mardi 26 août 2008
La fin d'une belle aventure...
Cape Point
Nous décidons tout de même d’effectuer une sortie vers 16h pour ne pas devenir fous et en l’absence du réceptionniste, décidons que Le Cap est une ville sûre et que nous pouvons effectuer les deux kilomètres nous séparant du centre à pied. Le Cap est réputée être la grande ville la plus sûre d’Afrique du Sud mais nous avions oublié que nous étions samedi après-midi et qu’à partir de 13h, tout est fermé. Nous marchons donc dans une ville morte, où passent quelques voitures et de rares piétons. Au bout de 100m, un homme éméché nous emboîte le pas, l’air désagréable. Il est heureusement trop atteint pour nous suivre, mais cela nous met dans un mauvais état d’esprit pour la suite de la balade.
Nous continuons, toujours sans rencontrer grand monde mais prompt à attribuer une mauvaise mine à la moitié des passants, qui s’avèrent le plus souvent d’honnêtes hommes mais parfois de vrais gens louches.
Nous nous dirigeons vers Long Street, LA rue commerciale, branchée, touristique… du Cap. Nous pensons y trouver un peu d’animation et un sentiment de sécurité qui nous permettra de relâcher notre vigilance. Peine perdue, leurs Champs-Elysées sont fermés le samedi après-midi. Nous en sommes quittes pour revenir à notre hôtel.
Nous sommes à peu près sûrs de n’avoir couru aucun risque, mais l’ambiance dans laquelle on est plongé dans ce pays fait imaginer toutes sortes de choses assez rapidement. Et il est facile de tomber dans la psychose ambiante, car trop de choses viennent prouver chaque jour qu’elle est justifiée. Les titres des journaux, les panneaux Crime Alert, les innombrables panneaux Armed Response des sociétés privées de sécurité indiquant à d’éventuels cambrioleurs à quoi s’attendre… Nous n’envisageons donc pas de nous expatrier de sitôt en Afrique du Sud.
Mais, heureusement, ce pays est très bien fait pour les touristes et l’on passe la moitié de son temps dans les parcs naturels où, à part les bêtes féroces, il n’y a aucun danger et l’autre moitié dans des villes ou des quartiers surprotégés.
Nous profitons de l’accalmie climatique du lendemain pour aller au Cap de Bonne espérance et nous arrêter en chemin pour voir les pingouins d’Afrique. Plus grands que leurs cousins Néo-Zélandais, ils sont aussi beaucoup plus faciles à voir puisqu’ils sont diurnes. Toute une colonie est installée le long de la côte qui descend vers le Cap et des passerelles longent les zones où ils font leur nid pour que l’on puisse les observer. Ils sont toujours aussi drôles et la plage est superbe, nous y restons donc un bon moment avant de rejoindre le Cap en lui-même.
Pour la petite histoire, Cape Point n’est pas le point le plus Austral d’Afrique. Ce privilège revient au Cape Agulhas, à une centaine de kilomètres à l’Est de Cape Point, mais il aura fallu attendre des progrès de la géographie pour s’en rendre compte. Le Cap de Bonne Espérance, lui, est très légèrement en retrait vers l’Ouest de Cape Point.
Toutes ces considérations n’ôtent rien de la majesté du site sur lequel nous retournerons le lendemain. En regardant au Sud, on a sur sa gauche une immense baie bordée de montagnes (False Bay) avec les eaux chaudes de l’océan indien et sur sa droite l’océan Atlantique. La nature est sauvage, la végétation très basse nous rappelle les plages de Nouvelle-Zélande ou de Patagonie. On y voit des babouins et des autruches…
Le premier jour, le temps est très clément et nous nous baladons de cap en cap en profitant des différentes vues. En nous dirigeant vers le phare de Cape Point actuellement en activité (qui remplace le vieux phare placé trop haut et trop souvent dans le brouillard) nous avons le privilège, pour clore ce beau voyage, d’être salué par une baleine du cap qui saute et resaute devant nous. Magique. Le temps d’immortaliser la fin du tour du monde et nous rentrons.
Le lendemain, le vent s’est levé et la mer n’a plus du tout l’air hospitalière. Des vagues immenses viennent se fracasser contre les rochers et un vent dément leur arrache des tourbillons d’écume lorsqu’elles se soulèvent. Et pourtant le temps est relativement dégagé malgré quelques averses. Au loin, on voit les cargos obligés de passer au large des nombreux récifs qui parsèment les alentours du Cap.
Un excellent dernier jour de voyage agrémenté d’un bon dîner pour finir en beauté avant l’avion retour !
(Paris, Rio, New Delhi...)
