoire quantité de conversations de bus sympathiques avec des péruviens de tous âges.
Tous les Péruviens sont motivés pour que nous ayons des bébés, c’est la question qui suit immédiatement après celle de savoir si nous sommes frères et sœurs ou mariés… !
Les ânes restent ce qu’il y a de mieux sur terre pour les transports de denrées dans les régions paumées. Nous sommes passés spécialistes dans la différenciation des mulets, des ânes, des mules et des baudets d’avec les chevaux !
Tous les Péruviens paysans paumés qui font des kilomètres à pied dans la montagne se baladent avec leur radio transportable à plein régime sur l’épaule.
Une femme ne chausse pas plus de 36 et un homme 42. Ils sont vraiment tout petits !Les péruviennes paraissent énormes, mais elles empilent 5 ou 6 jupes les unes sur les autres ce qui fausse beaucoup la donne. (cf photo d’Edith version déguisement péruvien).
Les péruviens voient grand lorsqu’ils boivent :la bière s’achète minimum par 650ml. Le litre est courant. Les bouteilles d’eau minérales n’existent pas en 1,5L, c’est 50cL ou 2,5L minimum ! Beaucoup de bouteilles ont également des tailles étranges : 3,3L, 2,1L ou 1,6L. Ils sont fous ces Péruviens !
Le pisco sour c’est vraiment très bon, et si on trouve du pisco (Marc de raisin) en France, on vous fera goûter à tous ce cocktail !
Ces deux derniers jours, deux avions de la compagnie Aérocondor (sa réputation est d’être un musée volant) ont du se poser en urgence sur la Panamerican (autoroute qui longe la côte du Pérou, et qui va du Chili au Panama) alors qu’ils survolaient les lignes de Nazca… C’est la compagnie la plus fiable pour survoler les lignes. Heureusement nous n’avions pas eu vent de ces incidents avant de faire notre petit tour ! San Miguel del peligroso vuelo (nous ne nous souvenons plus du nom, mais cela faisait cet effet) n’a heureusement eu aucun problème.
Les Péruviens eux-mêmes préfèrent les dollars à leur propre monnaie. Bien loin d’un service rendu, ils pratiquent des taux infâmes au détriment du soles dans leur propre pays pour être sûrs de récupérer le plus de dollars possible ! Ce matin même à l’aéroport, nous avons tout d’abord cru que les prix affichés au café étaient en soles, alors que c’étaient des dollars (multiplication instantanée par trois des prix imaginés !).
Les Péruviens sont des gros cochons, il pètent, crachent et reniflent, de préférence en public et surtout lorsqu’ils sont assis à côté de vous dans le bus. La constitution péruvienne semble garantir le droit d’uriner en tous temps et en tous lieux (même dans les ruines Incas classées). De ce côté-là, les Maliens n’ont rien à leur envier, et notre premier contact avec des Chinois en voyage organisé sur notre vol vers Santiago laisse présager le pire pour l’Asie !
Les péruviens sont paranos de la sécurité et du flicage. Pour prendre le bus les passagers sont obligés de laisser leurs empreintes digitales (et de se salir les doigts) en plus de leur numéro de passeport. Tout cela se fait sous la surveillance d’une caméra tenue par un guignol qui donne l’air de peiner pour cadrer. J’en connais qui n’aimeraient pas du tout cela (hein Papa ?) ! Cependant, comparés aux Chiliens, ce n’est rien. En arrivant à Santiago, nous avons mis plus d’une heure à sortir de l’aéroport car ces rois du contrôle passent tous les bagages aux rayons X pour vérifier que personne n’importe de fruits péruviens plein de maladies, et ils n’ont à disposition que… 3 machines pour toutes les arrivées internationales!
3 commentaires:
Et bah, ça c'est du commentaire historique bien senti ! ça ferait un tabac à Paris en réunion public :)
Ceci dit, je confirme que vous aurez probablement envie de prendre un chinois pour éclater les autres...
proooop'!!!!
Bon, bah moi je vous laisse un petit commentaire pour bien vous montrer que je lis attentivement vos news.
Mais comme de toutes façons, je suis identifié par mon adresse IP, vous le saviez déjà!
Je choisis cet article parce qu'il m'a bien fait rire!
Globalement, c'est toujours aussi passionnant, on sent le vécu, et c'est génial, ça donne envie de faire quatre fois le tour du monde dans tous les sens possibles!
Continuez à nous donner des nouvelles, et à nous faire rêver (je crois que je me répète cela dit)
Et surtout n'oubliez pas que je vous aime! on aurait tendance à l'oublier!
Parce que comme dirait Hugues Aufray:
"Je voudrais faire le tour de la terre, comme toi, t'en vas pas me laisse pas en arrière, emmène moi!"
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