mardi 15 juillet 2008

L'Eglise Morave de Leh



Un court intermède sur cette petite communauté protestante qui nous a accueilli trois dimanche de suite. L’Eglise Morave est apparue vers le 15e siècle en République Tchèque (Jean Hus en est à l’origine). Elle se veut très œcuménique et ouverte, et insiste sur l’unité des Chrétiens. Leur devise est « Dans l’essentiel, l’unité ; Dans l’accessoire, la liberté ; Dans toute chose, la charité ». L’essentiel étant pour eux de croire en Jésus le Sauveur. Tout le reste étant accessoire, ils n’ont par exemple aucune forme définie de baptême, et on peut se faire baptiser chez eux par aspersion, par immersion, etc…

Ils croient en la présence réelle, mais la consécration se fait beaucoup plus vite que chez nous, et on ne communie qu’une fois par mois. Nous avons lâchement fui au moment de la communion au sang du Christ : tout le monde boit au calice successivement, et la foi n’empêche malheureusement pas les microbes de ces quatre-vingt montagnards de se transmettre les uns aux autres…

La célébration dure deux à trois heures (il faut être motivé), heureusement à peu près en bilingue avec des traductions régulières en anglais. Pendant le moment où nous sommes là, de jeunes chrétiens du Nagaland (région au nord est de l’Inde) sont venus armés de batteries et guitares électriques pour réveiller la petite communauté. Les louanges et les prières de la première heure sont donc très animées : tout le monde lève les bras au ciel, tape dans les mains, et parfois tous prient en même temps à haute voix ce qui crée une étonnant cacophonie où on l’on distingue parfois des « Thank you Lord Jesus », ou « I come to worship you »…
Nous on adore, on rigole et on tape des mains avec les autres en chantant de tout coeur avec eux en hindi, en ladakhi ou en anglais.

« Nilé asman qué tou yaenguéé, éra Yeshu rééta wahaan (bis).

Yahilengué, badaloum pèr (bis) Yeshu reta wahan »

Certains passages où des femmes vraiment en transe se mettent à pleurer et à implorer le Seigneur un peu trop fort nous mettent un peu mal à l’aise, mais globalement ça va.

Pendant la première partie on lit également les lectures, qui ne sont pas les mêmes que nous.

Ensuite, lors de la deuxième partie, le pasteur fait un sermon, ou plutôt un cours de catéchisme sur un sujet rarement en rapport avec les lectures du jour. D’un ton très docte et toujours en trois points, il nous parle de l’amitié chrétienne, de la résolution des conflits, etc, le tout en s’appuyant constamment sur l’Ecriture et en piochant des versets partout dans la Bible. Chacun est d’ailleurs armé des Ecritures Saintes (en hindi, en anglais, en arabe et même en ladakhi) et passe d’un livre à l’autre rapidement, surlignant, prenant des notes, etc.

A la sortie, tout le monde remet ses chaussures qu’il faut ôter pour pénétrer dans le sanctuaire, et on boit le verre de l’amitié.

La petite communauté est très dynamique, et tous les dimanches un témoignage vient renforcer les fidèles : celui-ci a quitté l’alcool, la musique métal et ses mauvaises fréquentations en se convertissant ; celui-là a tout quitté pour retourner dans le Ladakh, sa terre d’enfance, afin de traduire l’Evangile en Ladakhi ; etc…

Nous rencontrons des gens étonnants. Un britannique anglican venu en mission ici deux ans auparavant, parlant hindi, anglais, français, allemand, japonais, hyper cultivé.

Un illuminé barbu, chevelu, percé et tatoué de soixante ans comme on en croise tant en Inde, qui a cherché le sens de sa vie pendant 28 ans, fait des expériences paranormales dans des ashrams (monastères) hindous auprès des gourous, des séminaires en tout genre de toutes les spiritualités New Age…avant de trouver Jesus (lors d’une apparition paraît-il) ! Depuis il parcourt l’Inde à la rencontre des backpackers paumés (et Dieu sait s’il y en a) pour leur porter la Bonne Nouvelle et leur économiser 28 ans d’errance spirituelle.

