Rapports parents-enfants
Jamais nous n’avons trouvé de société aussi violente qu’au Mali. Les rapports et les gestes entre parents et enfants sont le plus souvent constitués de coups, qui parfois envoient promener à un mètre des enfants de cinq ans. Je me souviens avoir été surprise en remarquant une femme qui faisait des caresses à son bébé…
En Asie, les hommes s’occupent volontiers des tout petits, peut-être plus encore qu’en Europe ; nous avons vu des papas se promener leur bébé dans les bras, baigner des touts petits, etc.
Sommeil
Dans tous ces pays, les gens dorment partout et dès qu’il peuvent, donnant parfois l’image de feignants. Dans la quasi-totalité des pays que nous avons traversé, la sieste est sacrée. Nous avons une théorie là-dessus. Voyant comme le climat, la nourriture et le mode de vie de ces pays nous épuisent, et surtout comme le travail est physique et le sommeil de mauvaise qualité (cocoricos toutes les trois heures, klaxons, karaokés à toute heure, dodo familial à huit dans la pièce commune, etc) nous sommes persuadés qu’ils sont tous épuisés en permanence. Une cure de sommeil dans un endroit calme leur ferait sûrement gagner 3 ans d’espérance de vie. La preuve, c’est que dans tous les bus, à n’importe quelle heure, les trois quart des occupants dorment, spectacle rarement observé dans un TGV…
Types
Certains Péruviens, Philippins, et Indiens du Ladakh ont des types très proches. Pas mal, vu la distance géographique qui les sépare !
Electricité
Pour les trois quarts des habitants de la planète, l’électricité conserve une part de mystère : elle va, elle vient, on ne sais jamais trop ni pourquoi ni pour combien de temps ou peut compter sur elle.
Conduite
Dans aucun pays à part la Nouvelle-Zélande, les gens ne savent réellement conduire. Les Argentins ont une conduite gérable pour des parisiens, d’autant plus que leurs routes sont souvent vides, en revanche, conduire dans le reste des pays est un vrai défi. En Inde, au Mali, où au Vietnam, en ville, on renonce carrément sans se poser la moindre question. Le point commun des chauffards de tous ces pays ? Une absence totale d’anticipation ! Ils réussissent parfois à créer des situations dangereuses en étant seuls sur une route déserte. D’ailleurs, les deux seules fois du voyage où nous avons eu le sentiment d’échapper à la mort de justesse étaient en voiture, une fois au Pérou sur une route vertigineuse, et une fois dans Delhi avec un chauffeur saoul qui s’endormait en appuyant sur le champignon.
Attitude face à l’étranger : nous sommes mauvais !
Les gens sont aimables, curieux et bienveillants envers les étrangers partout où nous sommes passés (sauf au Vietnam où l’agressivité commerciale primait avant tout). Impossible de décerner une palme de gentillesse, même si les Laotiens ont mis la barre très haute avec leur douceur de caractère. Les plus amicaux et liants sont les Maliens, les Péruviens et les Philippins.
Rapports entre hommes et femmes
Dans tous les pays d’Asie, au Mali et dans les régions reculées du Pérou, la discrétion prime entre hommes et femmes : impensable de se tenir la main ou de se témoigner de l’affection en public. Pendant un an de voyage de noces, dur dur !
Tous les hommes de tous les pays visités (sauf pour la Nouvelle-Zélande) ont par rapport aux femmes des sentiments qui vont du gentil macho à une franche supériorité teintée d’irrespect. En tant que femme occidentale, on est souvent mieux traité que les femmes du pays, mais il est bon d’avoir son mari avec soi.
Je ne compte plus les fois où je payais et où on rendait la monnaie à Guillaume, même si pour cela il fallait contourner la voiture pour aller se pencher à sa portière. Ne parlons pas non plus des fois où on ne m’apportait pas de verre lorsqu’on commandait de la bière, des hommes qui nous entretenaient sur les corrections qu’ils infligeaient à leurs femmes, de ceux qui demandaient mon prénom à Guillaume en ma présence, et parlaient de moi avec lui comme si je n’existait pas, des regards appuyés à se demander si je ne me baladais pas toute nue…
Dans un certain nombre de pays, les femmes cèdent leur place aux hommes dans les bus (ils ne se gênent pas pour le leur rappeler), et les gestes de galanterie (céder le passage à une femme, l’aider à porter son sac, etc) sont parfois considérés comme insultants.
