dimanche 24 février 2008

Abel Tasman


Nous prenons la route et nous arrêtons à Motueka, quelques kilomètres plus loin ; nous sommes à peu près en forme, et mettons à exécution ce que nous planifions depuis notre arrivée pour rencontrer des Néo-Zélandais : le porte à porte. Nous essayons donc d’aller toquer chez des fermiers pour leur demander l’autorisation de planter notre tente dans leur jardin. Après un échec, alors que nous venons de nous arrêter devant une maison, prêts à aller sonner à la porte, le propriétaire, qui nous suit à vélo depuis 800m nous demande si nous ne serions pas perdus… Il accepte tout de suite de nous héberger, et nous propose en fait une chambre ! Ravis de ce coup de chance, nous regardons un match de rugby avec lui après avoir été nous approvisionner en bière (et oui, on est bien au pays des All Blacks, ils sont fans de rugby à un point qui dépasse l’entendement) . Il nous explique en fait employer régulièrement de jeunes volontaires dans sa ferme bio pour accomplir de simples travaux en échange du vivre et du couvert. Ce système, dont nous avions déjà entendu parler en Argentine, s’appelle le WOOFING. Notre hôte est un peu ours mais néanmoins très sympathique.

Le lendemain matin, alors que nous dormions profondément, il cogne à notre porte avec autorité à 7h30 du matin ! « Get up !! » Interloqués, nous sommes pris d’un doute : voudrait-il nous faire travailler ?? Pour nous le contrat n’était pas celui-là. Nous nous levons perplexes, ne sachant pas à quelle sauce nous allons être mangés, et nos doutes se dissipent rapidement : il doit faire un tour en ville vers 9h, et nous devons donc quitter les lieux. En partant, nous lui demandons l’horaire de la messe catholique, qu’il nous donne en nous répondant souriant que nous nous y retrouverons… Autre coup de chance, les messes à 9h chez nous, ça n’existe plus, et nous y serions allés trop tard !

Nous réservons ensuite un tour en kayak pour explorer le nord du fameux parc national Abel Tasman dans lequel nous avons hésité à faire un trek de trois jours. Comme il regorge de monde, tout est très réglementé et doit être réservé à l’avance. Ce manque de liberté, surtout en considérant le temps très changeant dans la région, ne nous convient pas, en plus de notre flemme de marcher plusieurs jours de suite.

Nous partons donc nous promener une demie journée dans une partie du parc moins peuplée, et accessible en voiture. De superbes plages, de petites criques magnifiques et des rainforest (sorte de jungle moins denses qu’au Brésil avec beaucoup de fougères arborescentes et des lianes) nous attendent. Splendide ! Nous devinons même d’énormes raies dans l’eau transparente dans laquelle nous nous baignons. Elles se déplacent à une vitesse insoupçonnée, et nous font d’abord sortir de l’eau en courant avant que nous identifions finalement ce que peuvent être ces grosses taches noires qui bougent au fond de l’eau…

Suite à des réclamations de plusieurs d’entre vous, nous sommes obligés de prévenir officiellement nos chers lecteurs : les photos suivantes risquent de vous faire enrager, mais notre intention n’est pas du tout celle-ci.

Par exemple ce palmier au bord de l’eau turquoise n’est pas un palmier, c’est une fougère arborescente, donc vous voyez bien qu’on ne veut pas vous dégoûter… Pour vous consoler, sachez que l’eau était plutôt fraîche.

Après cette superbe mais longue promenade (6h en une après-midi, c’est relativement sportif), nous sommes exténués, mais repartons dès le lendemain pour explorer une autre partie de ce même parc en kayak de mer. A nouveau, les plages et les paysages sont superbes et se passent de commentaires. Ti’Marsu est bien sûr de la partie.

Au bout de quinze jours en Nouvelle-Zélande, quelques petites choses sont assez visibles.

