samedi 13 octobre 2007

LACIM

Mardi 9 octobre, de nouveau nous partons à la rencontre de nouveaux contacts, toujours transmis pas la fameuse « Michèle » du Consulat de France qui aura été pour nous une véritable mine d’informations et de rencontres passionnantes !

Rencontre avec LACIM mardi matin. Yoro Haimdalla et son collègue (nom incompréhensible) nous reçoivent pour nous éclairer sur les actions de cette ONG : « Les Amis d’un Coin d’Inde et du Monde ». Cette structure très ancienne pour le Mali (datant de 1965) est à l’origine créée en Inde, puis au Mali, et dans quelques autres pays (Niger, Haïti, Bangladesh, etc).

Le but est de créer des jumelages « d’amis » entre des villages Maliens, et des groupes de Français, en général d’une même commune, qui souhaitent venir en aide à des Maliens. Ce partenariat s’inscrit dans la durée puisque les villages sont en général soutenus pendant 10 à 20 ans… Les amis français cotisent 2€ par mois.


Le principe de fonctionnement est simple :

-les villageois sont stimulés par LACIM afin de réfléchir à leurs besoins, les problèmes qui se posent à eux, les solutions envisageables.

-Une fois qu’ils ont fait ce diagnostic, ils sont invités à monter un projet avec l’aide et les conseils de LACIM.

-Enfin, le projet est envoyé en France, et lorsqu’un groupe « d’amis » est trouvé, le projet peut commencer à être mis en œuvre.

Tout est à faire dans ces villages, et comme le disais si bien Yoro, il faut « prioriser »…

Les priorités sont définies comme suit :

Priorité 1 : l’eau -> réalisation de puits

Priorité 2 : l’éducation -> création d’écoles

Priorité 3 : la santé -> création de dispensaires

Priorité 4 : la vie économique -> apprentissage de techniques maraîchères, création de moulins à mil…

D’après LACIM, qui a évidemment connu des échecs dans des villages malhonnêtes ou sous-motivés, les clés de la réussite sont :

-la communication auprès des amis Français. Les villageois sont régulièrement invités à écrire à leurs amis français pour leur décrire leurs conditions de vie, leurs besoins, etc. Les amis français viennent également régulièrement constater sur place l’avancement des projets : des voyages sont organisés au Mali et permettent aux amis français et maliens de se rencontrer.

-la responsabilisation et l’implication des villageois. Les projets doivent être les leurs, il faut qu’ils se les approprient. S’ils ne font que recevoir de quoi construire un puit, ce puit restera « le puit des français » et ils ne l’entretiendront pas correctement. Aussi, les villageois participent physiquement aux travaux de construction, et ils doivent également se cotiser pour apporter entre 5 et 10% du montant du projet.

-le suivi des projets. Les villages reçoivent environ une à deux fois par an la visite des responsables de LACIM qui à chaque fois suscitent le débat pour faire émerger de nouveaux projets (il y en a en moyenne un par an et par village), et répètent les consignes d’hygiène et d’entretien des infrastructures déjà mises en place. Peu à peu, les habitudes changent ainsi et permettent une amélioration durable des conditions de vie dans les villages. Ce suivi de près et les changements d’habitudes nécessaires expliquent que les villages soient suivis pendant de si longues périodes.

LACIM a aidé et suivi une petite centaine de villages au Mali.

La gestion de l’argent venu de France nous a paru particulièrement bien pensée. En effet, l’antenne LACIM au Mali ne gère pas d’argent. Ils sous-traitent cela à un cabinet de comptables. Lorsque de l’argent arrive de France par virement au cabinet, LACIM France sait combien elle a versé et informe les villageois, le cabinet et LACIM Mali. Le cabinet reçois les villageois qui vont eux-mêmes chercher l’argent à deux (le trésorier plus un témoin). Tout le monde possède un reçu qui doit mentionner la même somme, et ce système triangulaire permet d’éviter la plupart des problèmes.

Si un village est malhonnête, LACIM y interrompt ses activités.

Nous sympathisons bien et poursuivons notre conversation en explorant des thèmes plus larges : la politique, le coût élevé de la vie au Mali, les raisons du sous-développement. Nous avons face à nous des gens plutôt bien de gauche (l’un a fait ses études à Cuba !)qui nous expliquent que la colonisation et les multinationales sont responsables des problèmes du Mali…en plus de problèmes comme l’enclavement du pays. Nous nous quittons très bons amis et projetons d’aller ensemble voir un ou deux villages aidés par des amis à notre retour à Bamako.

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