Nous avons négocié une marche de trois jours et deux nuits avec notre guide, Nouh, dans le pays Dogon. Cette ethnie est célèbre pour son habitat : au XVIe siècle, craignant les envahisseurs venant du Burkina Faso, ils se réfugient dans une falaise qui balafre la plaine sur près de 100 kms. Ils cultivent des champs dans la plaine et font des cultures maraîchères sur le plateau. Ils sont tous descendus de la falaise il y a une quarantaine d’années et vivent maintenant au pied.
Un certain nombre d’entre eux sont animistes ce qui donne lieu à des cérémonies étonnantes à grand renfort de masques, de danses et de sorciers. Ces cérémonies n’ont lieu que rarement (la plus rare tous les 60 ans) et chacune a son masque emblème. Aujourd’hui, le tourisme a rendu tout cela un peu commercial, les touristes peuvent payer une grosse somme et voir la reproduction d’une cérémonie désacralisée.
Les villages sont bien préservés, tous construits intégralement en banco avec de jolis petits greniers à chapeaux pointus. Les anciennes habitations accrochées à la falaise, à moitié troglodytes pour certaines, sont très impressionnantes. Certaines semblent vraiment inaccessibles, on se demande ce qui leur a pris de s’installer là !
Nous marchons entre 8 et 12 km par jour… Ca vous paraît ridicule avec vos 15° et la pluie qui tombe en France… mais sous 35° en plein soleil, et dans le sable, c’est une autre paire de manche ! Le premier jour nous descendons du plateau vers la plaine. La falaise est très belle et offre de superbes paysages. Les photos rendent mal la profondeur du panorama, mais c’était vraiment impressionnant !
Nous dormons dans un petit village au pied de la falaise, et repartons le lendemain en longeant le pied de la falaise en direction d’autres villages. La campagne est très densément habitée par rapport à chez nous, et nous croisons des maisons et des gens tout le temps, d’autant plus que c’est la récolte du mil. La marche dans le sable est fatigante, et la poussière dans ce pays impressionnante : nous buvons en permanence notre eau « falsifiée » comme dirait Nouh, notre guide (ça veut dire Aquatabsé), d’une délicieuse température de 35°, mais la bouche reste toujours sèche ! Les beaux paysages et les villages que nous croisons nous récompensent de nos efforts, et c’est quand même génial de marcher et d’avoir le temps de regarder les gens, les saluer, aller à un rythme qui permet de s’imprégner des lieux, bien plus que la voiture.
Nous sentons que l’ambiance est cependant faussée par le trop grand nombre de touristes. Tous les enfants, et même les adultes, nous réclament argent, cadeaux, bics et noix de Kola.
Ces villages Dogons permettent de découvrir le mode de vie des paysans dans des contrées reculées. C’est vraiment dur ! Ils sont très pauvres, malgré la manne touristique ; tous les villages n’ont pas d’école et de dispensaires. Ils ne mangent que du mil, trois fois par jour. Dans la plaine, il n’y a pas assez d’eau pour faire du maraîchage, et donc ils ont peu de crudités. Vous imaginez les carences quand on mange le matin du Tô de mil, à midi de la bouillie de mil, et le soir de la crème de mil. Edith a goûté la crème, censée être le meilleur des trois… Dégueu ! Nous croisons beaucoup d’enfants maigrelets à gros ventres.
1 commentaire:
Hyper drole,,il y a eu un reportage en non stop sur BFM TV ce week-end sur le Pays dogon, où ils racontaient toute leur vie, l'esprit animiste, le jeu d'échec "lawalé", l'enterrement des morts dans les falaises, etc. et la grande fete du pays qui aura lieu en 2027... et vs y etiez! :-)
geoffroy
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