Tout d’abord les liens qui perdurent avec l’Angleterre, ce n’est pas pour rien qu’Elizabeth figure sur les dollars Néo-Zélandais: Indépendants depuis 1947, il n'en reste pas moins une monarchie parlementaire avec pour souveraine la même Elisabeth II. Nos connaissances en droit sont trop limitées pour démêler ce casse-tête, mais si l'un d'entre vous peut nous l'expliquer, nous sommes preneurs! L’Angleterre a été quasiment le seul partenaire commercial du pays jusqu’en 1980 et cela se retrouve par exemple dans les rayons des supermarchés. Le lait est frais, pas UHT, impossible de trouver autre chose que du Cheddar, le Porridge et le Bacon sont de mise le matin… Et on trouve des Corned beefs et des peas à tous les coins de rayon. Sans oublier les Fish and Chips.

Ils ont hérité de nos amis d’Outre manche un certain puritanisme, les pubs fermaient à 6p.m jusqu’en 1967, le prix de l’alcool est prohibitif et les fermiers qui laissaient leurs taureaux monter les vaches dans les prés bordant les routes étaient passibles de dures poursuites jusqu’en 1950…

Les enfants Néo-Zélandais apprenaient plutôt l’histoire d’Angleterre que leur propre histoire.

Ce n’est qu’à partir de 1984 que la Nouvelle-Zélande a vu naître un vrai sentiment national et s’est quelque peu différenciée de l’Angleterre. Parmi beaucoup d’éléments (nouveau gouvernement, manifestations monstres anti-apartheid lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande de l’équipe de rugby Sud-Africaine, Politique de réconciliation avec les Maoris) la politique anti-nucléaire et l’affaire du Rainbow Warrior tient une place importante. Ils n’ont pas vraiment digéré le fait que la France se permette d’agir sur leur territoire national comme elle l’aurait fait dans un No man’s land (ils utilisent le terme d’outrage international). C’est de plus l’évènement qui a permis au monde entier de pouvoir désormais placer sur la carte la Nouvelle Zélande. Pour vous donner une idée de l’importance de l’événement, ils ont célébré le 20e anniversaire en 2005…

Pour ceux que cela intéresse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Rainbow_Warrior

Au fait, ils sont 4 millions dans un pays qui fait la moitié de la France et 40 millions de moutons.

Les Maoris constituent presque 15% de la population et un grand nombre de panneaux ou de publicités sont écrites également en maori. Si des guerres assez violentes ont eu lieu entre les colons et les maoris, ils n’ont pas tenté d’éliminer ces derniers comme cela a pu être le cas en Argentine ou aux États-Unis. Mais l’influence des Maoris se fait paraît-il plus sentir dans l’île nord que nous n’avons pas visitée.

Leur accent est tellement incompréhensible que parfois nous nous demandons si nous parlons réellement anglais ! Exemple : Turn next lift (ils prononcent les « e » i) = tournez à la prochaine à gauche, et non pas, prenez derrière l’ascenseur… Ils sont néanmoins très cordiaux, liants et chaleureux plus à la manière américaine que british pour le coup.

Wharariki Beach

Le lendemain nous retournons non loin de là pour profiter d’une splendide plage, à nouveau très sauvage, aux superbes formations rocheuses creusées par la mer : des arches, des grottes, qui se découvrent à marée basse et sont envahies par les eaux à marée haute. Bien que la marée monte, nous décidons de tenter la balade le long de la plage, qui n’est censée être ouverte que deux heures avant ou après la marée basse.

Nous retroussons le bas de nos pantalons, choisissons le moment propice pour longer en courant l’énorme rocher déjà léché par les vagues, et passons de l’autre côté ! La suite est un peu plus ardue, puisque les seules traces encore visibles se dirigent vers la pleine mer afin de contourner d’autres rochers. Impossible de continuer sur la plage inondée mais, têtus, nous finissons par trouver un « passage », sorte de sentier à travers les herbes piquantes qui couvrent le haut du rocher qui nous barre la route.