Tout cela est un peu différent de ce que nous pratiquons mais visiblement le message se répand. Alleluia !

mercredi 9 juillet 2008

Vallée de la Nubra


Après deux semaines de repos, nous décidons de faire un petite expédition dans cette vallée réputée magnifique située à une centaine de kilomètres de Leh. Il ne sera pas dit que nous aurons passé trois semaines dans le Ladakh sans rien en voir !

Nous avons testé quelques jours auparavant une moto Pulsar 150cc pour aller au Gompa de Hemis, un des plus vastes et des plus beaux monastère de la région et qui offre une vue superbe. Cette moto nous portait avec difficulté en montée : si nous voulons franchir le col carrossable le plus haut du monde qui conduit à la vallée de la Nubra, nous devrons donc prendre cette fois une Royal Enfield, énorme moto anglaise super stylée de 500cc… un monstre de plus de 200kg !

Nous nous mettons donc en quête d’une Enfield Thunderbird (celle qui a le frein a droite et le changement de vitesse à gauche, ce qui est notre habitude, alors que les Royal Enfield classiques, en bonne moto anglaises, sont inversées !). Les loueurs ne possèdent pas un nombre infini de ces motos qui sont très recherchées. Finalement, seul le loueur qui nous avait loué la mauvaise Pulsar possède encore une de ces motos ce qui nous laisse peu de choix.

Après l’avoir testée trois fois (le temps d’apprendre à peu près comment la conduire pour Guillaume), nous décidons de partir avec, même si le changement de vitesse est très capricieux et le point mort difficile à trouver. Elle fera l’affaire.

Départ le matin sous les yeux gentiment envieux du réceptionniste de notre hôtel : Guillaume rate trois fois le démarrage et cale, ce qui réduit légèrement l’effet de ce départ ! La moto ne veut pas démarrer correctement et ne cesse de caler. Nous retournons voir le loueur qui nous démontre que tout va très bien : nous devions démarrer en seconde (il existe un faux point mort entre toutes les vitesses : 1e et 2de, 2de et 3e, etc… ce qui ne facilite pas l’apprentissage !).

Nous voilà enfin partis après un énorme petit déjeuner pour grimper à l’assaut de la route la plus haute du monde, 5602m d’altitude au point culminant, le col de Kardung-la.

La moto est vraiment lourde et la conduite de cet engin n’a rien à voir avec les petites Honda que nous pratiquions au Vietnam. De plus, il faut faire attention de ne pas bouger pour ne pas gêner le conducteur, mais comme la moto n’a pas de rétroviseurs (on ne peut pas tout avoir), c’est le passager qui fait rétroviseur en se tordant le cou toutes les minutes pour prévenir le conducteur de ce qui se passe derrière. Heureusement la route n’est pas très passante.

Dès le début de la route, nous nous retrouvons bloqués derrière un convoi de 14 gros camions militaires (la région est entièrement sous contrôle militaire, ils sont partout (150 000 hommes) pour faire de la présence face à la Chine et ses velléités expansionnistes). La route est si peu large que des horaires d’ouverture réglementent la circulation à sens unique : dans un sens le matin, dans l’autre sens l’après-midi. Mais enfin nous sommes en Inde et certains camions s’affranchissent de cette règle, il faut donc être vigilant. Mais les militaires sont heureusement plutôt sympas et se décalent volontiers pour nous laisser passer !

Ensuite commencent les travaux : la route est réduite de moitié et envahie pas les gravas. Nous frôlons les pelleteuses et les ouvriers en zigzagant entre les pierres tombées sur la route..

Les lacets de la route sont impressionnants et plus nous montons, plus la vue sur Leh et les montagnes derrière est magique, malgré l’aridité.