La région des vins
Autant, nous avions été fortement déçus par les vins de la région de Malborough en Nouvelle-Zélande, autant les vins sud-africains nous ont fait bonne impression. Nous sommes allés goûter les produits de quatre propriétés autour de Stellenbosch et avons trouvé quelques bonnes affaires. Un excellent Chenin Blanc et quelques rouges très agréables. Nous avons globalement trouvé (et cet avis n’engage que nous) qu’à l’instar des vins argentins ceux d’Afrique du sud sont particulièrement compétitifs sur les vins « moyen de gamme », à 6 ou 7 euros la bouteille chez nous et qui n’en coûte que trois chez eux. En revanche, nos essais de vins plus prestigieux, à une trentaine d’euros la bouteille, ne nous ont pas paru aussi avantageux. Nous en avons profité pour nous faire quelques bons restos dans les propriétés, le cadre était assez soigné et la nourriture délicieuse. En dehors des très grandes villes (et principalement du Cap) il est normalement assez difficile de sortir du burger-frites, donc nous étions ravis. Sans aucun doute nos meilleures bouffes depuis Noël au Brésil…
La région est en plus absolument splendide, entourée de hautes montagnes et certaines des propriétés sont installées sur les hauteurs. Les vues sont magnifiques et tout à donc contribué à nous aider à atterrir en douceur au Cap, notre dernière destination.
lundi 25 août 2008
Un peu d'Histoire
Les premières traces de présence humaine en Afrique du Sud remontent à trois millions d’années. Mais les premiers habitants connus avec certitude sont la tribu des San, chasseurs-cueilleurs vers -25 000 ans. Certains d’entre eux migrèrent peu à peu vers le sud jusqu’à la côte pour devenir des bergers semi-nomades, les Khoekhoen, il y a 2500 ans. Ils furent rejoins à ce moment là par les Bantu issus du delta du Niger qui étaient des cultivateurs et travaillaient le fer.
Les premiers Européens
En 1487, Bartolomeu Dias, explorateur Portugais à la recherche d’une nouvelle route des épices vers les Indes double le Cap de Bonne Espérance (c’est lui qui l’a baptisé ainsi).
En 1498, Vasco de Gama poursuit la route jusqu’aux Indes avec succès. Mais lses Portugais s’intéressent plus au Mozambique qu’à l’Afrique du sud.
Les Hollandais aussi empruntent cette route commerciale, et en 1652, la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales décide d’établir un comptoir au Cap pour ravitailler les bateaux en chemin.
Les relations même commerciales avec les indigènes Khoekhoen étant très médiocres, les hollandais autorisent des fermiers blancs à s’installer pour produire eux-mêmes de quoi ravitailler les bateaux. Ces Burghers calvinistes sont pour la plupart d’origine hollandaise ou allemande et sont rejoints ensuite par des Huguenots Français fuyant les persécutions.
Les hollandais importent des esclaves d’Indonésie et de Madagascar, et les métissages entre blancs, esclaves étrangers et locaux Khoekhoen forment la base de la population « coloured » de l’Afrique du sud actuelle.
Peu à peu certains burghers pionniers (les Boers) s’enfoncent vers l’intérieur des terres, repoussant plus loin les Khoekhoen, et adoptant un mode de vie de pasteurs semi-nomades. Les familles se déplacent dans des chariots, et possèdent une tente et une Bible en plus de leur troupeau. Ce mode de vie isolé a forgé des gens aventureux, indépendants et souvent obscurantistes, leur seule source de savoir étant la Bible.
Les Anglais
Au XVIIIIe siècle alors que la puissance commerciale hollandaise décline, les Anglais s’emparent du Cap pour contrer les velléités Françaises. En 1814 ils proclament leur souveraineté sur la région. La nouvelle colonie qui les attend est basée sur une sévère hiérarchie entre blancs et noirs, le pouvoir au Cap est détenu par une petite élite tandis que le reste du pays est peuplé de bergers blancs ou noirs.
En 1820, 5000 colons anglais sont envoyés dans la nouvelle colonie, la plupart commerçants. Ils s’installent principalement dans les villes pour reprendre leurs activités.
Désormais une double culture blanche coexiste : les Boers peu éduqués sont pasteurs et fermiers dans les campagnes, tandis que la politique et le commerce sont largement aux mains dans Anglais urbains.
Les Boers calvinistes croient à la prédestination et ont le sentiment d’être un peuple élu par Dieu pour civiliser les noirs inférieurs. L’abolition de l’esclavage par les Anglais en 1833 va à l’encontre de leurs croyances et creuse encore le fossé entre les deux groupes de blancs.
Le Difaqane
A la même époque, (vers 1816) un puissant chef Zoulou prend le pouvoir dans la région Zoulou à l’est du pays et sème la terreur dans toute l’Afrique du Sud, tuant et réduisant en esclavage les populations noires. Cette triste période d’oppression est connue sous le nom de difaqane (migration forcée) dans un des dialectes africain du pays et a profondément déstabilisé les communautés noires.
Différends anglo-boer
A partir de 1836, des groupes de Boers de plus en plus mécontents des décisions anglaises partent pour une longue marche vers l’intérieur du pays à la recherche d’une plus grande indépendance. Ils rencontrent peu de résistance de la part des populations noires largement traumatisées et désorganisées par le récent difaqane. Les Zoulou sont les seuls à opposer une vraie résistance qui culmine lors de la guerre de 1838 à Ncome River. Le carnage aurait fait virer l’eau de la rivière au rouge.
