dimanche 24 février 2008

Lac Wanaka

Le lendemain, une bonne balade sur la plage et la vue de montagnes au matin nous remettent les idées en place. Rien de tel que de marcher un peu pour retrouver bonne humeur et entrain lors de nos courts passages à vide.

Nous pique-niquons au bord du lac Matheson, et découvrons avec stupeur un nouvel instrument culinaire d’une inutilité crasse : le démoule-tranche avocat, sorte de cuillère spéciale, chère et à usage unique qui permet de retirer la chair de l’avocat et de la trancher en lamelles en même temps… Nous en restons aux bons vieux cuillère et couteau pour un résultat identique en un temps égal avec moins de vaisselle !

Nous roulons un peu plus, terminant ainsi notre parcours sur les routes sinueuses de la côte ouest. Ouf ! Nous dormons encore dans un splendide camping du DOC (Departement of Conservation), au bord du lac Wanaka.

Le lendemain, journée tranquille, lecture, un peu de marche, et rencontre avec des Belges très sympas : Manoëlle et Gilles. Tous deux en tour d’Asie du sud est pour 6 mois avant de commence à bosser, ils sortent de fac et se sont spécialisés en… finance. Nous ne sommes pas perdus (enfin surtout Guillaume !). C’est toujours un plaisir de croiser des gens qui vous ressemblent un peu, car ce n’est pas la majorité de nos rencontres. Nous dînons ensembles avant de nous apercevoir que nos voisins de camping d’un sans-gêne achevé ont prévu d’organiser les 40 ans de leur copine à 10m de notre tente. Ils sont en train d’installer des baffles de professionnels et les tables de mixage du DJ ! Nous sommes cordialement invités mais préférons quitter les lieux en vitesse et remonter la tente dans le camping voisin.

Le lendemain, nous marchons autour du lac en leur compagnie et partageons un pique-nique très sympathique. Nous nous quittons en échangeant nos adresses mail, afin de tenter de les retrouver pour voyager un peu en leur compagnie au Laos où ils se rendent à une période proche de celle où nous y serons. L’idée serait de vivre comme des singes Gibbons (vous avez bien lu) pendant trois jours… Avec des lianes, des bananes et tout et tout ! Il suffit de s’inscrire auprès de Gibbons Experience qui organise ce genre de séjours au milieu des arbres ! We’ll see !

West Coast


Nous prenons la route vers le sud le lendemain matin, il nous reste seulement 10 jours pour boucler notre trajet jusqu’à Christchurch, et nous en sommes à peine à un quart des kilomètres ! Nous roulons donc vers le sud en longeant la côte ouest de la Nouvelle Zélande, partie peu peuplée, reculée, sauvage et splendide.

Les routes Néo-Zélandaises se rapprochent plus de celles d’Argentine que de celles de notre beau pays, extrêmement bien équipé, nous en sommes désormais convaincus ! Dans le meilleur des cas, la qualité du revêtement est du niveau d’une départementale de chez nous (au niveau du panneau « trous en formation »), et comme le pays est très montagneux, la vitesse est souvent plus proche du 60km/h que du 100 réglementaire. Il faut ajouter aux virages les nombreux travaux effectués en ce moment, qui permettent de rouler régulièrement pendant quelques centaines de mètres sur piste ou sur une tonne de gravillons, ralentissant le rythme à 50km/h. Pour couronner le tout, les Néo-Zélandais n’investissent que rarement dans des ponts à double sens, c'est-à-dire à deux voies, comme la route ; ce sont quasiment toujours des « one lane bridge » qui permettent de traverser les nombreuses rivières du pays, et de préférence à la sortie d’un virage serré (vitesse conseillée 15km/h) pour être sûr de réduire la visibilité de celui censé céder la priorité au maximum. Le pire que nous ayons vu : un one lane bridge sur lequel vous pouvez croiser non seulement une voiture arrivant d’en face, mais aussi un train. Et il n’y a pas de refuge sur les côtés… Mieux vaut avoir de bons yeux.

