vendredi 16 novembre 2007

Trek de Santa Cruz


Nous avions prévu de retrouver Maëlys, Priscille et Antoine (Les cousines de Guillaume et le fiancé de la première) lors de notre passage au Pérou à Huanchaco, la station balnéaire dans laquelle Maëlys et Priscille travaillent en tant que professeurs de sport.

Quand nous les appelons, ils nous proposent un trek de 4 jours, le très classique trek de Santa Cruz en pleine Cordillera Blanca. Noté intermédiaire dans le Lonely Planet, notre Bible de voyage.

Nous hésitons un peu, après vérification, tout le trek se passe à plus de 3 500m et le col le plus haut est à 4 750m, 60m plus bas que le Mont Blanc. Nous ne sommes pas vraiment entraînés et revenons d’une dizaine de jours de maladie. Nous aimerions en plus nous acclimater à l’altitude, ce qui est recommandé pour éviter d’échouer bêtement à 4 000m.

Nous refusons donc de partir et cherchons un moyen de les voir autrement, mais Huanchaco se trouve dans le Nord du pays et nous souhaitons voir surtout le sud, Il est difficile de se coordonner pour pouvoir voir aussi Antoine qui repart bientôt.

Nous passons donc la journée à nous renseigner sur les autres trek possibles et par acquis de conscience, nous vérifions l’itinéraire du trek de Santa Cruz. Là, nous tombons sur des récits de voyage, et les descriptions sont tellement dithyrambiques que nous nous empressons de les rappeler pour dire que nous changeons nos plans. Nous allons faire d’une pierre deux coups et irons avec eux en montagne avant de rejoindre Huanchaco !

Oui, oui, on vous entend d'ici les parents, ce n'est pas raisonnable du tout, mais bon, on ne change pas comme dirait Céline...

Malheureusement, elles n’ont que 4 jours et nous serons donc obligés de voyager en bus de nuit à l’aller et au retour pour nous reposer… Nous les retrouvons le samedi matin à Huaraz, pour organiser notre trek. Il est conseillé d’en partir au plus tard à huit heures pour rejoindre le premier campement de jour. Mais il nous faut louer une tente, un réchaud, des polaires, acheter de la nourriture, et trouver un endroit où laisser la plus grande partie de nos sacs. Malgré notre arrivée très matinale à 6h du matin, nous ne réussissons à partir qu’à 11h30, avec 3h et demie de retard sur l’horaire. Pas génial. Mais je fais toute confiance à mes cousines qui sont des pros de la montagne.

Cela se voit pour les courses de bouffe, Priscille, comme toujours très "healthy" a dirigé les opérations. Nos sacs sont remplis : 4kg de pommes, 4kg d'oranges, 3kg de tomates vite écrasées, 3 kg de bananes qui finissent en purée, 3kg de carottes, 2kg de concombres, et un ... chou-fleur, bien sûr!!

Nous rejoignons finalement le point de départ du trek et partons pour la première étape. La pluie, le retard et le manque d’acclimatation à l’altitude nous empêchent de rejoindre le premier campement et nous établissons donc pour notre plus grand bonheur un campement sauvage au bord du rio Santa Cruz. Nous sommes trempés, à 2h de marche du premier campement mais ravis de déguster nos pâtes chinoises à la saucisse en plastique trempant dans une soupe d’asperges. Il vaut mieux tout cuire en même temps : avec notre réchaud à cette altitude, il faut plus d’une heure pour faire bouillir de l’eau.

Le lendemain, après la vaisselle dans le rio, nous partons pour une grosse étape puisque nous devons rattraper notre retard, 9h de marche sont prévues par le Lonely Planet. Nous traversons des paysages grandioses et grâce à une erreur de d’appréciation du L.P. nous arrivons au bout de 7h de marche au campement très impressionnés par notre performance !

