dimanche 15 juin 2008

Angkor

Une journée de 10h de transports nous attend pour rejoindre Siem Reap et la mythique Angkor. Après avoir hésité et tergiversé pendant nos trois mois Indochinois, nous avons finalement réussi à voyager suffisamment rapidement pour nous permettre un aller-retour au Cambodge.

La frontière à Aranyaprathet (côté Thaïlandais) et Poipet (côté Cambodgien) est sans doute la pire que nous ayons vu. Tous les éclopés, mendiants, enfants des rues, et restes de khmers rouges corrompus s’y sont donnés rendez-vous. On assiste éberlué au bal des chariots à bras transportant des ordures à recycler parfois tirés par des enfants de 12 ans.

C’est très dur, le contraste est détonnant.

Après avoir évité les arnaques les plus flagrantes classiques des villes frontières, nous arrivons côté Cambodgien. Les douaniers nous font signe, et nous installent à une table sous un vague auvent au bord de la rue. Comme ils ont un uniforme, nous leur faisons (bêtement) confiance. Plus moyen de se sortir de leur magouille mafieuse : nous sommes obligés de payer nos visas 30$ chacun au lieu des 20$ officiels, et malgré nos réclamations répétées, impossible d’obtenir le moindre reçu évidemment… Guillaume relève en désespoir de cause le numéro d’identification de la plaque du flic. Finalement nous n’en ferons rien.

Nous parvenons à nous dépêtrer tant bien que mal de la nuée de rabatteurs et d’arnaqueurs et partageons un taxi pour Siem Reap avec une Tchèque désespérée qui vient de se faire refouler à la frontière…

Retour de 50 ans en arrière par rapport à la Thaïlande. La piste est ignoble, les villages sales et mal entretenus sont d’aspect misérable, les voitures que nous croisons portent des chargements dignes de l’Afrique…

Nous arrivons à Siem Reap en un temps record qui a failli coûter la vie à un motard passé un peu trop près du taxi. La guesthouse où nous logeons sur les conseils de Lionel et Valérie est charmante, et cette petite ville change agréablement de la bruyante Bangkok.

Au programme des trois prochains jours :

Lever 4h30, petit déjeuner consistant

Départ 5h, à vélo ou en Tuk-tuk pour un marathon de temples tous plus beaux les uns que les autres

Retour entre 11 et 15h, harassés, en nage, mais heureux !

Notre hôte concocte pour les clients de sa guesthouse un programme sympathique qui permet d’éviter les foules, et de voir certains temples « secrets » en étant seuls. Son pouvoir de persuasion est grand puisque effectivement, quasiment tout l’hôtel est levé au milieu de la nuit !

On vous aurait bien fait un résumé de l’histoire de l’empire Khmer mais elle est peu connue.

En très bref, l’empire dure plus ou moins du X au XIVe, s’appuie sur une agriculture prospère grâce à un système d’irrigation efficace et sur de bonnes voies de communication rayonnant autour de la capitale. Les bonnes récoltes de riz et la surabondance de poisson dans le lac Tonle Sap voisin libèrent beaucoup de temps pour la construction de temples et de palais. La plupart sont concentrés à Angkor mais on en retrouve dans le Nord de la Thaïlande et le sud du Laos.

Les roi khmers sont hindouistes (à l’exception notable de leur plus grand bâtisseur Jayavarman VII, bouddhiste) et se voient comme des dieux, conception originaire du sud de l’Inde. Les temples qu’ils bâtissent sont pour la plupart des temples montagnes qui représentent le mont Meru, centre du monde dans la cosmologie hindouiste. Les grands réservoirs entourant les temples représentent l’océan originel qui entoure le mont Meru.

Les deux plus grands bâtisseurs furent Suryavarman II (1113-1152) et Jayavarman VII (1181-1219)

Le premier bâtit Angkor Wat. Dédié à Vishnu dont le roi prétend être une incarnation, c’est le plus grand et le mieux conservé de tous les temples, mais pas forcément le plus beau. Certains bas-reliefs sont tout de même d’une grande finesse.

Le second fit construire Angkor Thom grande cité au sein de laquelle se trouve le Bayon, le temple bouddhique aux mille visages, et les terrasses.

Nous ne listerons pas tous les temples que nous avons vu. Voici quelques photos de nos préférés.

Le Bayon et ses milles visages.

On ne sait pas tellement ce que symbolisaient ces figures tournées vers les quatre points cardinaux. Certains pensent que le roi Javaryaman VII, bâtisseur de ce temple, voulait ainsi affirmer sa toute-puissance sur son immense empire en « ayant des yeux partout ». Mais cette théorie est loin de faire l’unanimité.

La terrasse des éléphants, et la terrasse du roi lépreux avec leurs superbes bas-reliefs.


Les temples « junglesques » : le Ta Nei secret, et le fameux Ta Prohm


Envahis par la jungle, ils laissent admirer la puissance de la nature, et permettent de comprendre rapidement comment des temples peuvent être avalés par la jungle. On se demande vraiment comment ils ne sont pas plus abîmés étant donné ce que les arbres leur font subir ! Lorsque les temples ont été redécouverts, ils étaient pour la plupart absorbés par la jungle. Les archéologues ont laissé quelques arbres et plantes dans ces deux temples mais la plupart ont été enlevés.

Le Banteay Srey


Notre préféré. Tout petit, il est orné des bas-reliefs et des sculptures les plus fines et les plus admirables de tous les temples. A la lumière du matin, seuls avant l’arrivée des cars de touristes, nous y passons un moment magique.

Le Preah Khan

Le préféré de Benoît, un long chemin pour y accéder et des enfilades de couloirs à perte de vue. Un endroit rêvé pour se sentir explorateur.

En résumé, trois jours passionnants, beaucoup de temples qui se voient plus qu’ils ne se décrivent.

Cette ville ancienne est vraiment magnifique, à ne manquer sous aucun prétexte. C’est certainement une des merveilles du monde actuelles!

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