lundi 26 mai 2008

Les Laos

Les Laos sont un peuple doux, calme, posé. Ils sont tels qu’apparaissent les moines bouddhistes dans notre imagination. Ils parlent à voie basse contrairement aux Vietnamiens, et ne s’énervent jamais : ce serait perdre la face. (exception faite des douaniers). Ce n’est pas comme en France où les personnes sont plus ou moins calmes selon leur caractère : ici on a vraiment l’impression que de manière générale, ils sont tous d’un calme qui n’existe pas chez nous !

Cette mentalité très particulière est très influencée par le Bouddhisme Theradava qui insiste sur le contrôle des passions humaines. Les fortes émotions sont tabous pour les Laotiens.

Pour eux, c’est le Karma (notion qu’on peut rapprocher du destin) qui conditionne l’avenir, plus que le dur labeur, la prière ou la dévotion. Ils sont donc très « cools », et « pas de problème » pourrait être leur devise.

Cependant contrairement à la réaction que nous avions eu au Mali, où le côté flemmard et fataliste des mentalités nous heurtait, nous acceptons bien les choses ici. C’est sûrement dû au fait que la pauvreté est moins misérable et écrasante qu’au Mali.

Le Laos est de loin le deuxième pays le plus pauvre que nous ayons vu, mais il reste loin devant le Mali. Les gens ont une vie simple, manquent de soins médicaux, d’accès à l’éducation, mais ce n’est pas la misère. Leur pays est de toutes façons beaucoup plus fertile et ils mangent à peu près à leur faim…

Le pays reste très traditionnel. Les femmes portent encore souvent (notamment les collégiennes et lycéennes) le sarong, sorte de jupe unie noire ou foncée, avec une bande brodée en bas. Pour faire leur toilette dans les villages, les femmes vont à la rivière en sarong et se lavent en dessous. Ils vivent dans des maisons sur pilotis le plus souvent, avec des murs en bois ou en bambous tressés.

Plusieurs ethnies vivent en fait au Laos, les Laos Loum, Lao Soung, etc. Nous n’avons jamais vraiment compris la différence entre ces peuples, mais ce qui est sûr, c’est que la palette de couleur de peau et de type des Laos est très étendue. Certains sont très bronzés, presque noirs comme des indiens du sud, et d’autres ont la peau très claire, presque blanche, comme certains Vietnamiens. Parmi eux, quelques uns ont un type proche de ce qu’on imagine pour l’Asie centrale, avec des traits presque mongols. Nous les avons trouvé très beaux, plus que les Vietnamiennes qui ont pourtant une bonne réputation.

Traditionnellement, les Laotiens sont habitués à vivre du minimum nécessaire. Autrefois les moines distribuaient la terre nécessaire aux familles selon leurs besoins. Si un vieillard mourait ou qu’un nouveau né venait modifier la taille d’une famille, celle-ci recevait du terrain en plus ou en moins pour ajuster. Il était indécent de posséder plus que le nécessaire. Aujourd’hui, on sent encore cette influence dans la société. Contrairement aux Chinois ou aux Vietnamiens, commerçants depuis la nuit des temps, les Laos ne sont pas très doués pour le commerce, et rares sont ceux qui ont le sens des affaires. Nous ne comptons plus le nombre de restaurants, de tous niveaux, où nous avons dû faire réviser trois fois de suite l’addition afin de payer tout ce que nous devions. Ils en oublient parfois la moitié, sans raison, parce qu’ils font mal les additions, ou n’ont pas tout noté en avance et font les comptes à la fin en fonction de leurs souvenirs et des restes sur la table. La sacro-sainte calculette (ils s’autorisent rarement à faire de tête une somme compliquée comme 45+10) ne parvient pas à les aider de ce côté-là. Quand on vous disait qu’ils étaient différents des Vietnamiens…

Du coup on est parfaitement honnêtes, ils sont tellement gentils ! Alors que les arnaques du Vietnam nous donnaient des réflexes tous autres.

Ce pays est le deuxième que nous traversons, après le Mali, où les gens mangent avec les mains. Les Laos mangent du riz gluant (cuit d’une façon particulière pour qu’il soit collant). On peut ainsi faire facilement des boulettes qui seront ensuite trempées dans des sauces, et parfois accompagnées de poisson. Les gens mangent en général réunis autour d’un plat commun. En ville, les gens utilisent beaucoup la fourchette et la cuillère, mais s’ils sont en voyage et doivent manger dans un bus, ils reviennent sans problème à la technique traditionnelle de manger à la main.

Malheureusement ici comme au Mali on se lave rarement les mains avec du savon, de l’eau claire partagée avec les autres convives suffit, et comme ils n’utilisent pas de PQ… bref, vive l’hygiène !

En plus d’être bouddhistes, les Laotiens conservent leurs traditions animistes. Ils croient aux esprits des eaux, les Phi. La plupart des habitants ont devant chez eux une maison miniature montée sur un piquet qui est la maison des esprits. On leur fait des offrandes pour les tenir tranquilles… Ces offrandes peuvent être pratiquées simplement et n’induisent pas la même démarche que d’aller à la messe. Il est possible de s’attirer les bonnes grâces d’une dizaine d’esprits en quelques kilomètres de bus. Il suffit de leur lancer des bananes par la fenêtre. Etre pratiquant est une autre affaire…

Pour finir, dit-on Lao ou Laotien? Les Laotiens sont les habitants de l'entité politique que constitue le Laos, alors que les Laos sont les membres de l'ethnie du même nom.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Vous verrez qu'en Inde aussi (il me semble que vous y passerez), on mange avec les mains et que le papier toilette est une denrée asez rare... Un conseil, quand vous êtes à l'hôtel faites des provisions de petits savons pour pouvoir vous lavez les mains quand vous êtes au resto !
Profitez bien !
Bisous

Camille B en direct d'Ajaccio (comme ça y a plus de doutes sur mon identité!)