Après avoir hésité, nous nous lançons dans un petit article sans prétention sur cette discipline qui marque tant les pays que nous traversons depuis trois mois. Que ceux qui maîtrisent réellement le sujet n’hésite pas à nous faire part de leurs corrections éventuelles et que les autres nous pardonnent si nous manquons de clarté.
On ne peut pas tellement parler du bouddhisme en général tant les courants internes sont différents.
Dans la région Indochinoise, la Birmanie et le Sri Lanka, la forme de bouddhisme pratiquée est celle dite « du petit véhicule » (Theravada). C’est le bouddhisme le plus proche de la doctrine originelle du Bouddha.
« Le grand véhicule » (Mahayana) concerne la Chine, le Japon et la Corée, s’est enrichit d’une dimension plus altruiste et a fait figurer le Buddha historique dans son panthéon de buddhas.
Le « véhicule tantrique » est présent au Tibet et en Mongolie, il est très éloigné de la doctrine originelle et intègre des pratiques magiques et chamaniques.
Chacune de ces formes particulières du Bouddhisme se sont métissées avec les croyances locales. L’absence d’une hiérarchie organisée de la communauté bouddhique a évidemment beaucoup joué dans la multiplication des croyances associées.
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La vie du Bouddha
Bouddha était le prince Siddhartha. Il fut élevé à la cour de Kapilavatsu, un petit royaume sur le versant indien de l’Himalaya, dans la richesse et l’ignorance de la douleur : son père voulait écarter de sa vie tout ce qui pourrait nuire à son bonheur. Mais au cours de quatre sorties à travers la ville, il fut frappé de stupeur et découvrit la douleur : il aperçut de son char un vieillard, un malade, un cadavre et un moine mendiant.
Il décida alors de mener une nouvelle vie. Il quitta la cour, revêtit un vêtement d’écorces et alla passer sept ans auprès des ascètes brahmanes. Il s’infligea des souffrances physiques sévères, mais finit par se rendre compte que la vie de privation et de souffrances était aussi vaine que la vie de plaisirs qu’il avait vécue auparavant.
Quelques temps après, assis au pied d’un figuier, le Bouddha reçut l’illumination. Il eut la révélation de la causalité des réincarnations et de la voie qui permettait d’y échapper. Cette révélation était constituée des quatre vérités saintes (ou quatre nobles vérités) :
1) la douleur universelle
2) l’origine de cette douleur
3) l’anéantissement de la douleur
4) le chemin de cet anéantissement
Bouddha signifie « celui qui est éveillé ».
Le bouddha fut ensuite assailli des tentations du Mara (le diable bouddhique) auxquelles il résista. Il hésitait pourtant toujours à prêcher et à révéler la vérité qu’il avait reçu à d’autres. Il finit par se décider et mit en mouvement la Roue de la Loi. Cette roue est devenue le symbole de la foi bouddhique et du Bouddha lui-même.
Il fit donc une première prédication, le célèbre sermon de Bénarès, qui eut pour résultat la conversion des cinq moines présents au Bouddhisme. Pendant plus de quarante ans, il se consacra à la prédication et le nombre des adeptes augmenta rapidement. A quatre-vingts ans, il mourut et entra en s’élevant degrés par degrés dans le Nirvana.
Né en Inde vers le Ve siècle avant JC, le bouddhisme tel que Bouddha le concevait était athée et beaucoup plus proche d’une philosophie que d’une religion. Les mots de discipline et de spiritualité le qualifient mieux. Bouddha n’est ni un prophète ni un dieu, il est simplement un homme qui grâce à des efforts intellectuels et moraux exceptionnels a percé le sens de la destinée humaine.
L’Inde antique est terrorisée par l’idée de réincarnation éternelle, qui voit l’âme errer à jamais sur la terre. Le bouddhisme, avec le Nirvana, répond à cette problématique de la réincarnation. C’est notamment ce qui explique son rapide développement dans les premiers siècles.
Le karma
L’idée est que tout être parcourt une série d’existences, montantes ou descendantes (de l’animal jusqu’au sage). Notre position sur cette échelle des existences dépend du Karma; elle est le résultat de nos actions dans nos vies antérieures. Les êtres ont pour patrimoine leur Karma :ils en sont les héritiers, les descendants, les vassaux. C’est le Karma qui partage les hommes en supérieurs et en inférieurs.