Nous passons le poste de contrôle militaire où nous devons montrer le permis spécial pour circuler dans la zone (sensible comme vous le voyez). L’officier nous prend notre permis en nous assurant que nous n’en aurons plus besoin par la suite.


Nous approchons du col, et au fur et à mesure que nous montons, la route se dégrade, devenant bientôt une piste très cahoteuse, traversée de ruisseaux, envahie de grosses pierres qu’il faut éviter tant bien que mal.

A ce moment là, la moto commence à témoigner des signes de faiblesse : par moment, l’accélérateur ne fonctionne plus, on a beau tourner la poignée, il ne se passe rien. Lors d’un arrêt photo, au moment de redémarrer, la moto n’a pas assez de puissance, la passagère doit descendre pour pousser l’engin et remonter dessus en marche. La moto cale à nouveau, trop faible pour gravir la pente. Nous répétons l’opération. A chaque grosse pierre ou bosse, la moto souffre. Je finis par descendre de la moto et laisse Guillaume avancer tant bien que mal, poussant avec ses pieds de chaque côté…

Un groupe de Belges en voyage organisé me prend dans leur voiture pour atteindre le col où nous espérons trouver des mécaniciens tandis que Guillaume sue et pousse derrière (rappel : nous sommes à 5200m, l’air est très rare !) en pédalant de plus belle… L’un des belges m’explique que le manque d’oxygène affecte les véhicules autant que nous : la combustion se fait probablement mal à cause de cela. L’organisateur du voyage est impressionné de notre côté aventureux lorsqu’il apprend que nous ne savons pas encore exactement dans quelle guesthouse nous allons dormir ce soir. S’il savait que nous sommes deux gros touristes en Enfield, et ce qui nous arrivera ensuite !

Arrivée en haut du col, je me poste sur une montagne pour guetter mon mari qui n’apparaît toujours pas à l’horizon. Les Belges gentiment demandent régulièrement des nouvelles. Je finis par aller voir un beau militaire et lui explique la situation. Une cérémonie officielle est en cours, un général au moins, qui reçoit des cadeaux et pose pour faire des photos avec sa femme. Je sens bien que tant que le grand manitou ne sera pas parti, impossible d’envoyer qui que ce soit aider Guillaume !

Pendant ce temps-là, Guillaume a réussi tant bien que mal à faire avancer la moto mais elle s’arrête définitivement à un peu plus d’un kilomètre du col. Plus rien à faire. Epuisé, il part faire le reste de la route à pied, laissant la moto sur le bord de la route et se demandant bien ce que sa femme, qu’il a quitté presque une heure auparavant, est en train de faire. Nous nous retrouvons au col pour faire activer les miloufs. Grand Manitou est encore là, donc nous profitons de la vue et d’un bon thé. Les gentils militaires ayant du mal à prendre une femme au sérieux, Guillaume entame les tractations et après une demi-heure supplémentaire passée à les regarder prendre leur casse croûte et gérer le passage d’un convoi, il part me rejoindre en camion. (Je me suis en attendant postée à côté de la moto pour prévenir une chute de 1000m qui lui serait fatale).

Nos deux compères auscultent la moto, la tripote, la démonte puis la remonte mais les essais ne sont pas concluants. Passent 2 indiens montés aussi sur deux Enfield que nous arrêtons désespérés. Gentiment ils proposent aussi de nous aider. Ils diagnostiquent facilement un problème de respiration et enlèvent tout bonnement le filtre à air. La moto va mieux et Guillaume peut l’amener seul jusqu’au col. Nous y retrouvons nos deux sauveurs qui nous conseillent tout de même de redescendre jusqu’à Leh pour la faire réparer : le manque d’air ne suffit pas à tout expliquer !

Nous décidons la mort dans l’âme de suivre leur conseil, peu enchantés à l’idée d’avoir un peu perdu notre journée. Mais au bout de 10mn de descente, trouvant que le moteur fait un bruit beaucoup plus sympathique, nous la testons en montée et … remontons finalement jusqu’au col, à 2 sur la moto. Nous décidons alors de prendre le risque de descendre de l’autre côté du col. Nous espérons trouver un réparateur dans la vallée au besoin.