Les Boers victorieux peuvent enfin établir la république dont ils rêvent, mais ils déchantent vite lorsque les anglais annexent la région en 1843. Certains Boers poursuivent la migration toujours plus loin vers le nord, tandis que les Anglais importent des milliers d’esclaves indiens pour travailler dans les plantations de canne à sucre de la nouvelle région. De 1860 au début du XXe siècle, plus de 150 000 Indiens seront déplacés dans la région, constituant la plus importante communauté indienne à l’étranger.
Finalement les Boers installent leur république dans la région autour de l’actuelle Johannesburg. Mais la découverte de diamants dans la région en 1869 conduit à des affrontements avec des tribus voisines. Pour régler le conflit, les Anglais annexent tout simplement les mines de diamant. La frustration Boer ne fait que s’accroître un peu plus envers les dirigeants Anglais.
Et en 1880 la première guerre anglo-boer éclate. Les Boers vainqueurs proclament l’indépendance de leur République désormais appelée ZAR (République Sud-africaine). Paul Kruger, un des leaders du mouvement, devient le premier président.
De nouvelles découvertes de diamants dans la région de Johannesburg font affluer les migrants, blancs ou noirs, dans la République Sud Africaine. Les Boers se retrouvent en minorité chez eux, et certains sont frustrés de voir des noirs s’enrichirent alors qu’eux-mêmes vivent assez pauvrement.
En 1899, les Anglais demandent le droit de vote dans la ZAR pour 60 000 étrangers blancs. Kruger refuse, et la deuxième guerre anglo-boer éclate. Mieux préparés, les Anglais triomphent, et les républiques Boer reconnaissent la souveraineté anglaise en 1902 avec le Traité de Vereeniging.
La paix est cependant fragile. Les Anglais se consacrent à la reconstruction du pays, notamment le secteur minier. Les Boers affirment leur identité et leur langue, l’afrikaans, devient un symbole de leur unité. Des organisations nationalistes voient le jour.
Les noirs et les coloured (=métisses, ni noirs ni blancs ni asiatiques) sont complètement marginalisés, les taxes sont lourdes, et les anglais font venir des milliers de chinois pour éviter tout problème. Les Zoulous se soulèvent en 1906 pour protester mais la rébellion est écrasée.
Naissance d’un régime raciste
Les anglais poursuivent leur œuvre d’unification des différentes régions par l’Acte d’Union en 1910 qui réunit toutes les provinces dans une sorte de fédération. Les Boers conservent une certaine autonomie dans leurs régions, les Anglais en administrent d’autres directement. Le droit de vote reste un privilège de blancs malgré des campagnes de protestation des noirs et des coloured. Les noirs qui représente 75% de la population se sentent trahis par les Anglais qui leur avaient promis lors de la guerre de les libérer de l’esclavage des Boers.
Deux partis dominent la vie politique :
Le SAP avec une ligne pro anglaise et pour l’unité des blancs
Le NP qui soutient les intérêts afrikaners et prône un développement séparé pour afrikaners, anglais et noirs et l’indépendance pour les régions afrikaners.
Des lois discriminatoires sont votées interdisant la grève et les travaux qualifiés aux noirs.
En 1913 le Natives Land Act réserve 8% du territoire pour les noirs, le reste pour les blancs.
Les noirs ne sont pas autorisés à acheter ou seulement louer des terres hors de ces territoires réservés et sont contraints de se tasser dans des réserves ou des villes toujours plus pauvres et peuplées.
Peu à peu les noirs s’organisent pour défendre leurs intérêts : en 1923 le African National Congress (ANC) est crée.
Gandhi entame ses campagnes de désobéissance civile à la même époque.
En 1924 le NP dirigé par Herzog arrive au pouvoir. L’Afrikaans remplace le Hollandais comme langue officielle aux côtés de l’Anglais. La « menace noire » est le thème de campagne principal en 1929.
Le nationalisme afrikaner ne cesse de se développer après la 2e guerre mondiale, une confrérie secrète défendant la culture afrikaner et d’autres organisations en plus du parti NP prennent de plus en plus de poids dans le pays.
Pendant ce temps la population noire explose, d’immenses bidonvilles se constituent aux portes des grandes villes, alors que le nombre de noirs travaillant dans le secteur des mines et de l’industrie manufacturière augmente.
L’Apartheid institutionnalisé
En 1948 le parti NP fait campagne sur le thème de l’apartheid, ou ségrégation (fait d’être séparés).
Sous Malan, l’apartheid est institutionnalisé :
les mariages mixtes sont proscrits
les rapports sexuels interraciaux illégaux
chacun est classé selon sa couleur de peau (blancs, noirs, coloured, asiatiques) en fonction de laquelle découlent des droits, des devoirs et des lois différents
Le Group Area Act de 1950 bannit les noirs des centres-villes ; ceux-ci sont relégués dans les townships.