1) La douleur universelle
Bouddha apprend que toute existence est douloureuse (première des vérités saintes). Cette douleur ne désigne pas simplement les douleurs de l’existence (vieillesse, maladie, mort…) qui comporte aussi des joies, mais c’est l’impermanence de toute chose qui est vraiment douloureuse. En effet, les réincarnations successives supposent la disparition du corps à chaque fois, mais dans le bouddhisme, même l’âme se désagrège. L’idée que l’âme perdure dans des corps différents n’est pas bouddhiste, elle est hindouiste. Pour Bouddha, le moi est une sorte de création momentanée composée de cinq éléments physiques et moraux qui composent l’homme. Il n’y a donc rien de durable ou d’éternel, même l’âme humaine. Tout disparaît. C’est une vision des choses plutôt pessimiste.
Pourtant la loi du karma perdure, c'est-à-dire que quand quelqu’un meurt, les cinq éléments qui le composent se dissolvent, et un nouvel être est formé qui n’a ni le même corps, ni la même âme que le précédent, mais qui dépendra du mort et de ses actions par la loi du karma.
Difficile de faire entrer cette définition dans nos cases occidentales.
2) L’origine de la douleur et son anéantissement
Pour les bouddhistes, le monde phénoménal est irréel. Le monde dans lequel nous vivons n’existe pas vraiment. Aucune chose, pas même l’homme ni son esprit, n’existe par elle-même.
L’existence et les renaissances sont causées par notre soif d’existence, par notre désir de vivre. Si ce désir s’éteint, l’existence s’arrête.
Or, l’existence est douleur. Pour supprimer la douleur, il faut donc supprimer l’existence. L’existence est irréelle, il faut donc supprimer notre soif d’existence qui la crée.
La suppression de la douleur passe par l’anéantissement du désir, le détachement. Il faut renoncer au désir, le bannir.
4) le chemin de l’anéantissement de la douleur
Il faut pour ce faire suivre le « noble sentier octuple » : foi pure, volonté pure, langage pur, action pure, moyens d’existence purs, application pure, mémoire pure, méditation pure.
On peut remplacer le mot « pur » par juste, parfait, complet ou total.
Pour les bouddhistes, le monde dans lequel nous vivons est irréel, et c’est dans la mesure où l’homme en prend conscience qu’il peut atteindre la délivrance. Ainsi la méditation est le meilleur moyen de se délivrer, c’est la vertu suprême du bouddhisme.
L’homme par la méditation pure peut se délivrer peu à peu. Pour parvenir au point de libération, un long cheminement intérieur est nécessaire qui passe par la bonté, la bienveillance pour tous les être vivants. Mais cela ne veut pas dire pour autant que le bouddhisme pousse l’homme à une bonté active et pratique. Puisque le monde n’est pas vraiment réel, la lutte entre le Bien et le Mal dont l’homme serait l’enjeu n’a pas vraiment de sens. L’homme est beaucoup plus tenu de ne pas faire le mal que d’œuvrer pour le bien. Cette approche permet d’atteindre une sérénité admirable, mais frise parfois l’indifférence pour les malheurs d’autrui. De nombreux récits bouddhiques exaltent ainsi l’insensibilité du sage au spectacle de la souffrance : cela prouve qu’il s’est bien détaché et libéré des choses terrestres.
Le Nirvana
Le Nirvana est simplement la fin des réincarnations. Mais le bouddhisme ne tranche aucunement sur ce qu’est réellement le Nirvana : un état de félicité, ou le néant ? Bouddha ne répondra pas vraiment à cette question de ses disciples : il ne sert à rien de savoir ce qu’est exactement le Nirvana, il faut se contenter d’essayer de l’atteindre pour le salut de l’homme.
Pour l’atteindre, la voie à suivre est la voie du juste milieu, en ne se complaisant ni dans une vie de plaisirs ni dans un vie d’ascèse trop sévère inutile.
Il faut un long cheminement intérieur notamment par la méditation afin de réussir à se détacher et à supprimer toute sensation et toute pensée. Certaines dérives sont faciles à imaginer : une impassibilité égoïste qui permettrait d’atteindre le Nirvana de son vivant, en étant parfaitement détaché.
Quelques caractéristiques
Les castes
Bouddha, sans souhaiter abolir le système des castes qui prévalait dans l’Inde antique, ne tient pas compte de la caste de ses disciples lorsqu’il les recrute, du moment qu’ils se conforment aux règles de la vie monastique.
Les moines
Aujourd’hui tout homme bouddhiste est tenu d’être moine au moins trois mois de sa vie. De nombreux jeunes de familles pauvres envoient leur garçon au monastère pour plusieurs années afin qu’ils soient éduqués. Les vœux ne sont en aucun cas définitifs. Certains moines le sont toute leur vie, mais ils peuvent partir quand ils veulent.
Les femmes et les nonnes
Il y a aussi quelques nonnes (qui ont aussi la tête rasée et nue ce qui n’est pas très esthétique) mais Bouddha était très sévère et méfiant envers les femmes. Il les tient clairement pour inférieures et inintéressantes ; elles sont même dangereuses car elles peuvent détourner les moines de leur voie de rédemption. Il a donc instaurée une soumission totale des nonnes envers les moines. Elles n’ont jamais été très nombreuses.
Les laïcs
Les laïcs n’ont pas tellement de place dans la doctrine du Bouddha. Ils sont certes loués pour leur bienfaisance car ils nourrissent les moines mendiants et leurs font des dons, mais leur seule chance de salut est de se réincarner en moine mendiant. Ce vide explique en partie pourquoi certaines croyances populaires traditionnelles se sont mêlées au Bouddhisme.
Les reliques et les images du Bouddha
Les bouddhistes vouent un culte aux reliques du Bouddha.
Les représentations du Bouddha sont apparues quelques temps après la mort du Bouddha, et les premières coïncident avec les conquêtes d’Alexandre jusqu’en Inde. Aussi le Bouddha a-t-il des cheveux bouclés, un profil rectiligne, et un drapé parfait emprunté aux statues grecques. Il est toujours représenté avec quelques attributs particuliers : proéminence sur le haut du crâne, bras démesurément longs qui atteignent les genoux, roue à mille rayons sous la plante des pieds.
Les bouddhistes pratiquent aussi les pèlerinages vers les lieux de la vie du Bouddha.
Quelques Pratiques et coutumes
Il faut toujours se déchausser en entrant dans un temple, et s’asseoir face au Bouddha en repliant bien ses pieds sous soi : si on pointe les pieds vers le Bouddha, l’offense est grande.
Les gens s’agenouillent ou s’assoient, et joignent les mains en s’inclinant jusqu’à terre pour honorer le Bouddha. Ils font des offrandes qu’on peut acheter dans tous les temples : paniers préparés avec lait concentré, PQ, biscuits, bouteilles d’eau, etc…, mais aussi des colliers de fleurs joliment cousus, ou de l’encens.
On peut aussi honorer les 108 vertus bouddhiques en plaçant une pièce de monnaie dans chacun des 108 bols à aumônes les représentant. Des lots de 108 pièces déjà préparés sont en vente à l’entrée du temple.
On peut aussi faire des offrandes aux bouddhas représentant les jours de la semaine qui sont dans des positions particulières chaque jour, en fonction des jours de notre histoire personnelle ou des conseils de l’astrologue.
On peut également acheter des feuilles d’or de 2cm sur 2 et les apposer sur une partie du corps du Bouddha. Cette pratique correspond un peu à nos ex-voto.
D’ailleurs dans les temples il y a souvent des dizaines de Bouddhas sur l’autel, autour d’une grosse statue principale. Les attitudes de Bouddha ont été codifiées selon les épisodes de sa vie. Le plus souvent, en Thaïlande, il est représenté « prenant la terre à témoin de son illumination », mais on peut le voir couché, mettant en mouvement la roue de la loi, en méditation, prêchant, appelant la pluie, etc.
2 commentaires:
Test de la part des parents qui ont du mal a utilisé les commentaires.
Merci Benoit d'avoir fait le facteur avec efficacité
Les pitchouns
re test avec utiliser
Le pitchoun
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