Nous nous arrêtons en route à Punakaiki pour admirer les Pancakes Rocks, des empilements de fines strates de roches qui font effectivement penser à des piles de crêpes géantes. Cette roche relativement tendre a en plus été creusée par la pluie et la mer, formant des creux, des grottes, des souterrains impressionnants. Malheureusement nous sommes là à marée basse et ne pouvons attendre la marée haute qui nous aurait permis d’admirer les blow holes, des trous sous lesquels la mer passe et resurgit à toute force provoquant des geysers lorsque la marée est haute.

Nous dormons près d’un superbe lac près d’Hokitika, toujours sur la côte ouest.

Le lendemain, nous admirons des gorges creusées par une eau bleue superbe et Franz Joseph Glacier.

Cette journée est un peu étrange, fatigués et après avoir admiré tant de superbes glaciers en Argentine, nous nous rendons compte que nous avons un peu une réaction d’enfants gâtés face à cette nouvelle merveille. Nous luttons contre cette espèce de lassitude qui semble nous envahir pernicieusement ce jour là. Pas si facile.

Nous dormons le soir dans un nouvel endroit splendide, Gillespies Beach, une des plages les plus sauvages que nous ayons vues de notre vie, envahie de troncs mort rejetés par la mer.

Les sandflies nous gâchent un peu notre plaisir. Ces petits insectes à peine plus grands que des moucherons ont une morsure sauvage et une appétence particulière pour nos chevilles. C’est la plaie des plages de la côte Ouest de la Nouvelle-Zélande. On croise parfois quelques rares aventuriers en short ou pire en maillot de bain prêts à sacrifier leur peau pour la rôtir. Elles pullulent et nous sommes obligés de recourir à la bonne vieille méthode africaine pour ne pas vider nos bouteilles d’anti-moustique : pantalon rentré dans les chaussettes et chemises à manches longues : très stylé !

Abel Tasman


Nous prenons la route et nous arrêtons à Motueka, quelques kilomètres plus loin ; nous sommes à peu près en forme, et mettons à exécution ce que nous planifions depuis notre arrivée pour rencontrer des Néo-Zélandais : le porte à porte. Nous essayons donc d’aller toquer chez des fermiers pour leur demander l’autorisation de planter notre tente dans leur jardin. Après un échec, alors que nous venons de nous arrêter devant une maison, prêts à aller sonner à la porte, le propriétaire, qui nous suit à vélo depuis 800m nous demande si nous ne serions pas perdus… Il accepte tout de suite de nous héberger, et nous propose en fait une chambre ! Ravis de ce coup de chance, nous regardons un match de rugby avec lui après avoir été nous approvisionner en bière (et oui, on est bien au pays des All Blacks, ils sont fans de rugby à un point qui dépasse l’entendement) . Il nous explique en fait employer régulièrement de jeunes volontaires dans sa ferme bio pour accomplir de simples travaux en échange du vivre et du couvert. Ce système, dont nous avions déjà entendu parler en Argentine, s’appelle le WOOFING. Notre hôte est un peu ours mais néanmoins très sympathique.

Le lendemain matin, alors que nous dormions profondément, il cogne à notre porte avec autorité à 7h30 du matin ! « Get up !! » Interloqués, nous sommes pris d’un doute : voudrait-il nous faire travailler ?? Pour nous le contrat n’était pas celui-là. Nous nous levons perplexes, ne sachant pas à quelle sauce nous allons être mangés, et nos doutes se dissipent rapidement : il doit faire un tour en ville vers 9h, et nous devons donc quitter les lieux. En partant, nous lui demandons l’horaire de la messe catholique, qu’il nous donne en nous répondant souriant que nous nous y retrouverons… Autre coup de chance, les messes à 9h chez nous, ça n’existe plus, et nous y serions allés trop tard !

Nous réservons ensuite un tour en kayak pour explorer le nord du fameux parc national Abel Tasman dans lequel nous avons hésité à faire un trek de trois jours. Comme il regorge de monde, tout est très réglementé et doit être réservé à l’avance. Ce manque de liberté, surtout en considérant le temps très changeant dans la région, ne nous convient pas, en plus de notre flemme de marcher plusieurs jours de suite.