Balade magnifique, avec le côté excitant de ne pas savoir si l’on va arriver au bout ou devoir courir en sens inverse pour ne pas se faire bloquer pendant quatre heures dans les dunes de sable par la marée montante…

Nos deux nuits dans notre caravane aménagée pour romanichels nous reposent bien (nous dormons moyennement bien sous la tente !). Nous en profitons au maximum, et aussi de l’électricité, denrée rare à l’état sauvage, qui nous permet entre autre de « blogger » car nous pouvons recharger l’ordinateur. Les gens du camping nous laissent gentiment dépasser l’heure de « check-out », 10h selon le règlement. Nous sommes de façon générale assez peu respectueux de cet horaire (le même qu’en Argentine). Quand on n’a pas de maison, on aime bien ne pas se faire expulser à 10h du matin chaque jour de ce que nous considérons comme notre « chez-nous » du moment. Souvent, les réceptionnistes sont gentils et compréhensifs, heureusement.

Nous avons toujours considéré également que les parties communes mises à disposition (cuisine, pièce à vivre, toilettes, etc) nous étaient ouvertes la journée du check-out, jusqu’à notre prochain bus par exemple, ou l’heure de départ que nous nous fixons. Et cela n’a jamais posé de problème. Jusqu’à aujourd’hui... Alors que nous étions tranquillement installés sur une des 3 tables de pique-nique et dans la pièce commune (trois canapés vides restants) pour finir notre déjeuner et envoyer nos derniers mails (il est 14h30), une furie vient nous engueuler comme du poisson pourri (pardonnez-moi l’expression, mais c’est le minimum pour qualifier l’état d’excitation et le ton employé par une des trois propriétaires du camping).

Elle nous envoie quasiment nos ordures à la figure, et nous somme de partir sur le champ, nous accusant d’utiliser le système, car nous aurions dû déguerpir du camping dès 10h du matin. Nous utilisons les installations mises à disposition en dehors des horaires auxquels nous y avons droit : à partir de 10h jour du départ, interdiction d’aller aux toilettes, de prendre de l’eau, de s’installer dans un des innombrables canapés vides de la pièce commune, etc… Cela vous paraît peut-être normal vu de loin, mais à nos yeux de SDF habitués aux ambiances arrangeantes des hôtels peu chers ou camping bas de gamme, nous sommes estomaqués ! Nous décampons abasourdis, faisant comprendre à la bonne femme dans un mauvais anglais qu’elle exagère de traiter des clients de cette façon.

Farewell Spit


A l’extrémité Nord-Ouest de l’île Sud de la Nouvelle-Zélande se niche une curieuse formation, un banc de sable très étroit de 26km de long s’étire vers la mer. C’est notre destination du jour. Partis là-bas pour échapper aux foules (à force de leur échapper nous ne les avons toujours pas rencontrées à part à l’office du tourisme), nous ne nous attendions pas à une telle découverte. Ce banc de sable est un lieu privilégié pour toute une collection d’oiseaux marins, albatros, goélands, cygnes noirs… Une centaine d’espèces gravite autour de cette étroite bande.

Nous les découvrons dans un environnement splendide, terrible, une atmosphère de bout du monde, des petites baleines échouées sur la grève, on croirait voir une sorte de désert mais le cap regorge de vie. L’extrémité du cap est fermée au public pour protéger l’habitat des oiseaux, mais de belles balades sont cependant ouvertes aux promeneurs. La plage, les dunes, nous finissons par nous retrouver au milieu d’un gros grain, le vent est terrible, le sable vole, s’infiltre par toutes les ouvertures, nous fouette le visage. La pluie aussi. Et ça fait mal d’ailleurs. Sans compter que cela mouille !

Voilà ce que nous pouvions voir juste avant que le ciel nous tombe sur la tête. Cela vaut le coup de se faire saucer, non ?

Et nous qui jouions gaiement à nous prendre pour des oiseaux dans les petites brises annonciatrices de l’orage…

Voilà d’ailleurs un témoin objectif de la puissance du vent dans la région. Pour ceux qui sont allés en Terre de Feu (Antoine, si tu nous entends…) ce sont plus ou moins les mêmes arbres que ceux du Parque Tierra del Fuego que nous n’avons pas vu !