Nous avons bien marché, sommes arrivés juste avant la pluie qui tombe invariablement à partir de 16h, le timing est parfait ! Mais c’est sans compter sur un orage dément qui ne semble pas vouloir cesser. Au début, cela nous fait plutôt rire, nous sommes secs, le timing était parfait, rien ne peut nous arriver. Mais il fait monter dangereusement le niveau de l’eau des flaques qui nous entourent. Au bout de 2h de déluge, nous n’avons plus le choix, une sortie s’impose, toutes les flaques se sont rejointes pour en former une géante et notre tente est au milieu. Toutes les options sont envisagées : Ecoper si la pluie cesse, creuser des rigoles à la cuiller pour dévier les eaux , et enfin déplacer la tente. C’est cette dernière solution qui s’impose, nous déménageons sous la luie battante et sommes de nouveau trempés ! Le timing n’était que presque parfait…

Nous sommes à 4 200m et la journée de demain sera rude. Antoine se plaint déjà d’affreux maux de tête depuis le premier jour et nous sommes tous rapidement essoufflés au moindre effort. Nous consommons beaucoup de coca (la feuille, pas la boisson bien sûr) sous toutes ses formes (Infusion ou chique) pour lutter contre le mal de l’altitude sans trop de résultats.

Départ le troisième jour pour Punta Union, le col le plus haut du parcours à 4 750m. La pente est raide, très raide et le chemin que nous empruntons est un vrai torrent à cause de la fonte des neiges. Nous souffrons presque tous, mais arrivons tous en haut : Antoine héroïque malgré ses maux de tête, Priscille malgré ses maux de ventre, et nous malgré notre manque total d’entraînement : nous nous arrêtons tous les 100m, le souffle coupé par le manque d’air. C’est très impressionnant. Reste Maëlys qui met plus d’une heure dans la vue des derniers (nous) et qui semble grimper une petite butte un peu plus haute que les autres…

Et là nous sommes victimes d’une autre erreur d’appréciation du L.P. nous n’avons aucune chance de rejoindre le campement avant la pluie, nous sommes bons pour un autre campement sauvage ! Superbe vue de nouveau. Edith se couche à 16h30 pour se réveiller une heure pour le dîner avant de se rendormir jusqu’au lendemain. La journée a été difficile, une nuit de 14h n’est pas de trop.

Le dernier jour nous fait descendre une autre vallée pour retrouver la civilisation, paysages splendides et, enfin acclimatés, nous pouvons discuter en marchant…

Quatre jours parfois difficiles mais des très beaux paysages à la clé et un beau défi relevé !

Spéciale dédicace à Maxence dont c’était l’anniversaire et à qui nous avons bien pensé avec sa marraine et à mon frérot Momo, seul mais regretté absent du remake 2007 du mythique W.E. à Prague un an auparavant…

5 commentaires:

Anonyme a dit…

quel défi de ouf...vous avez du regonfler votre volume de globules rouges avec l'altitude, cela va vous remettre complètement!y a pas idée d'avoir des cousines comme ça!!Reposez vous bien. Agnes V

Anonyme a dit…

Magnifique...vraiment..ça me fait penser au trek qu'on a fait cet été en Inde...oui, oui, je confirme que c'est bien éprouvant et que les 14h de sommeil d'Ed ne sont certainement pas de trop!!!surtout quand on rentre d'Afrique..No comment!Je vous bise fort!Steph

Anonyme a dit…

nous sommes vraiment bluffés!en vous enviant de faire des choses aussi exceptionnelles nous vous souhaitons une suite aussi intéressante et vous embrassons tous les 5 M&B A

Unknown a dit…

Et pendant ce temps, vous en êtes bien loin, à Paris, des c.. de cheminots de m... bloquent nos gares..
Proftez bien ds globules bonus pr nous parce qu'avec les heures de vélo et de marche on en a bien besoin !!
Au moins il n'y a pas de grévistes sur votre Route :

Anonyme a dit…

Salut les jeunes,
De retour du terrain, j'ai pu lire quelques lignes de vos aventures... Heureusement que j'ai fait un peu de moto ces dernières semaines et dépensé 6 mois de vos impôts en carburant de char, j'aurais pu être jaloux.
Tout ça m'a l'air extra, grandiose comme dirait certaine personne de ma connaissance, spécialement ces derniers jours avec les cousin(e)s.
Merci pour cette "spéciale dédicace", pas volée, c'est sûr j'aurais été ravi de vous accompagner.
Je vous embrasse,

Amaury