Nous partons donc nous promener une demie journée dans une partie du parc moins peuplée, et accessible en voiture. De superbes plages, de petites criques magnifiques et des rainforest (sorte de jungle moins denses qu’au Brésil avec beaucoup de fougères arborescentes et des lianes) nous attendent. Splendide ! Nous devinons même d’énormes raies dans l’eau transparente dans laquelle nous nous baignons. Elles se déplacent à une vitesse insoupçonnée, et nous font d’abord sortir de l’eau en courant avant que nous identifions finalement ce que peuvent être ces grosses taches noires qui bougent au fond de l’eau…

Suite à des réclamations de plusieurs d’entre vous, nous sommes obligés de prévenir officiellement nos chers lecteurs : les photos suivantes risquent de vous faire enrager, mais notre intention n’est pas du tout celle-ci.

Par exemple ce palmier au bord de l’eau turquoise n’est pas un palmier, c’est une fougère arborescente, donc vous voyez bien qu’on ne veut pas vous dégoûter… Pour vous consoler, sachez que l’eau était plutôt fraîche.

Après cette superbe mais longue promenade (6h en une après-midi, c’est relativement sportif), nous sommes exténués, mais repartons dès le lendemain pour explorer une autre partie de ce même parc en kayak de mer. A nouveau, les plages et les paysages sont superbes et se passent de commentaires. Ti’Marsu est bien sûr de la partie.

Au bout de quinze jours en Nouvelle-Zélande, quelques petites choses sont assez visibles.

Tout d’abord les liens qui perdurent avec l’Angleterre, ce n’est pas pour rien qu’Elizabeth figure sur les dollars Néo-Zélandais: Indépendants depuis 1947, il n'en reste pas moins une monarchie parlementaire avec pour souveraine la même Elisabeth II. Nos connaissances en droit sont trop limitées pour démêler ce casse-tête, mais si l'un d'entre vous peut nous l'expliquer, nous sommes preneurs! L’Angleterre a été quasiment le seul partenaire commercial du pays jusqu’en 1980 et cela se retrouve par exemple dans les rayons des supermarchés. Le lait est frais, pas UHT, impossible de trouver autre chose que du Cheddar, le Porridge et le Bacon sont de mise le matin… Et on trouve des Corned beefs et des peas à tous les coins de rayon. Sans oublier les Fish and Chips.

Ils ont hérité de nos amis d’Outre manche un certain puritanisme, les pubs fermaient à 6p.m jusqu’en 1967, le prix de l’alcool est prohibitif et les fermiers qui laissaient leurs taureaux monter les vaches dans les prés bordant les routes étaient passibles de dures poursuites jusqu’en 1950…

Les enfants Néo-Zélandais apprenaient plutôt l’histoire d’Angleterre que leur propre histoire.

Ce n’est qu’à partir de 1984 que la Nouvelle-Zélande a vu naître un vrai sentiment national et s’est quelque peu différenciée de l’Angleterre. Parmi beaucoup d’éléments (nouveau gouvernement, manifestations monstres anti-apartheid lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande de l’équipe de rugby Sud-Africaine, Politique de réconciliation avec les Maoris) la politique anti-nucléaire et l’affaire du Rainbow Warrior tient une place importante. Ils n’ont pas vraiment digéré le fait que la France se permette d’agir sur leur territoire national comme elle l’aurait fait dans un No man’s land (ils utilisent le terme d’outrage international). C’est de plus l’évènement qui a permis au monde entier de pouvoir désormais placer sur la carte la Nouvelle Zélande. Pour vous donner une idée de l’importance de l’événement, ils ont célébré le 20e anniversaire en 2005…

Pour ceux que cela intéresse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Rainbow_Warrior

Au fait, ils sont 4 millions dans un pays qui fait la moitié de la France et 40 millions de moutons.

Les Maoris constituent presque 15% de la population et un grand nombre de panneaux ou de publicités sont écrites également en maori. Si des guerres assez violentes ont eu lieu entre les colons et les maoris, ils n’ont pas tenté d’éliminer ces derniers comme cela a pu être le cas en Argentine ou aux États-Unis. Mais l’influence des Maoris se fait paraît-il plus sentir dans l’île nord que nous n’avons pas visitée.

Leur accent est tellement incompréhensible que parfois nous nous demandons si nous parlons réellement anglais ! Exemple : Turn next lift (ils prononcent les « e » i) = tournez à la prochaine à gauche, et non pas, prenez derrière l’ascenseur… Ils sont néanmoins très cordiaux, liants et chaleureux plus à la manière américaine que british pour le coup.

Wharariki Beach

Le lendemain nous retournons non loin de là pour profiter d’une splendide plage, à nouveau très sauvage, aux superbes formations rocheuses creusées par la mer : des arches, des grottes, qui se découvrent à marée basse et sont envahies par les eaux à marée haute. Bien que la marée monte, nous décidons de tenter la balade le long de la plage, qui n’est censée être ouverte que deux heures avant ou après la marée basse.

Nous retroussons le bas de nos pantalons, choisissons le moment propice pour longer en courant l’énorme rocher déjà léché par les vagues, et passons de l’autre côté ! La suite est un peu plus ardue, puisque les seules traces encore visibles se dirigent vers la pleine mer afin de contourner d’autres rochers. Impossible de continuer sur la plage inondée mais, têtus, nous finissons par trouver un « passage », sorte de sentier à travers les herbes piquantes qui couvrent le haut du rocher qui nous barre la route.

Balade magnifique, avec le côté excitant de ne pas savoir si l’on va arriver au bout ou devoir courir en sens inverse pour ne pas se faire bloquer pendant quatre heures dans les dunes de sable par la marée montante…

Nos deux nuits dans notre caravane aménagée pour romanichels nous reposent bien (nous dormons moyennement bien sous la tente !). Nous en profitons au maximum, et aussi de l’électricité, denrée rare à l’état sauvage, qui nous permet entre autre de « blogger » car nous pouvons recharger l’ordinateur. Les gens du camping nous laissent gentiment dépasser l’heure de « check-out », 10h selon le règlement. Nous sommes de façon générale assez peu respectueux de cet horaire (le même qu’en Argentine). Quand on n’a pas de maison, on aime bien ne pas se faire expulser à 10h du matin chaque jour de ce que nous considérons comme notre « chez-nous » du moment. Souvent, les réceptionnistes sont gentils et compréhensifs, heureusement.

Nous avons toujours considéré également que les parties communes mises à disposition (cuisine, pièce à vivre, toilettes, etc) nous étaient ouvertes la journée du check-out, jusqu’à notre prochain bus par exemple, ou l’heure de départ que nous nous fixons. Et cela n’a jamais posé de problème. Jusqu’à aujourd’hui... Alors que nous étions tranquillement installés sur une des 3 tables de pique-nique et dans la pièce commune (trois canapés vides restants) pour finir notre déjeuner et envoyer nos derniers mails (il est 14h30), une furie vient nous engueuler comme du poisson pourri (pardonnez-moi l’expression, mais c’est le minimum pour qualifier l’état d’excitation et le ton employé par une des trois propriétaires du camping).

Elle nous envoie quasiment nos ordures à la figure, et nous somme de partir sur le champ, nous accusant d’utiliser le système, car nous aurions dû déguerpir du camping dès 10h du matin. Nous utilisons les installations mises à disposition en dehors des horaires auxquels nous y avons droit : à partir de 10h jour du départ, interdiction d’aller aux toilettes, de prendre de l’eau, de s’installer dans un des innombrables canapés vides de la pièce commune, etc… Cela vous paraît peut-être normal vu de loin, mais à nos yeux de SDF habitués aux ambiances arrangeantes des hôtels peu chers ou camping bas de gamme, nous sommes estomaqués ! Nous décampons abasourdis, faisant comprendre à la bonne femme dans un mauvais anglais qu’elle exagère de traiter des clients de cette façon.

Farewell Spit


A l’extrémité Nord-Ouest de l’île Sud de la Nouvelle-Zélande se niche une curieuse formation, un banc de sable très étroit de 26km de long s’étire vers la mer. C’est notre destination du jour. Partis là-bas pour échapper aux foules (à force de leur échapper nous ne les avons toujours pas rencontrées à part à l’office du tourisme), nous ne nous attendions pas à une telle découverte. Ce banc de sable est un lieu privilégié pour toute une collection d’oiseaux marins, albatros, goélands, cygnes noirs… Une centaine d’espèces gravite autour de cette étroite bande.

Nous les découvrons dans un environnement splendide, terrible, une atmosphère de bout du monde, des petites baleines échouées sur la grève, on croirait voir une sorte de désert mais le cap regorge de vie. L’extrémité du cap est fermée au public pour protéger l’habitat des oiseaux, mais de belles balades sont cependant ouvertes aux promeneurs. La plage, les dunes, nous finissons par nous retrouver au milieu d’un gros grain, le vent est terrible, le sable vole, s’infiltre par toutes les ouvertures, nous fouette le visage. La pluie aussi. Et ça fait mal d’ailleurs. Sans compter que cela mouille !

Voilà ce que nous pouvions voir juste avant que le ciel nous tombe sur la tête. Cela vaut le coup de se faire saucer, non ?

Et nous qui jouions gaiement à nous prendre pour des oiseaux dans les petites brises annonciatrices de l’orage…

Voilà d’ailleurs un témoin objectif de la puissance du vent dans la région. Pour ceux qui sont allés en Terre de Feu (Antoine, si tu nous entends…) ce sont plus ou moins les mêmes arbres que ceux du Parque Tierra del Fuego que nous n’avons pas vu !

Nous nous consolons une fois secs en profitant d’une des plus belles lumières que le Pacifique nous ait offert…

samedi 16 février 2008

Malborough Sounds






Nous rejoignons ensuite un coin reculé du pays, au Nord Est de l’île sud. Cette région possède de nombreux fiords traversés par des jolis sentiers. Après avoir passé un bon bout de temps à réfléchir sur la carte, nous nous décidons pour l’un des endroits les plus reculés de manière à nous sentir un peu seuls. En effet, l’itinéraire classique conseillé fait partie des Great Walks de Nouvelle-Zélande et est à ce titre envahi de touristes en été. Après 50km de route de montagne extrêmement sinueuse nous arrivons à Penzance Bay où nous sommes effectivement, comme nous l’avait prédit la dame de l’office du tourisme, les seuls à emprunter le sentier de la journée.

Les paysages sont très brumeux mais magnifiques. Nous faisons aussi connaissance avec la pintade locale (Coro, si tu nous entends…) d’une témérité peu commune puisqu’elle vient d’abord nous inspecter les chaussures, puis nous voler notre cheddar et enfin embêter Ti’Marsu ! Le soir nous en trouverons une autre dans le coffre de notre voiture laissé ouvert et un autre sur notre table… Pas de prédateurs naturels là encore…

Cette nouvelle vie de campeurs nous plaît beaucoup, et nous change de nos précédents modes de voyages. Pour ceux qui se demanderaient si on ne se lasse pas de voyager au bout de 4 mois, pas du tout, chaque pays nous a fait voyager différemment. Les destinations, les manières de voyager, et les découvertes sont si diverses selon les pays qu’on ne peut pas se lasser du tout !

Nous avons investis dans de superbes chaises pliantes qui nous changent agréablement la vie (le camping est terrible pour le dos, surtout pour les grands) , qui viennent compléter notre équipement de tapis de sol (nous avons dû en racheter de nouveaux, tant les nôtres étaient rudimentaires). Nous ne campons jamais loin de notre voiture qui est véritablement comme une maison, et sert à la fois de placard, de cuisine, de bar, et de salon de lecture lorsque la nuit est tombée.