Le Separate Amenities Act crée notamment des plages, des hôpitaux, des écoles, des bus et même des bancs publics différents.
Les lois racistes passées sont peu à peu renforcées, les noirs et les coloured sont obligés d’avoir leurs cartes d’identité toujours sur eux, ils ne peuvent pas séjourner dans les villes sans permis spécial, les enfants doivent rester à la campagne et les couples ne peuvent pas vivre ensembles à un endroit si seulement l’un des deux y a du travail.
Résistance et activisme
Devant ces évolutions, l’ANC entre en action pour la première fois en 1949 sous la forme de grèves, de manifestations et de campagnes de désobéissance civile. Dans les années cinquante, la lutte continue et l’ANC adopte une Charte de la Liberté, pour un pays multiracial et démocratique.
En 1959 une partie des membres déçus de l’ANC crée le Pan African Congress (PAC), mouvement à la ligne pus dure. Alors que celui-ci organise une manifestation le 20 mars 1960, la police tire sur la foule. Bilan : 67 morts et 186 blessés, la plupart ont reçu une balle dans le dos.
Cette évènement fait basculer l’opinion de beaucoup d’observateurs locaux et internationaux qui ne se font plus d’illusions sur la nature du régime blanc.
Suite à cet événement, des manifestations et de nouvelles grèves reprennent de plus belle dans le pays.
Verwoerd, premier ministre de l’époque surnommé pour son racisme forcené « l’architecte de l’apartheid » déclare l’état d’urgence et fait arrêter plus de 18 000 manifestants, dont presque tous les dirigeant de l’ANC et du PAC. Les deux organisations sont interdites.
Elles poursuivent la lutte à coup de sabotages par le bras armé de leurs organisations.
En 1963,17 dirigeants de l’ANC sont arrêtés et jugés dont Mandela, condamné à la prison à vie. Oliver Tambo réussit à s’exiler et poursuit la lutte de l’ANC depuis l’étranger.
Les années noires
Une fois la plupart des leaders de la résistance noire sous les verrous, l’Afrique du Sud connaît ses années les plus noires. Les lois de séparation sont encore aggravées, les homelands sont crées (sortes de réserves desquelles les noirs n’avaient pas le droit de sortir sans permis spécial, sous dimensionnées et trop peuplées, sans aucune infrastructures ni travail possible).
Pendant les années 70, la contestation noire connaît un regain de vigueur, d’abord avec les syndicats qui organisent des grèves, puis l’Organisation des Etudiants Sud-africains emmenés par Biko, étudiant en médecine. Lors d’une manifestation, les policiers tirent sur la foule entraînant des troubles de plusieurs mois (1000 morts en 12 mois).
En 1977, Biko est arrêté et battu à mort par des policiers.
Toute une génération de jeunes noirs révoltés, de plus en plus politisés, sont déterminés à en finir avec le régime.
L’Afrique du Sud assiégée
En 1980, l’Afrique du sud est de plus en plus isolée et subit des sanctions internationales qui coupent sa population blanche du reste du monde. Une mentalité de siège se développe parmi les blancs qui se sentent menacés à l’intérieur et à l’extérieur du pays, allant même jusqu’à développer des engins nucléaires. Ils ont le sentiment que le pays est menacé par le communisme, l’athéisme et l’anarchie noire.
La répression policière et même militaire à l’intérieur du pays est de plus en plus brutale et justifiée par cette sensation de siège. Beaucoup de blancs réalisent bien qu’une guerre civile contre les noirs ne peut pas être gagnée, mais ils préfèrent encore la répression au renoncement que constitueraient des réformes politiques.
De 1978 à 1988 l’Afrique du Sud entre en guerre avec presque tous ses voisins successivement, traumatisant une génération de jeunes blancs.
Les Blancs ne représentent plus dans les années 1980 que 16% de la population, et le Premier Ministre Botha, sentant bien que les réformes sont inévitables, invite les Sud-africains blancs à « s’adapter ou mourir ». Mais ses réformes n’iront pas bien loin, l’instabilité s’accroît. Des groupes néo-nazis d’Afrikaners se constituent alors qu’un nouveau parti blanc se crée réclamant l’abolition de l’apartheid.
Les sanctions internationales s’accroissent, le rand s’effondre, et l’agitation oblige le premier ministre à déclarer l’état d’urgence en 1985 (il durera cinq ans). Les médias sont censurés, et des dizaines de milliers de personnes sont emprisonnées sans procès, certaines torturées.
C’est à cette époque également que le Sida commence à se propager à une vitesse folle dans le pays, notamment à cause des conditions de travail dans les mines (les mineurs passaient plusieurs mois de suite loin de leurs familles). Aujourd’hui 4, 5 millions de personnes sont atteintes du sida (pays le plus touché au monde par l’épidémie), c’est la première cause de mortalité.
