Nous avons beaucoup aimé ce pays finalement, même si les paysages étaient souvent simples, les transports pénibles, et la communication forcément limitée. Nous partons avec un petit pincement au cœur. Une page de plus est tournée.
A Chiang Mai le contraste est saisissant ! Nous avons l’impression d’arriver dans un pays au sommet de la modernité et du développement. Nous nous installons dans une guesthouse (hôtel pas cher) dans laquelle nous avons fixé rendez-vous à Benoît, notre (beau) frère. Il arrive demain !
Il nous faut une fois de plus apprendre à dire bonjour et merci, apprendre le prix de la bouteille d’eau en baht, convertir en euro avec un nouveau taux de change. Mais de plus en plus, pendant la semaine d’arrivée dans un nouveau pays, nous convertissons nos dépenses quotidiennes dans la monnaie du pays précédent. L’euro fait toujours trop dépenser.
Le lendemain nous allons chercher Benoît à l’aéroport. Retrouvailles géniales ! Nous nous efforçons de le tenir éveillé toute la journée pour qu’il absorbe sa nuit blanche et s’habitue au décalage horaire. Très bavard, il nous donne plein de nouvelles de Paris, nos familles, nos amis, etc.
Son sac, en véritable hotte de Père Noël tardif, regorge de merveilles : magazines, bonbons délicieux, confitures fines, saucisson, fromage (qui ont pas mal souffert ;le camembert est très coulant mais mangeable), biscuits, et le top du top, du fois gras et une bouteille de Sauternes !!!
Le soir même nous fêtons donc nos retrouvailles au fois gras sous les regards effarés du propriétaire de l’hôtel, qui refuse poliment de goûter de cet étrange bloc à la couleur indéfinie et qui nous rend hystériques… Nous trinquons à nos parents au Sauternes : un moment vraiment mythique !
Grâce à l’avion qui nous a évité beaucoup de fatigue, nous sommes opérationnels dès le lendemain pour commencer à visiter la ville, célèbre pour ses nombreux temples. Nous en visitons un certain nombre, et nous plongeons dans les explications bienvenues du guide de Benoît.
Nous comprenons grâce à lui la signification symbolique de beaucoup d’éléments.
Malgré des point communs, les temples sont assez différents de ceux que nous avons vu au Laos. Beaucoup sont très anciens (16e siècle), mais notre fascination pour le passé n’atteint pas les Thaïlandais. Selon eux, un temple, pour être beau, doit être recouvert de peinture fraîche tous les deux ans. Ils ont donc tous l’air d’avoir été bâtis deux ans plus tôt. Certaines fresques très belles et anciennes nous impressionnent cependant beaucoup. Nous discutons aussi avec des moines qui parlent un peu anglais.
Ces deux jours de visite sont clôturées par une visite très sympathique et intéressante chez Monsieur Paul, un oncle de Guillaume installé en Thaïlande depuis 25 ans. Il nous apprend qu’en Thaïlande aussi la corruption fait des ravages. Le dernier coup d’état militaire qui a mis les généraux au pouvoir aurait été plus ou moins commandé par le roi lui-même afin de se débarrasser d’un des premiers ministres les plus corrompus de tous les temps, Thaksin, un profiteur sans foi ni loi. Le nouveau gouvernement n’est malheureusement pas mieux.
Le roi Rama IX est quand à lui adoré par ses sujets, et fait l’objet d’un culte de la personnalité dont Mao serait jaloux. Ses photos sont partout, à tout âge. On entend l’hymne national matin et soir dans les rues, et avant les séances de cinéma on a droit à une page de pub honorant le roi, à regarder debout au garde à vous.
Autrefois, le roi était celui dont on ne pouvait pas prononcer le nom. Le crime de lèse majesté est toujours bien d’actualité en Thaïlande, et il est hors de question de se risquer à parler du roi en public. Monsieur Paul n’en parle tranquillement avec nous que parce que nous sommes chez lui. Marcher sur un billet de banque (qui porte l’effigie du roi) est très irrespectueux, et il n’est pas question de manquer de respect aux photos du roi. Il y a quelques années, un suisse saoul a griffonné une de ces photos. Condamné à 20 ans de prison il a été gracié discrètement par le roi après quelques mois. Ce dernier essaie depuis d’éviter les utilisations détournées du crime de lèse majesté.
La monarchie absolue a été abolie en 1932 seulement, et le roi est toujours aujourd’hui chef de l’État et chef des armées. Il signe toutes les lois, et est le garant de l’unité de la Thaïlande. Agé de 80 ans, monté sur le trône en 1950, son règne est le plus long de toute l’histoire siamoise. C’est un homme talentueux, assez artiste, passionné de photo, skipper, joueur et compositeur de jazz. Homme simple, curieux et sensible, il a instauré un nouveau style monarchique privilégiant la proximité avec les sujets les plus démunis du royaume. Malheureusement son fils héritier semble être beaucoup plus quelconque, il est finement surnommé « le buffalo »… Mais chut, nous sommes encore en Thaïlande et voulons éviter les problèmes !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire