Nous n’avons vu que peu de choses de ce pays traversé en une petite semaine, mais par rapport aux autres pays de la zone, nous avons été très frappés par la pauvreté et la misère ambiante. Pourtant, c’est le Laos qui est censé être le pays le plus pauvre de la région. Mais nous soupçonnons les chiffres d’être faussés par les revenus du tourisme liés à Angkor.
Sans Angkor, le Cambodge serait sans doute bon dernier.
Ce pays est certainement le plus pauvre et le plus misérable que nous ayons vu depuis le Mali. Le Laos est pauvre mais bien tenu, les gens vivent dans la dignité. Ici, tout est sale, mal entretenu, rien ne fonctionne…
Or, le Cambodge est un pays fertile, avec un gros potentiel. Les Khmers n’y ont pas bâti un grand empire par hasard.
La corruption est ici un problème majeur, comme dans toute l’Asie, mais dans des proportions qui semblent atteindre celles de Philippines, à savoir que le pays est tellement corrompu que cela freine terriblement le développement du pays.
Les Cambodgiens sont superbes, nous les élisons peuple le plus beau de toute la zone Indochinoise. Ils ont la peau très mate, beaucoup plus que leurs voisins, et ont des traits extrêmement fins. Les filles portent souvent le sarong traditionnel, et les hommes sont souvent vêtus de Krama (tissus à carreaux traditionnel du Cambodge) qu’ils nouent autour de leur taille pour travailler dans les champs ou se doucher.
Autour d’Angkor, pas un puits, pas un hôpital, pas une restauration de temple, pas un pont qui n’ait été financé par une ONG, un gouvernement étranger, une famille américaine, etc. Les Cambodgiens semblent être totalement assistés, ce qui a des effets désastreux et les enfonce dans le sous développement au lieu de les en tirer. Ce tour du monde nous aura appris au moins une chose : si les gens qui bénéficient d’un don ne participent pas un minimum à la réalisation, ils n’entretiendront jamais la construction (déjà que l’entretien n’est pas leur fort quand ils ont investi de leur poche), ne se l’approprieront pas, et seront incapables de faire face lorsqu’il faudra en reconstruire un au bout de 20 ans. Ils ne pourront que tendre la main à nouveau...
L’histoire du Cambodge est méconnue. Tout le monde a entendu parler du régime de terreur de Pol Pot, le dirigeant Khmer Rouge, qui a provoqué en 4 ans seulement la mort d’environ un tiers de la population Cambodgienne (2 millions sur les 6 millions). La méthode et l’idéal étaient simples : faire du Cambodge un paradis communiste entièrement agricole.
L’industrie, toutes les villes et les infrastructures sont saccagées au nom de la construction d’un nouveau peuple et d’un nouvel homme entièrement dévoué à la collectivité. La monnaie est abolie, les familles séparées et les individus contraints de travailler à un rythme forcené dans des coopératives agricoles. Les intellectuels (au sens large) sont supprimés.
Le résultat d’une telle désorganisation ne s’est pas fait attendre, des famines terribles et la malaria ravagent le pays. Un véritable génocide.
(pictogrammes ornant les toilettes cambodgiennes)
Les Khmers Rouges ont été délogés par les Vietnamiens en 1978, ceux-ci se lassant des incursions des Khmers rouges au-delà de leur frontière. Mais les Khmers Rouges ont conservé la représentation légale du pays à l’ONU pendant encore quelques années
Ce qui est encore moins connu, c’est que les Khmers rouges ont poursuivis la guérilla jusqu’en … 1997 pour tenter de reprendre le pouvoir. Pol Pot est arrêté et emprisonné par ses propres partisans la même année et meurt en 1998.
Les procès qui doivent juger les crimes de l’époque sont toujours en cours, et risquent de ne jamais se terminer avant la mort du dernier Khmer Rouge. De nombreux responsables politiques actuels sont d’ailleurs des Khmers rouges reconvertis.
Bref, on comprend que le pays ait un peu de mal à se remettre sur les rails dans ce contexte…
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