Nous en rêvions, et nous avons trouvé l’endroit idéal pour satisfaire cette envie. Un hôtel dans un coin pas trop touristique proposait des promenades d’une heure et demie dans la forêt environnante, traversant une rivière, un petit village… Le rêve.
Comme ils ne possédaient que deux pachydermes, nous ne nous sentions pas du tout dans une usine, seul sentiment que nous voulions à tout prix éviter, sachant bien qu’on ne fait pas de l’éléphant deux fois dans sa vie !
En arrivant, nous passons devant les animaux déjà « sellés » qui grignotent chacun un régime de banane entier… Ils sont absolument énormes, et lorsque nous nous approchons d’eux avant que le cornac n’arrive et que l’un d’eux se tourne brusquement vers nous, je fais un bond réflexe sur le côté.
Nous escaladons la petite échelle conduisant à une charmante plate-forme à trois mètres de haut qui permet de se mettre à la hauteur du cou de ces monstres. Pour s’installer dans le panier qui sert de selle, on écrase gentiment la nuque de l’animal qui remarque à peine ce qui se passe.
Il saigne sur le crâne et semble salement ouvert. Nous montrons immédiatement la blessure au cornac qui hausse les épaules en riant, montrant une poutre de soutien de la plate-forme sur lequel l’éléphant s’est cogné. Apparemment, ce n’est pas la première fois.
L’autre cornac escalade lestement son éléphant : la technique est simple, il se met sur la patte avant de l’animal et lui ordonne de la lever bien haut, et attrapant fermement son oreille il se hisse à cheval sur son cou. Après une petite séance de nettoyage-dépoussiérage de la nuque et du crâne de sa monture avec sa tong, nous sommes prêts à partir.
Le pas de l’animal est très lourd et assez lent, mais nous le soupçonnons de dormir un peu comme un cheval paresseux qui fait grève en début de promenade. Les pieds énormes et plats de ces animaux laissent dans les flaques bouseuses que nous traversons des empreintes circulaires énormes. Perché à 2,5 mètres du sol, nous réalisons soudainement de façon très précise l’avantage certain que possédait Hannibal et la terreur qu’avaient dû provoquer ses éléphants.
Comme 4x4 on ne fait pas mieux, car nous empruntons des sentiers très étroits et raides encombrés de gros rochers, que l’animal n’a aucun mal à mémoriser pour savoir ou poser ses quatre pieds et rester stable. Il peut aussi servir de débroussailleuse, option introuvable même sur le meilleur Land Rover. Arrivant au niveau de branchages qui se sont mis en travers de notre route, notre cornac ordonne à l’éléphant (en Lao, que ce dernier maîtrise parfaitement) d’arracher les obstacles et de les pousser sur le côté. Il s’exécute ravi…
Pour le conduire, le cornac à cheval sur le cou de l’animal donne de petits coups de pieds derrière ses oreilles, mais il lui parle aussi beaucoup.
Notre éléphant, Moun de son prénom, souffre d’un rhume chronique, et fait parfois entendre des barrissements stridents particuliers qui signifient qu’il est sur le point d’éternuer. Le passager voir alors la trompe de sa monture terminée de deux narines géantes et béantes lui faire face, prête à entrer en action. Le cornac fait tout son possible pour dévier cette trompe si puissante qui se relève et se dirige vers nous ainsi par réflexe… trop tard, Guillaume est arrosé sur le bras, mais heureusement nous avons pu protéger l’appareil photo.
Finalement une balade charmante et très amusante : nous conseillons absolument !
2 commentaires:
Et maintenant a dos d éléphant !
Je suis impressionné par la régularité des nouvelles que vous donnez et trouver a la fois le temps d ecrire et une connexion internet ne doit pas etre si facile !
Bonne Route
Maxime
Très sympa cette semaine au Laos. Vous avez l'air de bien vous amuser entre le tourisme, la moto et l'éléphant bien sûr. J'attends vos nouvelles hebdomadaires avec impatience. Je vous embrasse
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