Ici cependant personne ne nous voyait comme des portefeuilles sur pattes, ou des gens richissimes dont il faut se faire des amis dans l’espoir de. Nous pouvions faire modérément attention à nos affaires (comme à Paris) ce qui libère d’une paranoïa nécessaire mais fatigante si l’on veut les conserver.
La voiture nous a offert une liberté incroyable, nous permettant par exemple de nous arrêter deux heures sur la route pour voir un beau site naturel, et repartir ensuite pour dormir dans une ville à 300km de là. Cette liberté de mouvement avait aussi un côté un peu piégeant puisque le rythme était nécessairement plus rapide à cause des temps de trajet raccourcis. Avec nos sacs sur le dos, les contraintes des bus, il est d’habitude impossible de voir quoi que ce soit sans dormir sur place, et nous ne pouvons faire qu’une à deux « choses » par jour, tandis qu’avec la voiture, nous pouvons faire 5 à 6 activités par jour.
Ceci peut donner l’impression de vivre un catalogue géant de beaux paysages qu’on a du mal à retenir à cause du peu de temps passé à les contempler… Nous avons donc appris à nous ralentir volontairement en Nouvelle-Zélande pour ne pas saturer.
Au milieu d’un voyage d’un an où nous sommes avides de découvrir les richesses des modes de vies et des modes de pensées divers selon les cultures, arriver dans un pays aussi neuf que la Nouvelle Zélande (pour vous donner une idée, les Etats-Unis semblent avoir une longue Histoire comparé à ce pays) est une expérience particulière. Notre impression est certainement liée au fait que nous voyions depuis trois mois déjà de magnifiques paysages, accompagnés de cultures et de gens assez différents de chez nous. La Nouvelle-Zélande, étant un pays si neuf, et si proche de l’Angleterre, offrait elle aussi de magnifiques paysages, mais sans le côté dépaysant qui accompagnait nos découvertes antérieures. Nous croisions ici essentiellement des européens parmi les touristes, surtout nos proches voisins (Allemands, Anglais), et comme nous le disions, aucune histoire ou trait culturel spécifique ne venait s’ajouter vraiment à ces beaux panoramas. Nous sommes donc ravis du repos que nous a permis cette proximité ou relative légèreté culturelle, et avons vécu ce pays comme une sorte de pause avant un nouveau départ vers l’Asie… D’ailleurs, c’est le seul pays dans lequel nous nous sommes autorisés les derniers jours à lire en avance le guide du pays suivant, chose que nous nous interdisons de faire normalement pour nous donner le maximum de temps pour comprendre le pays dans lequel nous sommes.
En bref, ce pays est parfait pour se remplir les yeux ou venir refaire sa vie si on se sent l’âme d’un pionnier avide de liberté, mais lors d’un long voyage, il semble (en tout cas pour nous) moins marquant que d’autres pays.
Nous vivons d’ailleurs comme un grand événement et presque une libération le fait de retourner enfin dans des pays qui ont une histoire et ne sont pas du « Nouveau-Monde »… Cela ne nous est pas arrivé depuis le Pérou !
Ce sera pour l’article suivant, mais 36h à Manille nous confortent dans notre opinion !
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