Nous nous consolons une fois secs en profitant d’une des plus belles lumières que le Pacifique nous ait offert…

samedi 16 février 2008

Malborough Sounds






Nous rejoignons ensuite un coin reculé du pays, au Nord Est de l’île sud. Cette région possède de nombreux fiords traversés par des jolis sentiers. Après avoir passé un bon bout de temps à réfléchir sur la carte, nous nous décidons pour l’un des endroits les plus reculés de manière à nous sentir un peu seuls. En effet, l’itinéraire classique conseillé fait partie des Great Walks de Nouvelle-Zélande et est à ce titre envahi de touristes en été. Après 50km de route de montagne extrêmement sinueuse nous arrivons à Penzance Bay où nous sommes effectivement, comme nous l’avait prédit la dame de l’office du tourisme, les seuls à emprunter le sentier de la journée.

Les paysages sont très brumeux mais magnifiques. Nous faisons aussi connaissance avec la pintade locale (Coro, si tu nous entends…) d’une témérité peu commune puisqu’elle vient d’abord nous inspecter les chaussures, puis nous voler notre cheddar et enfin embêter Ti’Marsu ! Le soir nous en trouverons une autre dans le coffre de notre voiture laissé ouvert et un autre sur notre table… Pas de prédateurs naturels là encore…

Cette nouvelle vie de campeurs nous plaît beaucoup, et nous change de nos précédents modes de voyages. Pour ceux qui se demanderaient si on ne se lasse pas de voyager au bout de 4 mois, pas du tout, chaque pays nous a fait voyager différemment. Les destinations, les manières de voyager, et les découvertes sont si diverses selon les pays qu’on ne peut pas se lasser du tout !

Nous avons investis dans de superbes chaises pliantes qui nous changent agréablement la vie (le camping est terrible pour le dos, surtout pour les grands) , qui viennent compléter notre équipement de tapis de sol (nous avons dû en racheter de nouveaux, tant les nôtres étaient rudimentaires). Nous ne campons jamais loin de notre voiture qui est véritablement comme une maison, et sert à la fois de placard, de cuisine, de bar, et de salon de lecture lorsque la nuit est tombée.

Nous poussons vers le nord-ouest de la Nouvelle Zélande pour aller découvrir le Farewell Spit, un ban de sable immense spectaculaire. Fatigués par une semaine de camping rustique, et voyant que le temps, toujours très instable ici, est ce soir là particulièrement menaçant, nous louons un « bungalows » composé d’une vieille caravane et d’une pièce en préfabriqué collée devant. Notre expérience du camping s’accentue et se diversifie décidemment !

Malborough Wine region



Nous quittons Kaikoura pour le Nord et la région de Malborough. Nous comptons visiter cette région vinicole et les fiords du nord.

Nous essayons alors notre premier camping du DOC (Department of Conservation) qui met à disposition des campeurs des infrastructures rustiques pour des sommes modiques dans des lieux idylliques. Whites Bay en fait partie et c’est une excellent base pour visiter les caves.

Nous partons donc le lendemain, les papilles en alerte, goûter les différents cépages de la région. Le Sauvignon blanc y est, paraît-il, délicieux.

Première cave, premier sujet d’étonnement. Ici le vin est une boisson, pas un nectar sacré. Les gens vont droit au but. La plupart goûtent les six ou dix vins présentés en 10mn et s’en vont sans demander leur reste.

Le « Château » s’apparente plus à un très gros hangar avec un toit en tôle ondulée, et la personne qui vous reçoit est en t-shirt et jean, dans une salle soit sans intérêt, soit qui se veut « historical » et donc intégralement en faux-vieux de goût médiocre.


Nous goûtons. Sauvignon blanc, Chardonnay, Riesling, Pinot Noir. Nous sommes un peu étonnés, les vins du Nouveau monde ont belle presse, nous avons découverts des trésors argentins, et nous tombons sur des vins que nous qualifions juste d’honnêtes parfois même d’un peu justes voire franchement limites, (dans notre grande ignorance il est vrai, mais les goûts et les couleurs…). Comme les bouteilles coûtent entre 10 et 30€ chacune, nous cherchons à savoir pourquoi nous voyons un tel décalage entre le prix et la qualité du vin.