Dans un grand nombre de pays également, les femmes travaillent énormément, on les voit rarement bavarder entre elles sans rien faire, ce qui n’est pas le cas de la gent masculine (palme aux Maliens). Nous n’avons jamais vu autant de femmes travailler dans le bâtiment qu’en Asie, et s’il y a un ouvrier homme pour 8 ouvriers femmes, on sait évidemment qui commande et fait l’inspecteur des travaux finis…
Et en Inde, nous croisons beaucoup plus de femmes musulmanes intégralement voilées que je ne m’était imaginée.
C’est vraiment très impressionnant et franchement attristant pour les millions de femmes concernées.
Il y a un long chemin à faire pour que les seuls pays vivables pour les femmes ne soient pas réduits comme aujourd’hui aux pays occidentaux !
Ecole
Tous les écoliers du monde portent des uniformes ! Les petits français hospitalisés à qui nous envoyons des reportages de Ti’Marsu ont été abasourdis d’apprendre qu’ils étaient presque les seuls à pouvoir s’habiller comme ils veulent à l’école.
La répétition en cœur des notions est une méthode pédagogique que nous avons observée dans toutes les écoles que nous avons vues.
Nous avons été accueillis plus d’une fois par des chœurs de « Good morning Sir, Good morning Mam ‘ ».
L’homme blanc
Etre blanc est un gage d’admiration universelle tout à fait étonnant si nous en jugeons par les pays qu nous avons vus.
Théorie des 10 mètres
Elaborée avec Ronan et Arnaud, et toujours vérifiée : dans n’importe quel lieu très touristique, le gros du flot ira toujours aux mêmes endroits, comme de bons moutons. Faites 10 m de plus que les cars de touristes et vous vous retrouverez quasiment seul.
Ex : le temple perdu dans la jungle que personne ne va voir à Angkor, à deux pas de tous les autres où défilent des milliers de personnes par jour
La dune de sable d’à côté de celle où s’arrêtent les 4x4 des tours organisés, vierge et non pas couverte de centaines de traces de pas.
La ruelle derrière le château super connu où personne ne met les pieds alors qu’elle offre une vue superbe sur l’arrière de l’édifice…
Lectures de voyage
Dans toutes les auberges de jeunesse ou les restaurants qui proposent des échanges de livres pour voyageurs, on retrouve invariablement les mêmes titres :
John le Carré, Mary Higgins Clark, Tom Clancy et tous ces auteurs de polars à succès américains et de gros tirages en anglais avec des couvertures brillantes
Des romanciers modernes appréciés : Amélie Nothomb ou Eric Emmanuel Schmidt
Quelques classiques égarés par miracle : Proust, Racine, etc.
Et surtout, Paulo Coehlo qui est l’auteur incontournable, dans toutes les langues, dans tous les pays, dans toutes les vitrines, avec parfois jusqu’à cinq de ses titres dans chaque bibliothèque. Comme chacun sait, beaucoup de paumés en quête d’un sens à leur vie partent en voyage pour un bout de temps, et Paulo Coehlo, qui finalement raconte un peu toujours la même chose de façons différentes (une quête spirituelle, un long cheminement avec des étapes fortes et symboliques, des réflexions sur le sens de la vie et finalement la conclusion que c’est l’amour le plus important) remporte parmi ce public de voyageurs un franc succès. Après en avoir lu trois de suite, nous avons pris cet auteur en aversion, et nous espérons que tous les fans de l’Alchimiste nous pardonnerons ces quelques lignes…
Les backpackers (voyageurs en sac à dos)
Nous sommes souvent un peu médisants en ce qui les concerne dans ce blog, mais c’est que certains renvoient parfois l’image d’un Occident presque décadent qui nous fait honte. Etant à l’étranger, ils se croient parfois tout permis, et profitent du fait d’être loin de leur quotidien pour « se lâcher ». Ils changent ainsi complètement de comportement, et se désinhibent un peu trop. De plus, étant pour certains en quête d’éclate et de vacances plutôt que de réelle découverte du pays dans lequel ils se trouvent, ils copient les comportement qu’ils auraient chez eux sur une plage branchée, et se regroupent autant que possible dans des endroits qui leur rappellent leur propre pays.