En 1989 Botha est finalement remplacé par De Klerk. Celui-ci légalise l’ANC et supprime les lois discriminatoires et la censure médiatique. Les prisonniers politiques, dont Mandela après 27 ans de prison, sont libérés.
En 1990 et 1991, tout l’appareil légal de l’apartheid est mis à bas, et lors d’un dernier vote pour blancs seulement, ceux-ci donnent au gouvernement l’autorisation de négocier une nouvelle constitution avec l’ANC et d’autres groupes politiques.
Reconstruction
Après des mois de négociation au sein de la Convention pour une Afrique du Sud démocratique, les différents groupes parviennent à un compromis et une date pour des élections. Mais pendant ce temps, la violence politique fait rage dans tout le pays. Le bilan humain est terrible, et on pense que des politiciens haut- placés ainsi que des militaires et des
policiers auraient lancé et entretenu ces violences.
En 1993 une Constitution est finalement publiée garantissant les droits fondamentaux de tous et interdisant explicitement les discriminations quelles qu’elles soient.
En 1994 les élections ont finalement lieu dans le calme, le nouveau drapeau arc en ciel et un nouvel hymne national sont les symboles de l’Afrique du sud moderne.
Mandela et De Klerk reçoivent le Prix Nobel de la Paix.
L’ANC remporte les élections largement.
Une Commission Vérité et Réconciliation sert de catharsis aux communautés victimes de l’apartheid de 1994 à 1999. Les victimes racontent leurs histoires et les coupables confessent leurs crimes ; l’amnistie est promise à tous ceux qui s’y soumettent honnêtement. Ceux qui choisissent de ne pas comparaître devant la commission peuvent être poursuivis et condamnés si leur culpabilité est prouvée.
Mbeki est président depuis 1999 et prendra sa retraite en 2009. Les problèmes d’inégalités économiques (parmi les pires au monde), d’éducation, d’insécurité et le Sida sont les principaux défis à venir pour l’Afrique du sud et ils ne sont pas des moindres.
dimanche 24 août 2008
Quelques réflexions en vrac
Rapports parents-enfants
Jamais nous n’avons trouvé de société aussi violente qu’au Mali. Les rapports et les gestes entre parents et enfants sont le plus souvent constitués de coups, qui parfois envoient promener à un mètre des enfants de cinq ans. Je me souviens avoir été surprise en remarquant une femme qui faisait des caresses à son bébé…
En Asie, les hommes s’occupent volontiers des tout petits, peut-être plus encore qu’en Europe ; nous avons vu des papas se promener leur bébé dans les bras, baigner des touts petits, etc.
Sommeil
Dans tous ces pays, les gens dorment partout et dès qu’il peuvent, donnant parfois l’image de feignants. Dans la quasi-totalité des pays que nous avons traversé, la sieste est sacrée. Nous avons une théorie là-dessus. Voyant comme le climat, la nourriture et le mode de vie de ces pays nous épuisent, et surtout comme le travail est physique et le sommeil de mauvaise qualité (cocoricos toutes les trois heures, klaxons, karaokés à toute heure, dodo familial à huit dans la pièce commune, etc) nous sommes persuadés qu’ils sont tous épuisés en permanence. Une cure de sommeil dans un endroit calme leur ferait sûrement gagner 3 ans d’espérance de vie. La preuve, c’est que dans tous les bus, à n’importe quelle heure, les trois quart des occupants dorment, spectacle rarement observé dans un TGV…
Types
Certains Péruviens, Philippins, et Indiens du Ladakh ont des types très proches. Pas mal, vu la distance géographique qui les sépare !
Electricité
Pour les trois quarts des habitants de la planète, l’électricité conserve une part de mystère : elle va, elle vient, on ne sais jamais trop ni pourquoi ni pour combien de temps ou peut compter sur elle.
Conduite
Dans aucun pays à part la Nouvelle-Zélande, les gens ne savent réellement conduire. Les Argentins ont une conduite gérable pour des parisiens, d’autant plus que leurs routes sont souvent vides, en revanche, conduire dans le reste des pays est un vrai défi. En Inde, au Mali, où au Vietnam, en ville, on renonce carrément sans se poser la moindre question. Le point commun des chauffards de tous ces pays ? Une absence totale d’anticipation ! Ils réussissent parfois à créer des situations dangereuses en étant seuls sur une route déserte. D’ailleurs, les deux seules fois du voyage où nous avons eu le sentiment d’échapper à la mort de justesse étaient en voiture, une fois au Pérou sur une route vertigineuse, et une fois dans Delhi avec un chauffeur saoul qui s’endormait en appuyant sur le champignon.
Attitude face à l’étranger : nous sommes mauvais !
Les gens sont aimables, curieux et bienveillants envers les étrangers partout où nous sommes passés (sauf au Vietnam où l’agressivité commerciale primait avant tout). Impossible de décerner une palme de gentillesse, même si les Laotiens ont mis la barre très haute avec leur douceur de caractère. Les plus amicaux et liants sont les Maliens, les Péruviens et les Philippins.
