samedi 16 février 2008

Malborough Wine region



Nous quittons Kaikoura pour le Nord et la région de Malborough. Nous comptons visiter cette région vinicole et les fiords du nord.

Nous essayons alors notre premier camping du DOC (Department of Conservation) qui met à disposition des campeurs des infrastructures rustiques pour des sommes modiques dans des lieux idylliques. Whites Bay en fait partie et c’est une excellent base pour visiter les caves.

Nous partons donc le lendemain, les papilles en alerte, goûter les différents cépages de la région. Le Sauvignon blanc y est, paraît-il, délicieux.

Première cave, premier sujet d’étonnement. Ici le vin est une boisson, pas un nectar sacré. Les gens vont droit au but. La plupart goûtent les six ou dix vins présentés en 10mn et s’en vont sans demander leur reste.

Le « Château » s’apparente plus à un très gros hangar avec un toit en tôle ondulée, et la personne qui vous reçoit est en t-shirt et jean, dans une salle soit sans intérêt, soit qui se veut « historical » et donc intégralement en faux-vieux de goût médiocre.


Nous goûtons. Sauvignon blanc, Chardonnay, Riesling, Pinot Noir. Nous sommes un peu étonnés, les vins du Nouveau monde ont belle presse, nous avons découverts des trésors argentins, et nous tombons sur des vins que nous qualifions juste d’honnêtes parfois même d’un peu justes voire franchement limites, (dans notre grande ignorance il est vrai, mais les goûts et les couleurs…). Comme les bouteilles coûtent entre 10 et 30€ chacune, nous cherchons à savoir pourquoi nous voyons un tel décalage entre le prix et la qualité du vin.

Les explications du vendeur sont franches et pragmatiques : « because people buy it ! ». Il nous explique sans complexes que le vin dans les Malborough est une « cash machine » : après quatre ans, les premiers raisins de la toute jeune vigne sont récoltés, et quatre mois après les vendanges, le sauvignon blanc est en vente… Pour lui, le vin en France ne coûte vraiment rien ! L’investissement réalisé pour acheter les parcelles est rapidement rentabilisé, et comme la demande est forte, les prix sont élevés. Nous en restons cois, tant le discours est loin du « terroir », de la « tradition familiale » vendus en France par les producteurs de vin. Ici, on fait du business. D’ailleurs cette propriété, l’une des plus anciennes de la région (1978) appartient à LVMH.

Ceci-dit, nos connaissances en matière de vin sont plutôt limitées, spécialement dans les blancs, et nous avons peut-être sous-estimé la qualité des vins que nous avons goûté. En tout cas, nous pouvons dire avec certitude que le palais des Néo-Zélandais semble différer de celui des Français.

C’est ce que nous confirme par ailleurs une française travaillant dans la propriété Néo-Zélandaise d’un couple de Français qui fait également du vin dans la vallée de la Loire. Elle refuse de dire franchement que le rapport qualité prix du vin Néo-Zélandais est inférieur à celui des vins français, mais nous comprenons qu’elle n’en pense pas moins… Pendant que nous poussons de hauts cris devant les confitures Bonne Maman, les terrines et les Cabecou en vente dans ce vineyard légèrement « frenchy », elle complète les explications relatives au prix : l’alcool est très fortement taxé en Nouvelle-Zélande, et les coûts de production élevés (notamment les matières sèches = bouteilles et bouchons).

Nous trouvons en tout cas cette activité fort agréable, reposante et instructive, et nous promettons de recommencer dans d’autres régions vinicoles de Nouvelle-Zélande, pour voir si nous ne nous serions pas trompés…

Aucun commentaire: