Pour achever la réputation d’efficacité de Cathay Pacific, nous allons directement à leur bureau pour faire modifier nos billets papier après la victoire téléphonique de notre changement de date. La dame veut nous faire payer 80$ pour coller des autocollants officiels sur nos billets… « It ‘s not crazy, it’s a policy we have » répond-elle alors que nous explosons ! Heureusement, Qantas, qui fait également partie de l’alliance Oneworld nous donne gratuitement ces fameuses gommettes : nous n’aurons plus jamais affaire à ces radins de Cathay (que nous apprécions quand même pour les Gin Tonic généreux qu’ils ne manquent pas de nous servir sur chaque long-courrier…).
Nous retrouvons alors Geoffroy, Audren et Vianney, les deux premiers partant le soir même pour Paris. Nous échangeons nos récits d’aventures autour d’un bon dîner, admirons leurs achats, et rigolons bien.
Dès le lendemain, nous retrouvons Axelle, Pierre, Philippe, Claire et Julie, de bons amis venus passer un mois en Inde. Nous sommes très heureux de renouer avec les bonnes conversations entre amis que nous affectionnons pendant une semaine en leur compagnie : cela nous manque beaucoup, et même si les autres voyageurs sont sympas cela n’a rien à voir.
(Julie)
Ils sont un peu sous le choc de l’arrivée et de leur nuit quasi blanche, mais un bon brunch remet tout le monde en train. Nous nous retrouvons en fin de journée dans Lodi Garden, un superbe jardin à l’anglaise bâti dans les années 30 pour mettre en valeur de jolie ruines : c’est charmant ! Puis Philippe, notre guide officiel (il a passé trois mois en stage à Delhi) nous conduit dans un excellent restaurant européen, le Big Chill, où Guillaume et moi dégustons notre première salade verte depuis trois mois : le bonheur.
Le lendemain, réveil très matinal pour monter dans le train qui nous emmène à Jaipur. Climatisation et petit déjeuner inclus : ce train est l’un des plus haut de gamme de toute l’Inde. L’arrivée à Jaipur est torride, nous finissons après quelques recherches par trouver un hôtel très confortable dans lequel nous déjeunons rapidement avant d’enchaîner sur la visite du Fort d’Amber. Toutes ces retrouvailles depuis quelques mois nous l’aurons prouvé : quand on est avec des amis voyageurs qui n’ont pas 9 mois de voyage dans la pattes, on ne chôme pas ! Le Fort est très beau, nous terminons la visite par un petit temple hindou désert, conseil du Routard.
Apéro vin et saucisson le soir même grâce à nos visiteurs arrivés de France : un délice ! Les provisions sont encore meilleures lorsqu’on a un bon groupe d’amis avec lesquels les partager.
Guillaume et moi commençons à être conquis par le guide franchouillard (le Routard) qui surpasse largement le Lonely Planet pour les explications culturelles (c’est dire). Pourtant, ils n’y a jamais de plans corrects et les adresses conseillées sont généralement plus chères.
Nous le constatons le soir même, dans le restaurant choisi. Cependant cette adresse a du bon puisque nous tombons par hasard sur des amis communs en Inde pour un mois (Thibault, Alix, Clémentine et Théophile) et qui comme tout le monde ont choisi de voir le Rajasthan et le Ladakh ! Nous les retrouverons à Udaïpur.
Le jour suivant, Guillaume et moi restons à Jaipur, selon notre rythme pappy-mamie bien en place après quelques mois d’expérience, décidés à ne pas saccager trop vite notre long travail de repos à Leh, tandis que nos infatigables font un détour par Bundi (ce qui rajoute deux jours de transports) : nous les retrouverons à Udaïpur.
Nous nous promenons dans la vieille ville où les artisans travaillent dans de minuscules réduits : sculpteurs sur marbre, cordonniers, joailliers, etc. En dehors de l’odeur d’urine omniprésente et des klaxons qui rendent à moitié sourd, nous sommes enchantés. Nous découvrons également l’existence d’un métier bien particulier : homme-fontaine.
A l’abri derrière un grillage, assis sur ses talons dans un réduit surélevé par rapport à la chaussée et d’un mètre de plafond, un homme attend le passant assoiffé pour incliner sa cruche. Personne ne paie, ce doit être un fonctionnaire.
Nous trouvons également une pâtisserie qui fabrique des sortes de petits calissons d’Aix pour 5 roupies (c’est de la pâte de noix de cajou et non d’amandes mais vraiment délicieux).
Le soir nous découvrons le monument du kitch du cinéma Indien, le cinéma Raj Mandir, dans des tons pastels blanc et roses dégoulinants de mièvrerie en style crème chantilly architecturale, le tout paré de milliers de petits miroirs reflétant la lumière… Une splendeur dans laquelle nous assistons à une comédie de Bollywood en hindi. Tout est joué de façon caricaturale et le ton est plus proche de la farce que de l’humour du Dîner de cons, mais les indiens sont hilares et nous nous amusons beaucoup malgré nos faibles notions d’hindi. Un Mac Do vient couronner cette soirée bien agréable (notre premier depuis les Philippines).
Le lendemain nous visitons sous la pluie l’observatoire astronomique de Jaïpur. Sans soleil, aucun des instruments ne fonctionne, mais notre guide très calé nous aide à nous les représenter. Cet observatoire abrite notamment un cadran solaire géant précis à la seconde près.
De retour dans les bazars, nous sommes abordés par un pharmacien qui se plaint du mauvais accueil reçu quelques instants auparavant auprès d’un autre touriste. Celui-ci l’aurait envoyé au diable et il se demande si tous les touristes détestent les indiens comme cela. Comme j’ai un peu été tenté de l’envoyer au diable, je m’en veux un peu et reste cordial tout en essayant de défendre l’autre touriste (il a pu avoir une longue journée, et c’est sans doute la centième sollicitation à laquelle il répond de la journée).
Nos sens restent tout de même en alerte, on se fait rarement aborder pour rien dans les centres touristiques…
Mais celui-ci a l’air sympathique, il nous parle un peu de la ville, du commerce d’éléphants de son père et nous le suivons, les sens plus que jamais en éveil pour aller boire un thé dans le boui-boui voisin. Tout en restant sur nos gardes, nous voulons lui laisser sa chance. Un de ses amis nous rejoint qui sort immédiatement son téléphone et nous entendons « Westerner » dans la conversation. On lui laisse le bénéfice du doute, peut-être que cela amuse ses amis de rencontrer des occidentaux. Arrive un autre bonhomme, très sûr de lui, voulant paraître très riche et dont le père s’occupe d’une entreprise de bijoux. Il peste immédiatement contre les nouveaux tarifs douaniers mis en place par Sarko. On lui réplique gentiment que la France est dans l’U.E et que nous avons un tarif extérieur commun et qu’il est donc mal renseigné. Dans un dernier effort, il tente de nous proposer la fameuse arnaque de Jaipur, acheter des bijoux ici pour les faire passer à son revendeur en France pour économiser les taxes… On se regarde en riant et décampons assez rapidement, finalement assez peu étonnés mais un peu déçus d’avoir essayé de faire confiance. N’ayant pas encore vraiment rencontré d’indiens en un mois, nous voulions peut-être un peu trop y croire et, malgré toutes les sirènes qui se déclenchaient dans notre tête, nous lui avons laissé sa chance. Prudents, nous avions tout de même échangé nos thés… Les indiens malhonnêtes sont connus pour droguer leurs victimes avant de les dépouiller.
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