dimanche 3 février 2008

Le Perito Moreno

Grâce à la rencontre de trois français la veille à El Chalten, nous pouvons louer une voiture pour aller voir le Perito Moreno sans passer par une agence, et ainsi éviter l’heure de pointe… Le glacier est en effet à 80km de la ville, et aucun transport n’est prévu.

Nathaniel et Gaëlle en tour du monde d’un an et demi, et Valérie en voyage pour quelques mois en Amérique du sud sont donc nos compagnons de route pour la journée. Nous arrivons devant le glacier vers 17h30. A 19h, tous les touristes en agences de voyages sont partis, nous sommes quasiment seuls, et comme la nuit ne tombe pas avant 23h30… nous avons le temps !

Le spectacle est magnifique : le glacier, immense (60m de haut, 5km de large, 30km de long), baigne à l’extrémité dans un lac splendide bleu laiteux. Toutes les 20min environ, d’énormes blocs se détachent de la paroi et tombent dans le lac, avec un bruit d’explosion, provoquant d’immenses vagues qui viennent déposer des icebergs le long des rives. Nous sommes à 500 ou 800m du glacier au plus proche, et les blocs, qui paraissent parfois minuscules à cette distance, provoquent un bruit démesuré. C’est vraiment très impressionnant. En permanence, (lorsque les autres touristes sont partis et que le silence se fait), le glacier craque et gronde avec un bruit de tonnerre lointain. On a vraiment le sentiment d’être face à un monstre endormi.

Ce glacier est particulièrement actif car il butte sur une bande de terre, et sépare ainsi le lac en deux parties. La glace fond, et le niveau de l’eau augmente dans une des deux parties du lac plus que dans l’autre, ce qui crée une pression grandissante à l’avant du glacier. Quand la pression est trop forte, la glace explose, libérant le passage afin que le lac soit réunifié. Ce phénomène, « la rupture », se produit environ tous les quatre ans.

Après avoir passé trois heures à contempler le glacier et à voir les blocs tomber, nous décidons (comme de bons français indisciplinés) d’emprunter la passerelle interdite, une passerelle actuellement en construction. Il y a seulement quelques années, on visitait le Perito Moreno en empruntant des sentiers dans la forêt, mais après le trop grand nombre de morts (certaines personnes, inconscientes, s’approchaient beaucoup trop du glacier) ils ont fermé les sentiers et sont en train de les remplacer par des passerelles.

Arrivés en bas de cette passerelle en travaux, qui nous a permis de voir tout un autre côté du glacier, nous franchissons le muret et suivons un sentier qui descend vers le glacier. Nous arrivons tout au bord du glacier, sur des rochers au pied du monstre. Si nous voulons, nous pouvons aller toucher la glace ! Pas fous, nous restons à une distance raisonnable, et passons à nouveau trois heures à contempler la glace. Si près, l’impression de puissance du glacier est encore plus prégnante. Lorsque de gros blocs tombent juste devant nous, le bruit est tel qu’il nous glace le sang, et il est difficile de ne pas s’éloigner en courant par réflexe !

La lumière changeante fait ressortir à la nuit le bleu profond des nombreuses failles que l’on peut voir.

Journée inoubliable qui se termine comme il se doit par un très bon resto autour d’un bon vin…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

salut les voyageur du bout du monde...
c'est toujours un plaisir de vous lire... on vous sent tellement déconnecté de tout ce qu'on peut vivre ici!!!
les photos sont vraiment magnifique... ça me donne envie d'y aller faire un petit tour...
on pense à vous très fort et on vous embrasse
oréli et alex