lundi 12 mai 2008

Les petites bêtes ne mangent pas les grosses, mais quand même!

Pour clore notre série sur les petites contrariété du voyage… Qui n’affectent en rien notre moral comme la récente fréquence de ces articles pourraient laisser croire.

Sans être atteints d’une phobie des insectes, Guillaume comme moi n’apprécions pas beaucoup les petites bestioles rampantes ou volantes. D’ailleurs personne à notre connaissance n’éprouve pour eux une quelconque attirance. Nous subissons donc leurs attaques quotidiennes avec calme, enfin quand c’est possible.

Nos moustiques, cafards, araignées, et scarabées européens sont d’une taille vraiment ridicule par rapport à ce que nous découvrons depuis le début de ce voyage.

Nous vérifions chaque jour la théorie suivante : plus l’insecte est gros, plus la bulle d’intolérance que nous construisons mentalement autour de nous est grande. Cette bulle est centrée sur notre visage et notre buste : cela nous est égal (tout du moins supportable) qu’une bestiole vienne se poser sur notre pantalon, mais quand elle vient sur nos épaules c’est une autre histoire. Le visage étant complètement à part : il ne tolère aucune intrusion.

Enfin, l’état de fatigue ou de nervosité joue également.

Le Mékong est un fleuve magnifique et grandiose, mais qui attire tout un tas de bestioles. Quand on dit un tas, c’est vraiment intolérable. A la nuit tombée, les nuages d’insectes qui viennent s’agglutiner autour des néons sont inimaginables. Il est hors de question de dîner en terrasse, et le seul critère pour choisir sa table à « l’intérieur » (ni vitres ni moustiquaires sur les fenêtres) d’un restaurant est l’éloignement de toute source de lumière, afin d’éviter que les moustiques cramés ne tombent dans notre assiette.

Le pire c’est lorsqu’on entend des vrombissements très sonores, ou des bruits de craquement d’ailes caractéristiques de grosses blattes ou d’énormes insectes volants. Elles viennent se cogner à toute force sur les lumières comme des demeurées. Dans ce cas, la tension est palpable, tous les touristes alentour sont aux aguets.

Les attaques plus directes peuvent provoquer une sorte d’hystérie passagère. Par exemple lorsqu’un énorme cafard volant (grand comme votre petit doigt et deux fois large comme lui) se pose dans mon décolleté, ou quand une énorme bête mutante et volante de la taille d’un petit crapaud (sans compter les antennes) vient se poser juste derrière moi. Heureusement le serveur amusé vint me sauver du scarabée mutant (à ma demande, lui ne voyait pas bien le problème). Il l’attrapa tout simplement avec ses doigts et le jeta dehors.

Car il faut bien préciser que les locaux ont une toute autre vision des insectes. Pour eux, ce sont des friandises. Enfin, pas tous, mais ce qui est sûr c’est qu’il n’ont aucune crainte ni dégoût pour ces bêtes. Il vaut mieux d’ailleurs puisque parmi les brochettes proposées régulièrement dans les bus on trouve des brochettes de criquets et de scarabées…

Nous avons même vu un jeune garçon qui s’ennuyait dans un bus enlever les ailes d’une sorte de grosse fourmi volante verte qu’il venait de trouver pour la gober ensuite…

Le soir venu, notre seule vengeance consiste à contempler les petits lézards roses transparents regroupés autour des néons se remplir la panse à peu de frais. Nous avons aussi eu la chance d’observer un Tuco, un lézard géant dont le cri extrêmement reconnaissable (et assourdissant) lui a donné son nom. Nous en avions aperçu un de loin aux Philippines, mais celui-ci nous a permis de nous rendre compte de sa taille : 25 à 30 cm, c’est une bête énorme, d’une couleur rouge et grise. Ses yeux ressortent un peu comme sur un caméléon.

Parfois des envies de carnage sont assouvies sans risque grâce aux raquettes électriques qui équipent certains restaurants. De la forme d’une raquette de tennis, le cordage est remplacé par des filaments parcourus par un courant électrique qui transforme chaque insecte en une jolie gerbe d’étincelles bleutées dans un claquement sonore. C’est jouissif ! (placé sous un néon, on peut réaliser un massacre en quelques secondes)

Pour survivre dans ce monde hostile, nous sommes désormais équipés d’une bombe d’insecticide pour assainir notre chambre dans chaque hôtel. Et afin de clore un débat familial, nous avons testé les deux, les bombes contre les rampants marchent aussi sur les volants et vice-versa. Les produits contre les rampants nous semblent toutefois plus foudroyants.

Toutes ces bestioles ne sont heureusement pas trop méchantes, et même si nous savons que des serpents et des scorpions peuplent aussi la région, nous n’en avons heureusement pas croisé jusqu’ici.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

voilà une belle théorie qui me semble tout à fait dépaysante en sortant d'un dej avec des VPs...Alexis