Nous décidons tout de même d’effectuer une sortie vers 16h pour ne pas devenir fous et en l’absence du réceptionniste, décidons que Le Cap est une ville sûre et que nous pouvons effectuer les deux kilomètres nous séparant du centre à pied. Le Cap est réputée être la grande ville la plus sûre d’Afrique du Sud mais nous avions oublié que nous étions samedi après-midi et qu’à partir de 13h, tout est fermé. Nous marchons donc dans une ville morte, où passent quelques voitures et de rares piétons. Au bout de 100m, un homme éméché nous emboîte le pas, l’air désagréable. Il est heureusement trop atteint pour nous suivre, mais cela nous met dans un mauvais état d’esprit pour la suite de la balade.
Nous continuons, toujours sans rencontrer grand monde mais prompt à attribuer une mauvaise mine à la moitié des passants, qui s’avèrent le plus souvent d’honnêtes hommes mais parfois de vrais gens louches.
Nous nous dirigeons vers Long Street, LA rue commerciale, branchée, touristique… du Cap. Nous pensons y trouver un peu d’animation et un sentiment de sécurité qui nous permettra de relâcher notre vigilance. Peine perdue, leurs Champs-Elysées sont fermés le samedi après-midi. Nous en sommes quittes pour revenir à notre hôtel.
Nous sommes à peu près sûrs de n’avoir couru aucun risque, mais l’ambiance dans laquelle on est plongé dans ce pays fait imaginer toutes sortes de choses assez rapidement. Et il est facile de tomber dans la psychose ambiante, car trop de choses viennent prouver chaque jour qu’elle est justifiée. Les titres des journaux, les panneaux Crime Alert, les innombrables panneaux Armed Response des sociétés privées de sécurité indiquant à d’éventuels cambrioleurs à quoi s’attendre… Nous n’envisageons donc pas de nous expatrier de sitôt en Afrique du Sud.
Mais, heureusement, ce pays est très bien fait pour les touristes et l’on passe la moitié de son temps dans les parcs naturels où, à part les bêtes féroces, il n’y a aucun danger et l’autre moitié dans des villes ou des quartiers surprotégés.
Nous profitons de l’accalmie climatique du lendemain pour aller au Cap de Bonne espérance et nous arrêter en chemin pour voir les pingouins d’Afrique. Plus grands que leurs cousins Néo-Zélandais, ils sont aussi beaucoup plus faciles à voir puisqu’ils sont diurnes. Toute une colonie est installée le long de la côte qui descend vers le Cap et des passerelles longent les zones où ils font leur nid pour que l’on puisse les observer. Ils sont toujours aussi drôles et la plage est superbe, nous y restons donc un bon moment avant de rejoindre le Cap en lui-même.
Pour la petite histoire, Cape Point n’est pas le point le plus Austral d’Afrique. Ce privilège revient au Cape Agulhas, à une centaine de kilomètres à l’Est de Cape Point, mais il aura fallu attendre des progrès de la géographie pour s’en rendre compte. Le Cap de Bonne Espérance, lui, est très légèrement en retrait vers l’Ouest de Cape Point.
Toutes ces considérations n’ôtent rien de la majesté du site sur lequel nous retournerons le lendemain. En regardant au Sud, on a sur sa gauche une immense baie bordée de montagnes (False Bay) avec les eaux chaudes de l’océan indien et sur sa droite l’océan Atlantique. La nature est sauvage, la végétation très basse nous rappelle les plages de Nouvelle-Zélande ou de Patagonie. On y voit des babouins et des autruches…
Le premier jour, le temps est très clément et nous nous baladons de cap en cap en profitant des différentes vues. En nous dirigeant vers le phare de Cape Point actuellement en activité (qui remplace le vieux phare placé trop haut et trop souvent dans le brouillard) nous avons le privilège, pour clore ce beau voyage, d’être salué par une baleine du cap qui saute et resaute devant nous. Magique. Le temps d’immortaliser la fin du tour du monde et nous rentrons.
Le lendemain, le vent s’est levé et la mer n’a plus du tout l’air hospitalière. Des vagues immenses viennent se fracasser contre les rochers et un vent dément leur arrache des tourbillons d’écume lorsqu’elles se soulèvent. Et pourtant le temps est relativement dégagé malgré quelques averses. Au loin, on voit les cargos obligés de passer au large des nombreux récifs qui parsèment les alentours du Cap.
Un excellent dernier jour de voyage agrémenté d’un bon dîner pour finir en beauté avant l’avion retour !
(Paris, Rio, New Delhi...)
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