On voit ainsi des filles se balader en mini débardeur – minijupe alors qu’elles sont dans des pays encore conservateur pour ce qui est de la tenue des femmes.
On voit des mecs l’air perdu boire des bières toute la journée et fumer des pétards en commençant à 11h du matin, et finir à 4h dans des boîtes pour recommencer le lendemain, « parce qu’ici ça ne coûte tellement rien qu’il faut en profiter au maximum ».
L’envie de rester entre -soi pousse à la création de « ghettos pour backpackers », rues à l’ambiance unique avec musique à fond (le dernier chanteur anglo-saxon à la mode), magasins de fringues style « cool » (plus ou moins indianisant, pantalons larges à l’entrejambe au niveau des genoux…) et où les occidentaux qui ont tous le même T-shirt (I love Bangkok), mangent des banana pancakes du matin au soir en se racontant des bons plans dans un anglais approximatif et très international, et passent un peu à côté du pays dans lequel ils sont ! On trouve donc dans ces endroits un concentré du monde mais rien du pays dans lequel on se trouve.
Néanmoins restons justes avec ces voyageurs dont nous partageons l’apparence (sac à dos, vêtements pratiques) et certains comportements (on adore les banana pancakes !). Certains sont évidemment très sympas et intéressants, et l’avantage de ce genre d’endroits est de pouvoir y rencontrer du monde, ce qui est précieux pour tous les voyageurs en solo.
Tenues traditionnelles
Dans tous les pays où la tenue traditionnelle persiste, elle concerne en général surtout les femmes. Les hommes portent plutôt des tenues occidentalisées, ce qui la plupart du temps est peu réussi puisqu’elle consiste souvent en un vieux jean et un t-shirt, quand ce n’est pas un maillot de foot (Mali). Les hommes sont donc beaucoup moins élégants que les femmes en général. Que ce soient les Maliennes en boubous à motifs colorés, les Indiennes en sari chatoyants ou les Laotiennes en jupes sombres aux broderies traditionnelles, elles ont beaucoup plus d’allure que ces messieurs qui dans le meilleur des cas ont un polo.
En Inde certains hommes portent encore la tunique et le pantalon en lin ou le dhoti traditionnel, au Cambodge et au Laos nous avons croisé des hommes en sarong (sorte de pagne) et les Maliens portent parfois encore des pantalons et chemises en tissus traditionnels.
Pays perpétuellement en construction
Bouygues et Caterpillar sont des boîtes pleines d’avenir : tous ces pays en développement sont des chantiers permanents, et il reste largement de quoi faire pour quelques siècles encore ! Nous ne comptons plus le nombre de chambres d’hôtels qui ont pour voisin des scies circulaires ou des marteaux en action dès 7h du matin !
La théorie des jeux
Preuve que la raison n’est pas universelle et que nos impressions sur les chauffeurs de rickshaws indiens étaient fondées. On nous a cité un ouvrage dont nous avons malheureusement oublié le titre montrant l’impossibilité d’appliquer la théorie des jeux en Inde.
Si on imagine le jeu
1) Le touriste annonce le prix
2) Le rickshaw accepte ou non de faire la course pour le prix annoncé.
Dans tous les pays rationnels, le chauffeur accepte la course à partir du moment où il fait un bénéfice, c'est-à-dire généralement le prix pour les locaux. Cela ne l’empêche pas d’accepter une course si le touriste propose un prix trop haut !
Mais, en Inde, Le rickshaw ne partira pas (dans la plupart des cas) avant de vous avoir roulé (au minimum le triple du prix).
Ceci conduit donc régulièrement à des situations de type perdant-perdant, inimaginable pour un économiste, où le touriste décide de marcher et le rickshaw n’a rien pour bouffer.
Sans être mentionné dans l’étude, les Vietnamiens auraient selon nous pu y figurer.
1 commentaire:
Très très très bon ! J'ai beaucoup aimé :
-La réflexion sur les blancs; que je viens pourtant d'infirmer en Iran !!
-La ténacité des rickshaws indiens
-La critique de KaoSan road (je pourrais vous parler du transsib dans la catégorie)
-il y aurait ptet eu qql chose à dire sur la bouffe et le pinard ?
Bref, très marrant ! En tous les cas, welcome back dears !
Skoni
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