Nous prenons la route et nous arrêtons à Motueka, quelques kilomètres plus loin ; nous sommes à peu près en forme, et mettons à exécution ce que nous planifions depuis notre arrivée pour rencontrer des Néo-Zélandais : le porte à porte. Nous essayons donc d’aller toquer chez des fermiers pour leur demander l’autorisation de planter notre tente dans leur jardin. Après un échec, alors que nous venons de nous arrêter devant une maison, prêts à aller sonner à la porte, le propriétaire, qui nous suit à vélo depuis 800m nous demande si nous ne serions pas perdus… Il accepte tout de suite de nous héberger, et nous propose en fait une chambre ! Ravis de ce coup de chance, nous regardons un match de rugby avec lui après avoir été nous approvisionner en bière (et oui, on est bien au pays des All Blacks, ils sont fans de rugby à un point qui dépasse l’entendement) . Il nous explique en fait employer régulièrement de jeunes volontaires dans sa ferme bio pour accomplir de simples travaux en échange du vivre et du couvert. Ce système, dont nous avions déjà entendu parler en Argentine, s’appelle le WOOFING. Notre hôte est un peu ours mais néanmoins très sympathique.
Le lendemain matin, alors que nous dormions profondément, il cogne à notre porte avec autorité à 7h30 du matin ! « Get up !! » Interloqués, nous sommes pris d’un doute : voudrait-il nous faire travailler ?? Pour nous le contrat n’était pas celui-là. Nous nous levons perplexes, ne sachant pas à quelle sauce nous allons être mangés, et nos doutes se dissipent rapidement : il doit faire un tour en ville vers 9h, et nous devons donc quitter les lieux. En partant, nous lui demandons l’horaire de la messe catholique, qu’il nous donne en nous répondant souriant que nous nous y retrouverons… Autre coup de chance, les messes à 9h chez nous, ça n’existe plus, et nous y serions allés trop tard !
Nous réservons ensuite un tour en kayak pour explorer le nord du fameux parc national Abel Tasman dans lequel nous avons hésité à faire un trek de trois jours. Comme il regorge de monde, tout est très réglementé et doit être réservé à l’avance. Ce manque de liberté, surtout en considérant le temps très changeant dans la région, ne nous convient pas, en plus de notre flemme de marcher plusieurs jours de suite.
Nous partons donc nous promener une demie journée dans une partie du parc moins peuplée, et accessible en voiture. De superbes plages, de petites criques magnifiques et des rainforest (sorte de jungle moins denses qu’au Brésil avec beaucoup de fougères arborescentes et des lianes) nous attendent. Splendide ! Nous devinons même d’énormes raies dans l’eau transparente dans laquelle nous nous baignons. Elles se déplacent à une vitesse insoupçonnée, et nous font d’abord sortir de l’eau en courant avant que nous identifions finalement ce que peuvent être ces grosses taches noires qui bougent au fond de l’eau…
Suite à des réclamations de plusieurs d’entre vous, nous sommes obligés de prévenir officiellement nos chers lecteurs : les photos suivantes risquent de vous faire enrager, mais notre intention n’est pas du tout celle-ci.
Par exemple ce palmier au bord de l’eau turquoise n’est pas un palmier, c’est une fougère arborescente, donc vous voyez bien qu’on ne veut pas vous dégoûter… Pour vous consoler, sachez que l’eau était plutôt fraîche.
Après cette superbe mais longue promenade (6h en une après-midi, c’est relativement sportif), nous sommes exténués, mais repartons dès le lendemain pour explorer une autre partie de ce même parc en kayak de mer. A nouveau, les plages et les paysages sont superbes et se passent de commentaires. Ti’Marsu est bien sûr de la partie.
Au bout de quinze jours en Nouvelle-Zélande, quelques petites choses sont assez visibles.
Tout d’abord les liens qui perdurent avec l’Angleterre, ce n’est pas pour rien qu’Elizabeth figure sur les dollars Néo-Zélandais: Indépendants depuis 1947, il n'en reste pas moins une monarchie parlementaire avec pour souveraine la même Elisabeth II. Nos connaissances en droit sont trop limitées pour démêler ce casse-tête, mais si l'un d'entre vous peut nous l'expliquer, nous sommes preneurs! L’Angleterre a été quasiment le seul partenaire commercial du pays jusqu’en 1980 et cela se retrouve par exemple dans les rayons des supermarchés. Le lait est frais, pas UHT, impossible de trouver autre chose que du Cheddar, le Porridge et le Bacon sont de mise le matin… Et on trouve des Corned beefs et des peas à tous les coins de rayon. Sans oublier les Fish and Chips.
Ils ont hérité de nos amis d’Outre manche un certain puritanisme, les pubs fermaient à 6p.m jusqu’en 1967, le prix de l’alcool est prohibitif et les fermiers qui laissaient leurs taureaux monter les vaches dans les prés bordant les routes étaient passibles de dures poursuites jusqu’en 1950…
Les enfants Néo-Zélandais apprenaient plutôt l’histoire d’Angleterre que leur propre histoire.
Ce n’est qu’à partir de 1984 que la Nouvelle-Zélande a vu naître un vrai sentiment national et s’est quelque peu différenciée de l’Angleterre. Parmi beaucoup d’éléments (nouveau gouvernement, manifestations monstres anti-apartheid lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande de l’équipe de rugby Sud-Africaine, Politique de réconciliation avec les Maoris) la politique anti-nucléaire et l’affaire du Rainbow Warrior tient une place importante. Ils n’ont pas vraiment digéré le fait que la France se permette d’agir sur leur territoire national comme elle l’aurait fait dans un No man’s land (ils utilisent le terme d’outrage international). C’est de plus l’évènement qui a permis au monde entier de pouvoir désormais placer sur la carte la Nouvelle Zélande. Pour vous donner une idée de l’importance de l’événement, ils ont célébré le 20e anniversaire en 2005…
Pour ceux que cela intéresse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Rainbow_Warrior
Au fait, ils sont 4 millions dans un pays qui fait la moitié de la France et 40 millions de moutons.
Les Maoris constituent presque 15% de la population et un grand nombre de panneaux ou de publicités sont écrites également en maori. Si des guerres assez violentes ont eu lieu entre les colons et les maoris, ils n’ont pas tenté d’éliminer ces derniers comme cela a pu être le cas en Argentine ou aux États-Unis. Mais l’influence des Maoris se fait paraît-il plus sentir dans l’île nord que nous n’avons pas visitée.
Leur accent est tellement incompréhensible que parfois nous nous demandons si nous parlons réellement anglais ! Exemple : Turn next lift (ils prononcent les « e » i) = tournez à la prochaine à gauche, et non pas, prenez derrière l’ascenseur… Ils sont néanmoins très cordiaux, liants et chaleureux plus à la manière américaine que british pour le coup.
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