Rapports entre hommes et femmes
Dans tous les pays d’Asie, au Mali et dans les régions reculées du Pérou, la discrétion prime entre hommes et femmes : impensable de se tenir la main ou de se témoigner de l’affection en public. Pendant un an de voyage de noces, dur dur !
Tous les hommes de tous les pays visités (sauf pour la Nouvelle-Zélande) ont par rapport aux femmes des sentiments qui vont du gentil macho à une franche supériorité teintée d’irrespect. En tant que femme occidentale, on est souvent mieux traité que les femmes du pays, mais il est bon d’avoir son mari avec soi.
Je ne compte plus les fois où je payais et où on rendait la monnaie à Guillaume, même si pour cela il fallait contourner la voiture pour aller se pencher à sa portière. Ne parlons pas non plus des fois où on ne m’apportait pas de verre lorsqu’on commandait de la bière, des hommes qui nous entretenaient sur les corrections qu’ils infligeaient à leurs femmes, de ceux qui demandaient mon prénom à Guillaume en ma présence, et parlaient de moi avec lui comme si je n’existait pas, des regards appuyés à se demander si je ne me baladais pas toute nue…
Dans un certain nombre de pays, les femmes cèdent leur place aux hommes dans les bus (ils ne se gênent pas pour le leur rappeler), et les gestes de galanterie (céder le passage à une femme, l’aider à porter son sac, etc) sont parfois considérés comme insultants.
Dans un grand nombre de pays également, les femmes travaillent énormément, on les voit rarement bavarder entre elles sans rien faire, ce qui n’est pas le cas de la gent masculine (palme aux Maliens). Nous n’avons jamais vu autant de femmes travailler dans le bâtiment qu’en Asie, et s’il y a un ouvrier homme pour 8 ouvriers femmes, on sait évidemment qui commande et fait l’inspecteur des travaux finis…
Et en Inde, nous croisons beaucoup plus de femmes musulmanes intégralement voilées que je ne m’était imaginée.
C’est vraiment très impressionnant et franchement attristant pour les millions de femmes concernées.
Il y a un long chemin à faire pour que les seuls pays vivables pour les femmes ne soient pas réduits comme aujourd’hui aux pays occidentaux !
Ecole
Tous les écoliers du monde portent des uniformes ! Les petits français hospitalisés à qui nous envoyons des reportages de Ti’Marsu ont été abasourdis d’apprendre qu’ils étaient presque les seuls à pouvoir s’habiller comme ils veulent à l’école.
La répétition en cœur des notions est une méthode pédagogique que nous avons observée dans toutes les écoles que nous avons vues.
Nous avons été accueillis plus d’une fois par des chœurs de « Good morning Sir, Good morning Mam ‘ ».
L’homme blanc
Etre blanc est un gage d’admiration universelle tout à fait étonnant si nous en jugeons par les pays qu nous avons vus.
Théorie des 10 mètres
Elaborée avec Ronan et Arnaud, et toujours vérifiée : dans n’importe quel lieu très touristique, le gros du flot ira toujours aux mêmes endroits, comme de bons moutons. Faites 10 m de plus que les cars de touristes et vous vous retrouverez quasiment seul.
Ex : le temple perdu dans la jungle que personne ne va voir à Angkor, à deux pas de tous les autres où défilent des milliers de personnes par jour
La dune de sable d’à côté de celle où s’arrêtent les 4x4 des tours organisés, vierge et non pas couverte de centaines de traces de pas.
La ruelle derrière le château super connu où personne ne met les pieds alors qu’elle offre une vue superbe sur l’arrière de l’édifice…
Lectures de voyage
Dans toutes les auberges de jeunesse ou les restaurants qui proposent des échanges de livres pour voyageurs, on retrouve invariablement les mêmes titres :
John le Carré, Mary Higgins Clark, Tom Clancy et tous ces auteurs de polars à succès américains et de gros tirages en anglais avec des couvertures brillantes
Des romanciers modernes appréciés : Amélie Nothomb ou Eric Emmanuel Schmidt
Quelques classiques égarés par miracle : Proust, Racine, etc.
Et surtout, Paulo Coehlo qui est l’auteur incontournable, dans toutes les langues, dans tous les pays, dans toutes les vitrines, avec parfois jusqu’à cinq de ses titres dans chaque bibliothèque. Comme chacun sait, beaucoup de paumés en quête d’un sens à leur vie partent en voyage pour un bout de temps, et Paulo Coehlo, qui finalement raconte un peu toujours la même chose de façons différentes (une quête spirituelle, un long cheminement avec des étapes fortes et symboliques, des réflexions sur le sens de la vie et finalement la conclusion que c’est l’amour le plus important) remporte parmi ce public de voyageurs un franc succès. Après en avoir lu trois de suite, nous avons pris cet auteur en aversion, et nous espérons que tous les fans de l’Alchimiste nous pardonnerons ces quelques lignes…
Les backpackers (voyageurs en sac à dos)
Nous sommes souvent un peu médisants en ce qui les concerne dans ce blog, mais c’est que certains renvoient parfois l’image d’un Occident presque décadent qui nous fait honte. Etant à l’étranger, ils se croient parfois tout permis, et profitent du fait d’être loin de leur quotidien pour « se lâcher ». Ils changent ainsi complètement de comportement, et se désinhibent un peu trop. De plus, étant pour certains en quête d’éclate et de vacances plutôt que de réelle découverte du pays dans lequel ils se trouvent, ils copient les comportement qu’ils auraient chez eux sur une plage branchée, et se regroupent autant que possible dans des endroits qui leur rappellent leur propre pays.
