jeudi 21 août 2008

Port St Johns


Nous quittons Santa Lucia et après une très longue journée de voiture le long de la côte est du pays, nous arrivons dans ce qui nous a été décrit comme une ville repaire de backpackers. Nous logeons dans un de ces hôtels pour voyageurs en sac à dos à l’ambiance très cool : lors de l’enregistrement, on m’offre directement un shot d’alcool car un des pensionnaires fête son anniversaire. Billard, bar ouvert en permanence, musique à fond tout le jour et une bonne partie de la nuit, dortoirs et salles communes décorées de peintures style tags, planches de surf : tout y est ! Le plus drôle est que l’endroit est tenu par d’anciens hippies et la moyenne d’âge est relativement élevée avec un certain nombre de motards quinquagénaires nostalgiques de leur vingt ans.

La ville en elle-même nous déplaît franchement : trop de noirs désoeuvrés aux mines antipathiques ou une bière à la main. Le comptoir de la boutique d’alcool est protégé par des barreaux tout comme celui de la pharmacie, et le supermarché décline toute responsabilité en cas d’agression à l’intérieur du magasin…

En arrivant nous avons longé pendant deux heures des sortes de villages très étendus, sans aucune structure ni route pour véhicules (ils n’ont de toutes façon pas de voitures). Les maisons sont simples, des cubes de béton peints, et parfois très sommaires (cases en boue séchée). L’eau courante n’existe pas et comme les maisons sont au sommet des collines, il faut descendre tout en bas jusqu’au ruisseau plusieurs fois par jour. Les fils électriques ont beau passer à deux mètres de là, certaines maisons ne sont pas raccordées. Bref, c’est l’Afrique sur les bords de la route alors que des 4x4 flambants neufs conduits par des blancs qui vivent dans ce pays comme n’importe quel occidental roulent sur les routes. Le contraste est édifiant, et en voyant cela, on se dit qu’ils ont un long chemin à faire. Tout cela peut encore péter et se passer très mal, l’avenir de ce pays nous paraît plus qu’incertain.

Nous passons à l’heure de la sortie des classes ; la route est envahie de centaines de personnes qui n’ont que leurs pieds pour se déplacer. La limitation de vitesse est de 120km/h, il n’y a pas de trottoirs et des nids de poule à éviter…

Sur la route dans une ville noire qui doit rarement voir passer un blanc, nous nous arrêtons pour demander notre chemin. L’ambiance nous met légèrement mal à l’aise et nous avisons donc un groupe de gentilles écolières en uniforme. Nous ouvrons la fenêtre et demandons le chemin en anglais. Les fillettes sont tellement abasourdies par notre conduites (des blancs ici ? et ils baissent leur vitre ??) qu’elles en perdent leur anglais pendant quelques secondes.

Il pleut lors de notre journée de repos à Port Saint Johns, et nous sommes condamnés à rester à l’intérieur. Nous passons la journée en parties de billards, discussions avec une famille recomposée de français sympas. Nous assistons aussi au match de rugby Nouvelle-Zélande –Afrique du sud : un grand moment ! Les spectateurs sont très motivés, hurlent volontiers et parient sur les scores finaux. La pièce est remplie de trente blancs,on dirait que tout ceux de Port Saint Johns se sont donnés rendez-vous dans notre backpacker. Finalement les All Blacks triomphent des Springbocks qui sont battus à plate couture. Les Sud-af se révèlent très bons joueurs, tout le monde prend une bière de plus et ça repart !

Nous sympathisons ensuite avec deux surfeurs français de notre âge avec qui nous passons la soirée.

A force que tous nous répètent : « quoi, plus que 10 jours ? vous devez appréhender ? ça vous fait pas bizarre ? ça va être dur de rentrer… », nous commençons peu à peu à prendre conscience que le retour arrive, mais globalement nous n’y pensons presque pas et profitons sans aucun problème de ces derniers jours !

Aucun commentaire: