samedi 22 mars 2008

Aninuan ou la plage paradisiaque...

(Avant tout, la vue de notre chambre...)

Finalement, le jeudi matin, nous partons enfin, sans qu’aucun nouvel obstacle nous retienne à Manille. Nous n’osons y croire, car comme dit le dicton, jamais deux sans trois… Mais non, après trois heures de bus, nous arrivons à Batangas, où nous nous embarquons sur un des bateaux de la région, équipé de flotteurs de chaque côté pour stabiliser l’embarcation.

Les prix ont augmenté de 50% depuis notre version pourtant récente du Lonely planet, et la mairie de Puerto Galera, le port d’arrivée, a décidé de faire payer un droit d’entrée. Comme le maire de la ville est réputé pour être un des plus corrompus des Philippines, nous sommes ravis de payer cette taxe ! Le retour de l’octroi…

Arrivés à Puerto Galera, le bateau censé nous emmener jusqu’à White Beach rencontre un problème de moteur. Heureusement, notre compagnie affrète instantanément un free shuttle , c'est-à-dire une jeepney où nous devons nous compresser comme jamais, avec nos gros sacs, pour arriver jusqu’à White Beach.

Ajoutons que les Philippins ont la bonne habitude de s’asseoir en commençant par les places les plus proches de la sortie, afin que les suivants puissent s’exercer à escalader les premiers pour atteindre les places libres au fond du véhicule. Avec des gros sacs, cet exercice est particulièrement physique !

Arrivés à White Beach, Guillaume part courageusement en quête d’un hôtel. Ici, Pâques se fête en famille, de préférence à la plage, mais on préfère le célébrer par anticipation. La semaine sainte est donc un pic au milieu de la haute saison. Les prix triplent…

Après une heure de recherches, il trouve l’endroit de rêve où nous nous installons : un beach resort, autrement dit hôtel restaurant bar donnant sur la plage avec des bungalows ou des chambres. Nous avons une chambre au 4e étage d’une barre d’immeuble assez bien camouflée par les cocotiers et qui ne gâche en rien la plage. Air-con, jolie décoration, salle de bain propre avec eau chaude, télé et frigo : le rêve ! Des parasols en chaume abritent des transats sur la plage, et de mignonnes petites cabanes permettent de dîner en tête à tête…

La semaine suivante se passe donc en nuits de 10 à 12h de sommeil, réveil à 8h pour profiter de la fraîcheur, balades sur la plage, lecture, baignade, apéros et bons repas. Nous débordons d’activités, et cela fait du bien ! Nous pensions saturer au bout de trois jours de ce rythme ultra-cool, mais nous avions sous-estimé notre état de fatigue. Après six jours, ce rythme nous convenait toujours bien !


Un matin, nous nous fondons dans un groupe d’américains pour aller faire du snorkelling, c'est-à-dire plonger avec masque et tuba. Le bateau nous emmène dans un petit récif de corail où les poissons abondent. Nous sommes époustouflés, c’est vraiment comme dans les documentaires animaliers. Les poissons sont multicolores, jaunes, bleus avec des reflets verts, noirs et blancs rayés. Nous découvrons des étoiles de mer gigantesques orangées ou bleues électriques, et des oursins impressionnants aux épines de 15 à 20 cm de long !

Notre plage est à 5min à pied de White Beach par la pointe rocailleuse qui sépare les deux plages. Le contraste est saisissant : White Beach est le paradis des cinquantenaires accompagnées de leur petite Filipina, qui boivent des cocktails dès quatre heures de l’après-midi après s’être fait faire un nouveau tatouage et avoir reçu leur massage quotidien en écoutant Bob Marley… La musique à fond est là règle ici, c’est normal, c’est Holy Week ! Les familles de riches Filipinos aiment venir passer la semaine sainte ici. On peut d’ailleurs faire du parachute ascensionnel, du banana boat, de la plongée sous-marine, etc…

Notre plage est heureusement exceptionnellement vide et calme comparée à White Beach, avec une ambiance plus familiale. Cependant, les masseuses, et autre vendeurs de colliers ou d’appareils photos tombés du camion nous tiennent compagnie et viennent régulièrement agiter leurs breloques sous notre nez alors que nous lisons : « Hello Edith. Massage ? Do you want a bracelet ?Maybe later ? » Ce qui leur permet de revenir deux heures après vous reposer les mêmes questions. A force, nous avons parfois du mal à rester aimables, mais bon, il faut bien qu’elles gagnent leur vie.

Les plages Philippines, même paradisiaques, laissent quand même apercevoir la pauvreté des pêcheurs voisins. On voit ainsi passer, alors qu’on est en maillot de bain en train de se dorer la pilule, des gosses en haillons qui viennent fouiller les poubelles de l’hôtel pour récupérer les bouteilles en plastiques et les canettes vides pour les revendre. Ou d’autres en maillot de bain avec leurs lunettes de piscine et leurs fusils artisanaux qui vont pêcher pour avoir un dîner. Pas évident… On se sent gênés et beaucoup trop gâté.

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