Les explications du vendeur sont franches et pragmatiques : « because people buy it ! ». Il nous explique sans complexes que le vin dans les Malborough est une « cash machine » : après quatre ans, les premiers raisins de la toute jeune vigne sont récoltés, et quatre mois après les vendanges, le sauvignon blanc est en vente… Pour lui, le vin en France ne coûte vraiment rien ! L’investissement réalisé pour acheter les parcelles est rapidement rentabilisé, et comme la demande est forte, les prix sont élevés. Nous en restons cois, tant le discours est loin du « terroir », de la « tradition familiale » vendus en France par les producteurs de vin. Ici, on fait du business. D’ailleurs cette propriété, l’une des plus anciennes de la région (1978) appartient à LVMH.

Ceci-dit, nos connaissances en matière de vin sont plutôt limitées, spécialement dans les blancs, et nous avons peut-être sous-estimé la qualité des vins que nous avons goûté. En tout cas, nous pouvons dire avec certitude que le palais des Néo-Zélandais semble différer de celui des Français.

C’est ce que nous confirme par ailleurs une française travaillant dans la propriété Néo-Zélandaise d’un couple de Français qui fait également du vin dans la vallée de la Loire. Elle refuse de dire franchement que le rapport qualité prix du vin Néo-Zélandais est inférieur à celui des vins français, mais nous comprenons qu’elle n’en pense pas moins… Pendant que nous poussons de hauts cris devant les confitures Bonne Maman, les terrines et les Cabecou en vente dans ce vineyard légèrement « frenchy », elle complète les explications relatives au prix : l’alcool est très fortement taxé en Nouvelle-Zélande, et les coûts de production élevés (notamment les matières sèches = bouteilles et bouchons).

Nous trouvons en tout cas cette activité fort agréable, reposante et instructive, et nous promettons de recommencer dans d’autres régions vinicoles de Nouvelle-Zélande, pour voir si nous ne nous serions pas trompés…

Kaikoura

Ravis de cette nouvelle pièce ajoutée à notre maison (rappelons que nous possédons déjà une tente…), nous organisons notre nouvelle vie de romanichels. Notre premier camping, près de Kaikoura au nord de Christchurch est presque sauvage, mais autorisé avec seulement toilettes et eau potable accessible, face à la mer qui vient se fracasser sur les récifs devant nous : splendide !

Les sympathiques Néo-Zélandais dont nous découvrons le pays sont tout de même des lointains cousins de nos amis rosbeef… et conduisent donc à gauche ! Pas évident de s’y mettre. Nous faisons l’un et l’autre au moins une fois la gaffe de nous mettre du mauvais côté de la route. Le changement de vitesse à main gauche n’est pas évident, les clignotants et les essuie-glaces sont inversés, et nos réflexes (coups d’œil dans les rétroviseurs) mis à rude épreuve. Heureusement les pédales sont dans le bon sens !!

Nous avons l’impression de retourner au stade très jeune conducteur, et devons vraiment nous concentrer pour ne pas faire de bêtises.

Ils sont fous ces néo-zélandais !

Nous sommes passés chez Pack’n Save, le Leader Price local pour faire nos courses… Ils ont poussé la logique du discount beaucoup plus loin que chez nous, le hangar dans lequel nous passons faire nos courses vaut le détour.

Kaikoura est une péninsule renommée pour ses baleines et ces dauphins que le mauvais temps ne nous permet malheureusement pas d’observer. Nous nous rabattons sur une colonie de phoques en pleine forme et absolument pas farouches.

Il n’y a pas de grands mammifères natifs de Nouvelle-Zélande et les phoques n’ont donc pas de prédateurs naturels sur terre. Ils se laissent approcher de très près. Notre aimable zouave nous fait la grâce de nous saluer de ses bonds maladroits avant de retomber pépère sur son rocher pour un après-midi de sieste… Une autre colonie nous donne l’occasion d’observer des bébés phoques (les fameux de Brigitte) qui s’ébattent gaiement dans les trous d’eau.

