lundi 29 octobre 2007

Le jour le plus long.



Un petit emprunt pour un grand voyage.

Comme dit précédemment, Tombouctou est perdue aux portes du désert, très isolée du reste du pays, elle se mérite (trois jours de bateau pour y aller) et sait faire payer les imprudents qui s’y aventurent. Avant, les Touaregs se chargeaient d’égorger les impudents, aujourd’hui, malgré la rébellion Touareg active au Nord du Mali, les voyageurs souffrent d’une autre façon.

Seuls des 4X4 peuvent emprunter les 400km de piste pour rejoindre la ville et il y en a peu. Très peu. D’ailleurs ils n’ont de 4X4 que l’apparence et l’inscription sur la carrosserie « 4WD ». Ce sont en fait de vieux Land Cruisers délabrés, qui n’ont plus que deux roues motrices sur les 4 pneus lisses, un démarreur à main, une carrosserie cabossée, des amortisseurs rigides, des pare-brises fêlés, et 9 places assises.

Ici, on rentre à 13, et il faut donc se serrer un peu. Nous héritons sur notre banquette de deux mamas africaines TRES bien nourries qui se répandent au sens propre comme au figuré sur nos pauvres petits corps tout compressés. La hanche d’Edith ne devient plus qu’un gros bleu, (l’accoudoir !) sa tête une bosse (le truc là haut pour se tenir dans les chaos…) et j’attrape une crampe au bras pour cantonner nos deux mamas à la place qui leur revient. j‘ai beau pousser, pousser encore, dès que la pression se relâche elles reviennent dans leur position initiale telle une bête boule anti-stress…

Tout cela ne serait pas bien dur pour les 5h de trajet prévus sur la piste, mais le carburateur fait des siennes et notre chauffeur, « Roi du Bricole », après plusieurs tentatives de réparations infructueuses, branche directement son bidon d’essence (5L) rempli en siphonnant le réservoir, sur l’arrivée d’essence (le bidon se trouve donc dans le capot, dans des conditions de sécurité optimales). Et un 4X4 Malien bien réglé consomme 15L aux 100, faites donc le calcul, 30 km d’autonomie maximale, et rebelote, re-siphon, et c’est reparti. (Sur 400 km, cela fait quand même 12 arrêts !).

Pour simplifier Edith a plus de 38 et je me remets à peine de ma fièvre…

N’oublions pas que nous sommes partis à 4h du matin pour prendre le premier bac…

12h après, oui 12h soit un peu plus de 30km/h de moyenne, nous arrivons exténués, fourbus, à deux doigts du craquage complet…

Le soir il nous faut négocier pour partir le lendemain en Pays Dogon… L’hôtel est un repère de voleurs et toutes les chambres abordables sont prises, nous finissons en terrasse, avec le plus petit matelas du monde et une moustiquaire au maillage rappelant celui d’un sac de pommes de terre…

Le pied quoi !

Mais la bonne humeur reprend bien sûr le dessus !

1 commentaire:

Benoit a dit…

Tout cela est bien impressionnant. Il me revient tout de même de laisser une remarque technique sur votre récit: parole de Sud-Africain, 15 litres aux 100 kms est la limite basse de la consommation d'un Land Cruiser (Série 75 ou 79 à en juger par la photo...), qui avoisinne généralement les 20 litres aux 100.