mardi 24 juin 2008

Agra


Le 3e jour, départ à 6h du matin pour attraper un train en direction d’Agra. Nous avons fait grève et laissons les deux autres aller chercher le troisième de la bande, Vianney, qui arrive de Paris par l’avion de 7h. Ils nous rejoindront en train, mais sans réservation, et passerons donc le voyage à suer, assis sur leurs sacs, compressés sous des foules d’indiens hilares… Pour notre part, nous arrivons comme prévu à Agra en trois heures seulement, et, confort suprême, notre hôtel nous a envoyé un rickshaw qui nous attend avec un joli panneau « Varrieus ».

Pour changer, le quartier où nous logeons est populaire et sale, les égouts ne sont pas couverts et coulent le long des trottoirs. De plus, un festival hindou se déroule ce jour là ce qui nous donne la joie d’avoir des hauts parleurs hurlant des chansons juste devant notre hôtel.

En revanche, nous avons une vue imprenable sur le Taj Mahal tout proche depuis la terrasse restaurant de notre hôtel !

Après avoir déjeuné en admirant le bijou d’Agra, nous visitons le Fort Rouge qui bat largement celui de Delhi en beauté. Nous sommes absolument conquis par ce style raffiné et équilibré mêlant là aussi le marbre blanc au grès rouge!

Les trois aventuriers finissent par arriver vers 17h, exténués mais ravis de leur expérience typiquement indienne. Seul hic : British Airways a perdu le sac de Vianney. Pour parachever une première journée en Inde dont il se souviendra, en se déshabillant pour se coucher, Vianney se prend la main dans le ventilateur, ce qui arrête net l’engin. Il a tous les doigts bien écorchés et une petite foulure en prime !

Le lendemain, nous sommes cependant tous frais et dispos à 5h30 pour petit déjeuner avec vue sur le Taj… Finalement, l’hôtel ne sert pas à cette heure-ci, et nous devons nous contenter de biscuits Good Day qui rappellent de bons souvenirs à Guillaume. L’accès au Taj se fait pas une ruelle étroite et jonchée d’ordures, couverte de dormeurs allongés sur les tables des stands du fameux festival de la veille. A 6h du matin, c’est dur, très dur, d’autant que l’odeur y est aussi.

Mais nous sommes présents à l’ouverture du Taj, et pouvons profiter de la vue mythique en nous sentant presque seuls. Le soleil se lève et caresse le monument de sa lumière dorée. C’est féerique ! Nous passons trois heures à contempler le monument, nous en imprégner de tous les côtés, et faire évidemment une multitude de photos.

Un certain nombre de monuments ou de paysages mythiques sont finalement un peu décevants lorsqu’on les voit pour de vrai. Concernant le Taj Mahal, il n’en est rien, nous sommes époustouflés par la pureté, l’équilibre et la finesse qui se dégagent de ce monument finalement assez imposant. Il n’est pas mondialement connu pour rien !

C’est à n’en pas douter le plus beau monument étranger que nous ayons vu.

Pour la petite histoire, le Taj Mahal a été construit par Shah Jahan, un empereur Moghol, pour abriter le corps de sa deuxième épouse, Mumatz Mahal, dont il était éperdument amoureux. Enfermé à la fin de sa vie par son fils Aurangzeb au Fort Rouge (c’était presque une habitude chez les Moghols pour les fils de s’entretuer, puis d’enfermer leur père pour prendre le pouvoir), il pouvait voir depuis sa prison dorée le tombeau de sa bien aimée.

Notre deuxième jour à Agra nous permet d’admirer le Mausolée d’Akbar, un des plus grands empereurs Moghols qui a régné de 1556 à 1605, étendant et consolidant l’empire. En dirigeant sage, il comprit que les Hindous étaient trop nombreux pour être soumis, et il s’entoura de conseillers hindous pour mieux les intégrer à son empire.

Le Mausolée nous déçoit un peu comparé aux merveilles des deux jours précédents, car il est moins travaillé. Mais le beau jardin peuplé de paons magnifiques, de gazelles et de singes acrobates nous enchante.

Il est temps de rentrer à Delhi, notre avion pour Leh partant à 5h du matin… Nous rencontrons au déjeuner un volontaire Français, Julien, qui s’accorde une semaine de vacances au milieu de sa mission. Celui-ci nous conseille de prendre le bus plutôt que le train, conseil que nous suivons pour notre plus grand malheur. Censé durer 4h à 5h maximum, nous mettrons plus de 7h à parcourir les 200km qui nous séparent de Delhi. Des encombrements nous bloquent pendant 1h30 dans Agra, nous faisons des pauses inutiles et éternelles sur des aires de repos infâmes aux toilettes inoubliables. De plus Geo est malade et le moral est en baisse. Au bout de 6h de bus, au bord du pétage de plombs, nous entonnons des chants scouts pour nous donner du courage. Et ça marche ! Les indiens sont éberlués, tout le bus est tourné vers nous pour profiter du spectacle, mais nous nous en donnons à cœur joie !

(Porte d'entrée du Taj)

L’Arrivée à Delhi est rude, nous devons encore passer récupérer le sac de Vianney. Vu l’heure tardive, nous décidons de dormir à l’aéroport. Une fois de plus, un policier borné comme seuls les indiens savent en former nous interdit de rentrer dans le terminal avant minuit car notre avion est le lendemain… Nous commençons à être habitués, et prenons notre mal en patience.

La nuit est courte, et troublée pour Guillaume par un indien d’un sans gêne tout asiatique, qui, ne trouvant pas de place assise, est allé trouvé un policier en renfort. Ce dernier somme Guillaume de se décaler, et mon mari de 1,93m de long se retrouve à dormir sur seulement deux sièges. Inutile de préciser que quantités d’autres sièges étaient libres un peu plus loin dans le terminal… Mais dada épuisé n’a pas eu la force de se révolter.

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