On voit ainsi des filles se balader en mini débardeur – minijupe alors qu’elles sont dans des pays encore conservateur pour ce qui est de la tenue des femmes.
On voit des mecs l’air perdu boire des bières toute la journée et fumer des pétards en commençant à 11h du matin, et finir à 4h dans des boîtes pour recommencer le lendemain, « parce qu’ici ça ne coûte tellement rien qu’il faut en profiter au maximum ».
L’envie de rester entre -soi pousse à la création de « ghettos pour backpackers », rues à l’ambiance unique avec musique à fond (le dernier chanteur anglo-saxon à la mode), magasins de fringues style « cool » (plus ou moins indianisant, pantalons larges à l’entrejambe au niveau des genoux…) et où les occidentaux qui ont tous le même T-shirt (I love Bangkok), mangent des banana pancakes du matin au soir en se racontant des bons plans dans un anglais approximatif et très international, et passent un peu à côté du pays dans lequel ils sont ! On trouve donc dans ces endroits un concentré du monde mais rien du pays dans lequel on se trouve.
Néanmoins restons justes avec ces voyageurs dont nous partageons l’apparence (sac à dos, vêtements pratiques) et certains comportements (on adore les banana pancakes !). Certains sont évidemment très sympas et intéressants, et l’avantage de ce genre d’endroits est de pouvoir y rencontrer du monde, ce qui est précieux pour tous les voyageurs en solo.
Tenues traditionnelles
Dans tous les pays où la tenue traditionnelle persiste, elle concerne en général surtout les femmes. Les hommes portent plutôt des tenues occidentalisées, ce qui la plupart du temps est peu réussi puisqu’elle consiste souvent en un vieux jean et un t-shirt, quand ce n’est pas un maillot de foot (Mali). Les hommes sont donc beaucoup moins élégants que les femmes en général. Que ce soient les Maliennes en boubous à motifs colorés, les Indiennes en sari chatoyants ou les Laotiennes en jupes sombres aux broderies traditionnelles, elles ont beaucoup plus d’allure que ces messieurs qui dans le meilleur des cas ont un polo.
En Inde certains hommes portent encore la tunique et le pantalon en lin ou le dhoti traditionnel, au Cambodge et au Laos nous avons croisé des hommes en sarong (sorte de pagne) et les Maliens portent parfois encore des pantalons et chemises en tissus traditionnels.
Pays perpétuellement en construction
Bouygues et Caterpillar sont des boîtes pleines d’avenir : tous ces pays en développement sont des chantiers permanents, et il reste largement de quoi faire pour quelques siècles encore ! Nous ne comptons plus le nombre de chambres d’hôtels qui ont pour voisin des scies circulaires ou des marteaux en action dès 7h du matin !
La théorie des jeux
Preuve que la raison n’est pas universelle et que nos impressions sur les chauffeurs de rickshaws indiens étaient fondées. On nous a cité un ouvrage dont nous avons malheureusement oublié le titre montrant l’impossibilité d’appliquer la théorie des jeux en Inde.
Si on imagine le jeu
1) Le touriste annonce le prix
2) Le rickshaw accepte ou non de faire la course pour le prix annoncé.
Dans tous les pays rationnels, le chauffeur accepte la course à partir du moment où il fait un bénéfice, c'est-à-dire généralement le prix pour les locaux. Cela ne l’empêche pas d’accepter une course si le touriste propose un prix trop haut !
Mais, en Inde, Le rickshaw ne partira pas (dans la plupart des cas) avant de vous avoir roulé (au minimum le triple du prix).
Ceci conduit donc régulièrement à des situations de type perdant-perdant, inimaginable pour un économiste, où le touriste décide de marcher et le rickshaw n’a rien pour bouffer.
Sans être mentionné dans l’étude, les Vietnamiens auraient selon nous pu y figurer.
jeudi 21 août 2008
Hermanus
Le prochain arrêt sur la côte est Hermanus, dans la baie de Walker, l’un des meilleurs spots au monde pour observer des baleines depuis la terre. Le sol marin tombe à pic après les falaises ce qui permet aux baleines de s’approcher très près des côtes (Jusqu’à 30m) en profitant du plancton qui remonte à l’approche du bord.
