Jusqu’e 1985, cette chaîne était quasiment inaccessible pour le grand public : la première localité était à plus de 100km, sans services de bus. En 1985 a été fondée El Chalten, ville poussiéreuse qui dégage deux impressions assez contrastées.
C’est une ville de pionniers telle qu’on se la représente dans notre imaginaire, tout est en construction, un certain nombre d’habitants dorment dans une tente à côté de la maison qu’ils sont en train de se faire construire avec des matériaux de récupération. Le nombre de chiens errants est impressionnant et, anecdote significative, la prise d’eau alimentant la ville étant dimensionnée pour une cinquantaine de maisons, il y a des coupures d’eau très fréquentes alors que des rios d’eau potable entourent la ville. Mais cette ville perd un peu son aspect de bout du monde à cause du très grand nombre de touristes qui y transitent, des campeurs aux adeptes des hôtels 5 étoiles.
Après avoir remplis nos sacs de pâtes, de soupes et de céréales (flocons d’avoine particulièrement appréciés par Guillaume) au micromarché du coin, nous nous élançons à la conquête des glaciers. Nous découvrons des lacs au pied de glaciers somptueux où flottent des icebergs, morceaux de glaces détachés du glacier. Les rios qui s’écoulent de ces lacs sont donc potables et glacés (1 ou 2° : glace tout juste fondue…). On éprouve un plaisir indicible à plonger la main dans le rio et boire directement l’eau pure. Adieu aquatabs et micropurs !
Notre tente est parfaite, les campings ici disposent rarement d’une vue superbe, mais en contrepartie ils sont bien abrités du vent, ce qui, en Patagonie, est le seul gage de survie en camping. La première nuit nous nous faisons grignoter quelques biscuits qui passaient la nuit sous le auvent par des souris téméraires. Le lendemain nous avons donc compris les précautions à prendre : tout suspendre dans des sacs plastiques accrochés aux arbres.
Nos journées de marche sont courtes, conformément à notre état de fatigue, et à notre goût pour la randonnée (nous ne sommes pas des montagnards de l’extrême) : 4 ou 5h de marche par jour nous vont très bien !
Nous découvrons encore d’autres glaciers, des lacs de montagne toujours plus spectaculaires, au pied de montagnes toujours plus splendides. Les photos suivantes n’ont pas du tout été trafiquées !
Comme nous sommes devenus amis avec un apprenti guardaparque volontaire débarqué du Québec, il nous donne quelques tuyaux. Ceci nous permet d’emprunter quelques itinéraires un peu moins fréquentés, non indiqués sur la carte donnée aux touristes par les gardes forestiers.
Nous pouvons ainsi découvrir seuls la Laguna Sucia, après avoir franchi pieds nus un rio glacé (1° sur des pieds nus c’est vraiment terriblement paralysant et douloureux), et escaladé de gros blocs de granit en guise de chemin. Les seules balises étaient de petits tas de pierres.
La laguna de los Tres au pied du Fitz Roy, est vraiment une des plus belles malgré le monde.
Nous campons près d’allemands sympathiques qui font un tour en Amérique du sud pendant 6 mois avec leur fille de deux ans et demi trop mignonne.
Finalement, au bout de quatre jours nous décidons de rentrer à El Chalten, fatigués par nos mauvaises nuits sous tente : nos mini matelas mousse sont vraiment nuls !
En arrivant à El Chalten, ville minuscule où la demande de logement dépasse l’offre, notre bonne étoile veille sur nous à nouveau : nous trouvons par miracle deux places dans un dortoir d’auberge de jeunesse. C’est quand même mieux que de passer la nuit sous la tente, alors que je viens de réaliser que l’eau potable des rios du parc n’était pas si potable que cela pour moi. Guillaume est heureusement aux petits soins !
Nous rencontrons une fois de plus de vrais aventuriers, ceux là ont décidé de faire Buenos Aires - Ushuaia et retour en moto et repartent par la fameuse route 40. Un bémol cependant, ils ronflent comme des bienheureux.
Après un avoir pris plusieurs avis sur Torres del Paine, le fameux parc chilien, nous nous félicitons de notre choix, les paysages y sont paraît-il semblables mais les sentiers sont bondés et tout est payant. Du camping au transfert en bus.
Le lendemain, départ en bus pour El Calafate, pour voir le Perito Moreno, le fameux glacier.
5 commentaires:
Amazing! Sadly I do not speak French... but your pictures are very amazing!
Alors moi je comprends le français mais ça me fait le même effet que le commentaire ci-dessus : vous vendez du rêve !!
bisou
LN pôch
plus je les ragarde, plus je trouve que ces photos sont folles !
Je suis sans voix.... Vous me donnez plein d'idées c'est génial!
tout à fait d'accord avec les lecteurs du dessus!
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