lundi 22 octobre 2007

MOPTI : QUESTIONS SUR LE BUT DE NOTRE VOYAGE

Après Djenné, direction Mopti en taxi-brousse, à 12 dans une 505. Trois heures après (dont une heure de traversée du Niger en bac) nous arrivons à Mopti, la « Venise Malienne ». Une ville au confluent du Niger et du Bani, donc bien alimentée en eau, même si l’appellation précédente nous paraît un peu exagérée !

Dans notre taxi-brousse, nous avons sympathisé avec Ali Cissé, jeune malien adorable parlant extrêmement bien français, qui naturellement nous démontre une fois de plus la qualité de l’hospitalité malienne : il ne veux pas nous quitter avant d’être sûr que nous ayons un endroit correct pour passer la nuit. Après avoir exploré une piste d’hôtel, deux types dont un franchement douteux ( Rasta, l’air shooté et saoul) nous proposent de les suivre chez leur oncle, qui reçoit des touristes routards sur sa terrasse pour arrondir ses fins de mois. Le prix étant intéressant nous les suivons, pas franchement rassurés, mais Fredo et Laurent, et surtout Ali, ont l’air de leur faire confiance. Nous atterrissons dans une maisonnette en banco au fond d’une ruelle aux odeurs nauséabondes. La maison pue elle-même les « cabinets maliens » de façons désagréable, mais exténués, nous décidons de passer la nuit.


Aussitôt « installés » (pas grand-chose à installer pour camper sur une terrasse, mais nous dormons sur une terrasse à part, et avons presque un peu d’intimité malgré les regards des voisins qui dorment eux aussi sur les toits ! ), Abraham Lincoln (le shooté louche) et son oncle essaient de nous vendre un voyage en pinasse de marchandise à destination de Tombouctou. Il est 10h du soir, et nous mourrons de faim. Nos hôtes nous conduisent dans une gargotte de la pire espèce, sur le port, qui se trouve, heureux hasard, à 25m de la fameuse pinasse, pour nous aider à nous décider ! Le port le soir n’est pas l’endroit le mieux fréquenté, et comme nous n’accordons aucune confiance à nos hôtes, un désagréable sentiment d’insécurité naît peu à peu en nous… Laurent et Fredo, insouciants et confiants, habitués semble-t-il à « faire confiance » quoi qu’il arrive, ce en quoi nous divergeons, sont emballés par la pinasse. Sorte de pirogue géante avec un petit toit en toile pour protéger du soleil, les pinasses transportent passagers et marchandises vers Tombouctou en 3 à 4 jours. Le confort est inexistant (on dort sur les sacs de ciment et de riz, collés à ses voisins), mais c’est une expérience franchement malienne… Laurent et Fredo signent immédiatement pour une somme a posteriori exorbitante ! Le départ ayant lieu le lendemain à 10h, nous décidons de ne pas participer à l’expédition.

Cette soirée et ces deux jours en compagnie de Fred et Laurent sont pour nous l’occasion de nous interroger : quel est réellement notre objectif, que cherchons-nous au cours de ce voyage ? Les deux frères ont pour philosophie : « plus nous sommes proches de ce que vivent les maliens, même les plus pauvres, mieux c’est, même si nous devons en souffrir (inconfort, maladie, etc) ». Leur phrase fétiche est : « puisque nous avons-nous aussi deux bras et deux jambes, si les maliens le font, nous le pouvons aussi ». Face à une telle façon de voyager, Guillaume et moi découvrons, pas tellement étonnés, que nous ne sommes pas si « routards » que cela. Un minimum de confort nous convient mieux. Il est vrai que nous voyageons en couple, et ça joue évidemment. Et puis nous sommes tombés sur les deux seuls frères qui vivent par choix dans des camions retapés et aménagés par leurs soins, ce qui leur a permis de vivre un certain nombre d’aventure ! Ils sont donc évidemment accoutumés à peu de confort…

Le plus important pour nous n’est pas de renoncer à tout confort, mais de rencontrer des maliens pour mieux comprendre leur pays et leur mode de vie. Si pour cela un peu d’inconfort est nécessaire par moments, nous nous adapterons, mais ça n’est pas le but du voyage que de manger uniquement dans des gargottes et dormir toujours chez l’habitant.

Notre décision est confirmée le lendemain quand, après une très mauvaise nuit en compagnie des odeurs de toilettes situés sous notre terrasse, nous découvrons que notre hôte n’a pas de douche séparée des toilettes… On se lave dans les fortes odeurs de cabinet à l’aide d’un seau, au dessus du trou trop étroit pour bien viser quand on fait ses besoins… Même avec des tongues aux pieds, c’en est trop pour nous, et nous nous passons de douche !

Nous quittons nos hôtes sans regret, à la recherche d’un hôtel correct. Nous passons la journée à nous reposer, nous balader dans Mopti, lire, écrire des mails, etc… Notre hôtel nous plaît particulièrement car nous négocions comme des fous tous les prix, et ça passe à chaque fois puisque nous sommes les seuls clients ! On s’en donne à cœur joie, et des fous rires nous prennent au moment de négocier la division par deux de la facture de nos repas !

1 commentaire:

Skoni a dit…

J'aime beaucoup la "prise de conscience" de ce que l'on cherche dans un voyage... J'ai connu ça :p