Nous avons prévu d’y passer deux jours pour être sûrs de voir les grandes bêtes…
Nous partons le long des falaises l’après-midi de notre arrivée par un vent terrible et sous des nuages un peu menaçants à la chasse à la baleine. Après une demi-heure infructueuse, nous repérons notre première baleine, à 30m du rivage. Nous marchons le long de la côte pour nous installer juste en face et profitons du spectacle. Quelle bête ! Elle est peu active mais reste longtemps sous nos yeux et nous pouvons l’observer de près.
Elle sort sa tête tel un périscope pour observer au loin, nous montre son dos, se retourne en nous montrant ses nageoires… Au bout d’une demi-heure, un peu congelés, nous poursuivons le long du sentier, la baleine a disparu depuis quelques minutes.
Nous faisons à peine 50m que nous entendons un immense bruit sourd sur notre droite. Le temps de tourner la tête et nous voyons la bête disparaître dans un torrent d’écume. Les yeux fixés sur la surface nous la voyons alors surgir des profondeurs pour s’élever dans le ciel jusqu’à la queue et retomber sur le dos dans un grondement terrible.
Le bruit, que nous entendons avec un très léger décalage nous fait immédiatement penser aux chutes d’iceberg au Perito Moreno, le fameux glacier Argentin. Quelle force !
Nous avons le droit à un troisième saut dans la foulée. Magique. Mais si bref que l’on se demande si l’on a pas un peu rêvé…
Le lendemain grand beau, mais petite journée pour les baleines, un peu paresseuses et que nous ne voyons que d’assez loin (100 ou 200m). Les sauts sont tout de même toujours aussi impressionnants.
En revanche nous en profitons pour aller chez le coiffeur, et tombons dans un salon très bien tenu dont les propriétaires sont très sympas et avec qui nous passons un très bon moment. Je n’avais jamais passé autant de temps à discuter avec mon coiffeur et surtout avec autant de plaisir.
Et nous pouvons admirer les dassis, petits ongulés (et non rongeurs) peuplant les rochers autour de la baie.
Nature's Valley
Le lendemain très grosse journée de route (nous avions mal compté les kilomètres et faisons finalement 9h de voiture contre les 5 ou 6 prévues !).
En chemin, nous trouvons le moyen de nous faire arrêter pour excès de vitesse. Nous n’avons malheureusement pas été briefé sur la police sud-africaine et ne savons pas quelle est la conduite à tenir.
Le flic nous annonce 75 euros d’amende, ce qui nous parait assez scandaleux mais nous manquons de repères. L’homme est affable, bonhomme, nous pose des questions sur notre voyage et dévoile enfin ses plans d’un « So, what can you manage ?» assez révélateur.
Il nous propose 50 euros, nous trouvons toujours cela assez cher et proposons 25. Mais nous ne savons pas trop sur quel pied danser puisque nous ne connaissons pas le montant de l’amende officielle. Nous avons peur de proposer un prix trop faible qui l’énerve un peu et de nous retrouver à payer une grosse amende. Devant son empressement à accepter, nous voyons bien cependant que nous avons proposé trop et qu’une dizaine d’euros auraient suffi... après un an de voyage, nous avons le sentiment de nous être fait avoir comme des bleus mais gardons un bon souvenir de cette mésaventure.
Dans n’importe quel autre pays, nous aurions entamé un âpre marchandage car nous étions à la fois sûr d’avoir affaire à de la corruption, et plus au courant du niveau de vie du pays. Ici, c’était une autre affaire.
Nous nous rendrons compte par la suite que ce sont des enragés du contrôle routier, sur cette seule journée, nous aurons traversé deux barrages de routine et cinq ou six radars.
Trouver le petit village de Nature Valley nous aura donné du fil à retordre : nous dormons dans le parc naturel Tsitsikamma et avions peur que la grille d’entrée ne ferme à 18h comme à l’accoutumée. Heureusement elle était ouverte 24/24. Mais la route d’accès principale était fermée pour travaux et nous avons dû faire un grand détour. Nous sommes donc soulagés que le portier trouve bien notre réservation et nous montre un bungalow : on nous a tellement répété qu’il ne fallait pas conduire de nuit dans ce pays que chercher un logement à 7h du soir (nuit noire) nous paraissait une très mauvaise idée.
Après une bonne nuit dans notre petit chalet au milieu des bois, nous partons pour une balade de deux heures dans le parc. C’est un vrai plaisir de sortir de nouveau de la voiture, et nous nous trouvons bien rouillés et fatigués par cette courte marche. Le paysage est splendide et débouche sur l’estuaire de la rivière voisine. Nous avons une vue splendide et revoir de si belles plages complètement sauvages nous rappelle la Nouvelle-Zélande.
Après cette balade nous reprenons la route : aujourd’hui nous parcourons la fameuse Route des Jardins qui longe la côté et serpente entre des lacs, des estuaires, des lagons, des montagnes et l’Océan Indien. Superbe.