lundi 12 mai 2008

Pakse

Notre premier jour au Laos nous fait ensuite découvrir les joies des transports laotiens.

Globalement plus un pays est pauvre plus les transports y sont lents, rien de révolutionnaire là-dedans. Avec le temps, nous devrions le savoir, être habitués. Mais non, on ne s’habitue jamais à faire du trente kilomètre heure de moyenne en transports publics. C’est absolument exaspérant de passer une journée en bus pour parcourir 160km.

Mais c’est le seul moyen d’avancer, alors nous prenons notre mal en patience, retrouvant ici des impressions d’Afrique : les motos qu’on accroche sur les toits de bus pour les transporter, les ribambelles de petits vendeurs qui se précipitent à chaque arrêt du bus pour vous vendre des fruits et légumes bizarres, des brochettes et du riz dans des sacs plastiques, les arrêts interminables pour des raisons incompréhensibles tous les kilomètres…

Mais même si on n’y croit plus, au bout d’un certain temps, on finit par arriver à destination, Guillaume peut déplier ses jambes et désencastrer ses genoux du dossier de son voisin de devant ; nous nous saisissons du plan du Lonely Planet pour nous orienter dans une Ne nouvelle ville, et suivant notre routine, marcher sac au dos (finalement moins fatigant que de négocier avec les Tuk-Tuk, les rickshaw locaux) pour trouver un endroit où dormir.

Pakse est beaucoup plus touristique, et nous retrouvons avec soulagement des restaurants qui proposent pâtes et pizzas : cela existe donc au Laos. Tout va bien, nous pourrons nous ressourcer de temps à autre, car nous voyons déjà que la nourriture laotienne sera très répétitive.

La vieille ville présente quelques bâtiments rescapés de l’époque coloniale et abrite des temples aux couleurs vives. Ses deux stations de bus, éloignées de 8km de la ville, permettent de doubler les prix de tout déplacement dans la région lorsque l’on ajoute le prix du Tuk-Tuk pour s’y rendre au billet de bus. Vive la modernité !

Nous rencontrons dans cette ville plusieurs personnes intéressantes.

D’abord, trois français d’une cinquantaine d’années qui travaillent pour WWF. Ils sont en mission au Laos pour trois semaines et recensent les populations de reptiles et d’amphibiens de la jungle laotienne. Ils se préparent à trois semaines dans (et sous) la flotte, au milieu de mille insectes, à manger du riz à la sauce soja et des poissons fraîchement pêchés, à ne pas dormir (car on observe mieux les animaux de nuit), à se faire attaquer les mollets par des sangsues voraces (ils sont couverts de cicatrices de ces sales bêtes). Ils savourent donc un dernier café tranquillement installés !! Chapeau aux aventuriers ! A propos, le dernier grand mammifère, une sorte de gazelle, a été découvert au Laos.

Nous faisons également connaissance avec un couple de re traités belges de 64 ans d’un dynamisme infernal, et qui parcourt le monde depuis 10 ans… Nous sommes ébahis mais trouvons ce genre de vie, rassurez-vous, un peu spécial. En sortant de la conversation avec eux nous nous exclamons en coeur : « Tu imagines 10 ans de ta vie sans attaches, dans ce genre d’hôtels minables… ?? L’horreur ! » Pour ceux qui se poseraient (comme nous) la question, ils ne sont pas du tout millionnaires, leur budget est de 1000€ par mois, desquels il faut déduire des frais pour la location d’un emplacement dans un port de Malaysie pour leur bateau. D’où l’hôtel d’ailleurs.

(temple bouddhiste)

Nous croisons enfin au restaurant, sans lui adresser la parole, un type d’un genre tout différent, blanc, la cinquantaine, pieds nus, en vêtements déchirés minables, le crâne rasé avec une petit queue rescapée au milieu, qui sirote sa bière… L’archétype du routard paumé éternel. Celui-là ne nous inspire pas beaucoup de sentiments positifs.

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