La soirée nous donne l’occasion d’une petite frayeur. A peine installés dans notre tente, nos voisins campeurs décident de s’engueuler violemment. Deux des quatre crient comme dix et notre mauvais anglais nous permet tout de même d’enregistrer un certain nombre de « I hate you » et de « I would kill you if I could » qui ne nous rassurent pas. Des bruits d’objets brisés nous entourent et notre tente est régulièrement illuminée par leurs lampes folles. La quantité d’alcool qu’ils ont ingurgité nous fait rester sagement dans notre forteresse en tissu et nous contemplons le lendemain le champ de bataille : Une doudoune éventrée, un autoradio arraché et une tente démontée… C’est vraiment très impressionnant d’assister à une dispute de cette force à quelques mètres !

Arrivée en Nouvelle-Zélande

Nos avions nous attendent, deux jours de transports en perspective : Buenos Aires – Santiago, puis une correspondance de trois heures pour prendre l’avion qui nous emmène à Auckland, et ensuite un nouveau changement pour aller jusqu’à Christchurch. Les billets Tour du monde ont quelques inconvénients…

Partis le 5 février à 19h de Buenos Aires nous atterrissons le 7 février à Christchurch, 7h du martin heure locale. Comme nous avons franchi la ligne de changement de date, nous n’avons jamais vécu de 6 février, aussi étrange que cela puisse paraître ! Mathilde, si tu nous lis, tu sais donc maintenant pourquoi nous n’avons pu te souhaiter ton anniversaire…

Le décalage horaire de 15 heures est un peu dur à avaler, puisque lorsque nous arrivons à 7h du matin, il est pour nous 16h ; afin de nous caler le plus vite possible, nous devons passer toute la journée éveillés et ne nous coucher que vers 22H heure locale, ce qui revient à faire une nuit blanche après quelques avions… dur dur !

Nous sommes accueillis à l’aéroport par la Biosecurity Guard qui inspecte nos chaussures, déplie notre tente et vient rechercher les sardines dans mon sac pour vérifier que nous n’apportons pas d’éléments vivants d’Argentine… Encore plus stricts qu’au Chili mais tout cela est fait très gentiment… Il nous faut quand même replier notre tente dans l’aéroport !

Finalement la journée passe relativement bien, nous sommes supers efficaces, ou plutôt redécouvrons comme tout est simple dans un pays développé où tout est bien organisé. La dame de l’office du tourisme de l’aéroport passe les coups de fil pour nous et nous trouve un hôtel en 10 min, des cartes et guides de voyage gratuits sont à disposition partout, louer une voiture pas chère prend 5 min puisque la réceptionniste de l’hôtel appelle pour nous les partenaires habituels… Tout est simple, tout est propre, tout est bien organisé, rien n’est bancal, bref, nous sommes dans un pays développé !

Mais en contrepartie, évidemment, tout est cher, et la flexibilité n’est pas forcément au rendez-vous, il vaut mieux réserver à l’avance, s’organiser…

En Nouvelle Zélande, la grande mode est de louer un camper van (camionnette aménagée comme un camping car très basique) voire un camping-car d’ailleurs pour découvrir le pays en toute liberté. Ce mode de voyage est ici quasiment élevé au rang de religion, un véhicule sur trois croisé sur la route est un van ! Une bonne partie des Néo-Zélandais passe d’ailleurs ses vacances dans des Holiday Parks, sorte de campings de luxe avec spas, cuisines et Wi-Fi…

Nous trouvons une excellente affaire :

La consommation d’essence est de moitié inférieure aux autres vans

Cuisine accessible à l’arrière du véhicule

Deux lits simples au lieu d’un lit double, on ne peut pas tout avoir !

Limitateur de vitesse de série (voiture japonaise…)

En fait, les vans sont pris d’assaut pendant la haute saison actuelle, et les engins meilleurs marchés sont tous déjà pris. Ne rien organiser à l’avance a aussi ses limites ! Mais la petite voiture que nous avons trouvé à un prix défiant toute concurrence (12€ par jour) nous convient très bien, et nous pouvons effectivement dormir dedans en cas de besoin (grosse pluie ou grosse flemme de monter la tente) avec un confort supérieur aux bus semi-cama pratiqués à la chaîne en Amérique du sud !