Nous poussons vers le nord-ouest de la Nouvelle Zélande pour aller découvrir le Farewell Spit, un ban de sable immense spectaculaire. Fatigués par une semaine de camping rustique, et voyant que le temps, toujours très instable ici, est ce soir là particulièrement menaçant, nous louons un « bungalows » composé d’une vieille caravane et d’une pièce en préfabriqué collée devant. Notre expérience du camping s’accentue et se diversifie décidemment !

Malborough Wine region



Nous quittons Kaikoura pour le Nord et la région de Malborough. Nous comptons visiter cette région vinicole et les fiords du nord.

Nous essayons alors notre premier camping du DOC (Department of Conservation) qui met à disposition des campeurs des infrastructures rustiques pour des sommes modiques dans des lieux idylliques. Whites Bay en fait partie et c’est une excellent base pour visiter les caves.

Nous partons donc le lendemain, les papilles en alerte, goûter les différents cépages de la région. Le Sauvignon blanc y est, paraît-il, délicieux.

Première cave, premier sujet d’étonnement. Ici le vin est une boisson, pas un nectar sacré. Les gens vont droit au but. La plupart goûtent les six ou dix vins présentés en 10mn et s’en vont sans demander leur reste.

Le « Château » s’apparente plus à un très gros hangar avec un toit en tôle ondulée, et la personne qui vous reçoit est en t-shirt et jean, dans une salle soit sans intérêt, soit qui se veut « historical » et donc intégralement en faux-vieux de goût médiocre.


Nous goûtons. Sauvignon blanc, Chardonnay, Riesling, Pinot Noir. Nous sommes un peu étonnés, les vins du Nouveau monde ont belle presse, nous avons découverts des trésors argentins, et nous tombons sur des vins que nous qualifions juste d’honnêtes parfois même d’un peu justes voire franchement limites, (dans notre grande ignorance il est vrai, mais les goûts et les couleurs…). Comme les bouteilles coûtent entre 10 et 30€ chacune, nous cherchons à savoir pourquoi nous voyons un tel décalage entre le prix et la qualité du vin.

Les explications du vendeur sont franches et pragmatiques : « because people buy it ! ». Il nous explique sans complexes que le vin dans les Malborough est une « cash machine » : après quatre ans, les premiers raisins de la toute jeune vigne sont récoltés, et quatre mois après les vendanges, le sauvignon blanc est en vente… Pour lui, le vin en France ne coûte vraiment rien ! L’investissement réalisé pour acheter les parcelles est rapidement rentabilisé, et comme la demande est forte, les prix sont élevés. Nous en restons cois, tant le discours est loin du « terroir », de la « tradition familiale » vendus en France par les producteurs de vin. Ici, on fait du business. D’ailleurs cette propriété, l’une des plus anciennes de la région (1978) appartient à LVMH.

Ceci-dit, nos connaissances en matière de vin sont plutôt limitées, spécialement dans les blancs, et nous avons peut-être sous-estimé la qualité des vins que nous avons goûté. En tout cas, nous pouvons dire avec certitude que le palais des Néo-Zélandais semble différer de celui des Français.

C’est ce que nous confirme par ailleurs une française travaillant dans la propriété Néo-Zélandaise d’un couple de Français qui fait également du vin dans la vallée de la Loire. Elle refuse de dire franchement que le rapport qualité prix du vin Néo-Zélandais est inférieur à celui des vins français, mais nous comprenons qu’elle n’en pense pas moins… Pendant que nous poussons de hauts cris devant les confitures Bonne Maman, les terrines et les Cabecou en vente dans ce vineyard légèrement « frenchy », elle complète les explications relatives au prix : l’alcool est très fortement taxé en Nouvelle-Zélande, et les coûts de production élevés (notamment les matières sèches = bouteilles et bouchons).

Nous trouvons en tout cas cette activité fort agréable, reposante et instructive, et nous promettons de recommencer dans d’autres régions vinicoles de Nouvelle-Zélande, pour voir si nous ne nous serions pas trompés…