dimanche 15 juin 2008

Volontaires à Bangkok

Après tant de temples et de visites culturelles, nous avons besoin de digérer et de passer à autre chose. Nous contactons donc des volontaires MEP et Point Cœur pour faire un petit tour de leurs actions.

La messe à la paroisse Française nous permet de retrouver Benoît et Hermine de Blanpré, la sœur des expatriés chez qui nous avions séjourné une semaine au Brésil, et chez qui nous regardons la finale de Roland Garros avec plaisir ! Guillaume retrouve une amie volontaire à Bangkok pour Enfants du Mékong, avec qui nous prenons un pot fort sympathique.

Enfin, nous passons une demi-journée avec Cédric à l’école de Samaki dans laquelle il donne en Thaï des cours d’anglais à des enfants surexcités et forts dissipés… Pas évident ! Nous sommes admiratifs.

La méthode, ici comme dans toutes les écoles que nous avons visitées pendant ce voyage, est la répétition en chœur des notions apprises, sans véritablement savoir si les enfants répètent comme des perroquets ou ont réellement compris ce qu’ils disent.

La journée commence en rang par le lever des couleurs, l’hymne national, la récitation du règlement intérieur de l’école, une prière (c’est une école catholique), puis une épuisante séance d’aérobic avec musique à fond. Les mouvements sont suffisamment compliqués pour que nous soyons perdus. C’est un moment très drôle ! Imaginez-nous au centre de toutes les attentions (les blancs attirent, ici comme ailleurs, les regards de tous, dans un étonnement admiratif) gesticulant comme des pantins mal coordonnés sous le soleil brûlant de 8h du matin…

Nous sommes invités à déjeuner par la sœur directrice de l’établissement qui nous reçoit à la Thaï, c'est-à-dire avec faste. Nous sommes un peu gênés mais nous régalons de ce festin imprévu. Elle tente même de nous donner de force une grosse somme d’argent pour nous aider pour notre voyage ! Nous réussissons heureusement à lui rendre sans la froisser. Il est toujours très compliqué de gérer ce genre de situations lorsqu’on est dans une culture aussi différente de la notre. Même à table, nous ne savons pas s’il faut nous asseoir avant la soeur, qui doit se servir en premier. Les Thaï étant très formels, particulièrement le clergé, nous faisons de notre mieux.

D’ailleurs, en Thaïlande, on s’adresse à ses interlocuteurs avec des noms spéciaux selon qu’on les considère comme « supérieurs » ou « inférieurs ». C’est l’âge qui compte avant tout, mais par exemple au restaurant ou dans d’autres situations, des subtilités de hiérarchie se glissent indépendamment de l’âge.

Nous apprenons prudemment à faire le waï, qui est la manière de dire bonjour ici et d’honorer une personne. On joint les mains au niveau du menton, du nez ou même du front en fonction du rang de la personne à laquelle on s’adresse, et on s’incline légèrement. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire, et les subtilités de ce salut sont trop nombreuses pour les comprendre en quelques jours. Nous choisissons donc comme Cédric de waïer assez haut pour ne vexer personne.

Pour notre dernier soir, nous nous rendons au Point Cœur de Bangkok. Pour ceux qui ne connaissent pas, Point Cœur est un mouvement d’Eglise qui regroupe des sœurs, des laïcs consacrés, et des volontaires. Les volontaires sont en missions pour deux ans en moyenne, et ils habitent dans un quartier pauvre ou un bidonville d’une grande ville (Dakar, Bangkok, Buenos Aires, New York…). Leur unique mission est d’être là, de témoigner de l’amour en étant une présence, un lieu d’accueil et de repos pour tous ceux qui passent. Au fil des années, les voisins tissent avec le point cœur des liens d’amitié très forts. Les volontaires rendent ainsi visite régulièrement aux amis du quartier. Beaucoup d’enfants non scolarisés (ou qui devraient aller à l’école mais n’y vont pas à cause de la négligence des parents, ou autre) viennent aussi jouer au point cœur.

Les volontaires s’appuient sur une vie en communauté et de prière très riche, et vivent le plus possible comme leurs voisins. Ils mangent Thaï, parlent Thaï, vivent à la Thaï, ce qui peut vouloir dire faire sa lessive à la main pendant deux ans, manger par terre sur une natte pendant deux ans, ne pas avoir l’air conditionné, faire toujours la cuisine pour 10 au cas où des voisins viendraient dîner, etc…

Les point cœurs sont souvent en contact avec beaucoup d’associations qui oeuvrent dans différents domaines pour répondre à certain des problèmes auxquels sont confrontés leurs amis.

(Aurélie, volontaire Point coeur depuis 2 ans)

Cela peut sembler surhumain ou parfaitement inutile. Nous avons été très étonnés la première fois que nous en avons entendu parler. Notre visite dans ce point cœur nous a enchanté. Dans tous ces pays, dès qu’on est blanc, l’argent et les cadeaux se glissent dans la relation. Le fait que les point cœurs ne donnent jamais d’argent permet d’instaurer des relations d’amitié solides, vraies et durables. Et dans ces quartiers souvent très violents, avec des problèmes de drogue, d’enfants battus, d’abus en tout genre, de familles éclatées, d’enfants en prisons, de pères alcooliques… les point cœurs sont un havre de paix, d’amour et d’écoute qui n’est pas de trop.

(Kashia, volontaire Point Coeur; Cédric, volontaire MEP; Betiana, Point Coeur)

L’ambiance est survoltée, des dizaines de personnes de tous horizons sont là pour la messe en Thaï. Les enfants nous adoptent instantanément, nous leur faisons faire des cabrioles en tout genre. Le dîner est très sympathique et se termine par l’anniversaire d’une des filles handicapée du quartier qui vient au point cœur presque tous les jours. Nous improvisons quelques chansons à la guitare et finissons par un « siffler sur la colline » endiablé et mémorable. Un belle dernière soirée !

Noémie (la 4e et dernière du Point Coeur) et nous


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Passionnant comme récit !
Bonne continuation :)

Alexis, en direct de la rue de Surène

Unknown a dit…

Voilà qui est réjouissant ...
Les points Coeur m'avaient fait la même impression au Chili : de la gratuité et de la joie !
Bonne suite de voyage,
A bientot,
Amélie