mardi 15 juillet 2008

L'Eglise Morave de Leh



Un court intermède sur cette petite communauté protestante qui nous a accueilli trois dimanche de suite. L’Eglise Morave est apparue vers le 15e siècle en République Tchèque (Jean Hus en est à l’origine). Elle se veut très œcuménique et ouverte, et insiste sur l’unité des Chrétiens. Leur devise est « Dans l’essentiel, l’unité ; Dans l’accessoire, la liberté ; Dans toute chose, la charité ». L’essentiel étant pour eux de croire en Jésus le Sauveur. Tout le reste étant accessoire, ils n’ont par exemple aucune forme définie de baptême, et on peut se faire baptiser chez eux par aspersion, par immersion, etc…

Ils croient en la présence réelle, mais la consécration se fait beaucoup plus vite que chez nous, et on ne communie qu’une fois par mois. Nous avons lâchement fui au moment de la communion au sang du Christ : tout le monde boit au calice successivement, et la foi n’empêche malheureusement pas les microbes de ces quatre-vingt montagnards de se transmettre les uns aux autres…

La célébration dure deux à trois heures (il faut être motivé), heureusement à peu près en bilingue avec des traductions régulières en anglais. Pendant le moment où nous sommes là, de jeunes chrétiens du Nagaland (région au nord est de l’Inde) sont venus armés de batteries et guitares électriques pour réveiller la petite communauté. Les louanges et les prières de la première heure sont donc très animées : tout le monde lève les bras au ciel, tape dans les mains, et parfois tous prient en même temps à haute voix ce qui crée une étonnant cacophonie où on l’on distingue parfois des « Thank you Lord Jesus », ou « I come to worship you »…
Nous on adore, on rigole et on tape des mains avec les autres en chantant de tout coeur avec eux en hindi, en ladakhi ou en anglais.

« Nilé asman qué tou yaenguéé, éra Yeshu rééta wahaan (bis).

Yahilengué, badaloum pèr (bis) Yeshu reta wahan »

Certains passages où des femmes vraiment en transe se mettent à pleurer et à implorer le Seigneur un peu trop fort nous mettent un peu mal à l’aise, mais globalement ça va.

Pendant la première partie on lit également les lectures, qui ne sont pas les mêmes que nous.

Ensuite, lors de la deuxième partie, le pasteur fait un sermon, ou plutôt un cours de catéchisme sur un sujet rarement en rapport avec les lectures du jour. D’un ton très docte et toujours en trois points, il nous parle de l’amitié chrétienne, de la résolution des conflits, etc, le tout en s’appuyant constamment sur l’Ecriture et en piochant des versets partout dans la Bible. Chacun est d’ailleurs armé des Ecritures Saintes (en hindi, en anglais, en arabe et même en ladakhi) et passe d’un livre à l’autre rapidement, surlignant, prenant des notes, etc.

A la sortie, tout le monde remet ses chaussures qu’il faut ôter pour pénétrer dans le sanctuaire, et on boit le verre de l’amitié.

La petite communauté est très dynamique, et tous les dimanches un témoignage vient renforcer les fidèles : celui-ci a quitté l’alcool, la musique métal et ses mauvaises fréquentations en se convertissant ; celui-là a tout quitté pour retourner dans le Ladakh, sa terre d’enfance, afin de traduire l’Evangile en Ladakhi ; etc…

Nous rencontrons des gens étonnants. Un britannique anglican venu en mission ici deux ans auparavant, parlant hindi, anglais, français, allemand, japonais, hyper cultivé.

Un illuminé barbu, chevelu, percé et tatoué de soixante ans comme on en croise tant en Inde, qui a cherché le sens de sa vie pendant 28 ans, fait des expériences paranormales dans des ashrams (monastères) hindous auprès des gourous, des séminaires en tout genre de toutes les spiritualités New Age…avant de trouver Jesus (lors d’une apparition paraît-il) ! Depuis il parcourt l’Inde à la rencontre des backpackers paumés (et Dieu sait s’il y en a) pour leur porter la Bonne Nouvelle et leur économiser 28 ans d’errance spirituelle.

Tout cela est un peu différent de ce que nous pratiquons mais visiblement le message se répand. Alleluia !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Coucou les ti-marsus !
Comment allez-vous ? Je ne sais plus à quelle adresse mail vous écrire.. donc un tout petit mot sur votre blog en attendant de vous écrire un plus long mail directement !
Je pars demain soir en Argentine (si mon avion me le permet : je n'ai pas de réservation), et pense bien à vous à l'heure des préparatifs... c'est parti pour les grands voyages, découvertes, rencontres....... dailleurs, si vous avez des trucs pour Buenos AIres, l'Argentine ou toute l'amérique du sud, je suis preneuse !

au fait, je vais aussi "reporter" pour l'enfant à l'hopital. Geneviève Bour m'a donné les codes pour aller voir vos reportages pour les enfants, c'est génial !

Je vous embrasse bien bien fort, bonne route toujours (vous rentrez pour le mariage de jacques ?)

Lise

Anonyme a dit…

Un peu tardivement grand maman et moi-même te souhaitons un très bon anniversaire et vous embrassons en vous félicitant pour vos blogs. Grand-papa et Grand-Maman