Ce qui nous attend notre pauvre moto de l’autre côté du col n’a encore rien à voir avec ce que nous lui avions fait subir côté Leh. La route mérite difficilement ce nom, la neige de la paroi sur notre gauche fond à toute allure créant d’innombrables ruisseaux sur la route qui s’est encore rétrécie. Les nombreuses pierres sur la route s’avèrent beaucoup plus dangereuses en descente qu’en montée et nous avançons donc très lentement pour rester prudents (le précipice à notre droite est vertigineux). Croiser les camions venant en sens inverse n’est pas non plus une partie de plaisir.

Nous glissons sur des cailloux à 5km/h et accompagnons gentiment la moto pour qu’elle ne nous tombe pas dessus. Ouf !

Nous réussissons tout de même à atteindre le poste de contrôle militaire, 15km plus au Nord.

Et là, alors que nos mésaventures nous ont fait perdre un temps précieux (plusieurs heures), et que la journée avance, les militaires nous redemandent notre permis que nous avons laissé, confiants, au poste précédent. Après moult argumentations, ils nous laissent finalement passer, mais ils ont bien failli nous renvoyer à Leh (alors que la moto n’aurait jamais refranchi le col en sens inverse…) !

Nous roulons de plus belle, la lumière commence à baisser, parant les montagnes de couleurs douces et dorées, mais nous sommes encore à 50km de l’endroit où nous comptons dormir. Nous nous arrêtons exténués (surtout le chauffeur-pousseur !) dans un petit village, Khardung, pour prendre un thé et une soupe aux nouilles.

Deux autres couple de motards montés sur des Enfields nous rejoignent, mais ils ont eux aussi des problèmes avec leurs motos et ne peuvent pas s’occuper de la notre !

Nous repartons, bien décidés à atteindre Diksit à 40 km de là. Une petite côte à la sortie du village fait peiner la moto et nous convainc que c’est une mauvaise idée de partir alors que le jours baisse de plus en plus et que les véhicules sauveteurs potentiels se font de plus en plus rares. Aucun village n’existe entre Khardung et Diskit… Nous retournons donc à Khardung.

La seule guesthouse du village est fermée, le propriétaire étant parti à Leh pour quelques jours. Finalement c’est la fille de la maison de thé qui nous propose de loger chez elle. Une expérience chez l’habitant, une vraie !

Elle nous conduit dans une chambre propre et mignonne à l’étage d’une maison de torchis. Nous avons ensuite droit à un dîner de riz aux herbes du jardin, et nous effondrons sur nos matelas.

Le lendemain réveil tardif. Nous pensions dormir comme des masses mais à cause de l’altitude (4000m) nous avons été réveillés très régulièrement.

Après de bons chapatis maison et une omelette, nous partons pour Diskit. Heureusement, la route descend presque tout le temps. Nous parvenons à Diskit après quelques heures de routes sinueuses accompagnées de superbes vues sur la vallée qui se révèle aussi splendide que les descriptions le laissaient croire. Contrastant avec le désert alentour, l’irrigation fait des miracles et les villages sont entourés de verdure.

Une fois à Diskit, nous trouvons une guesthouse en deux minutes et conduisons aussitôt la moto chez le réparateur : la boutique est fermée, le gars est parti pour plusieurs jours à Leh ! Heureusement, il y en a un deuxième qui règle le problème pour un prix modique en une heure et demie.

Nous sommes sauvés et pourrons remonter passer le col ! Nous avions envisagé en cas de problème sérieux d’abandonner la moto dans un village et de revenir en stop. Le problème venant clairement d’un manque d’entretien du véhicule (le carburateur était encrassé, le filtre à air détérioré et l’embrayage en mauvaise forme), nous avions des sentiments peu tendres envers le loueur…

Nous pouvons donc faire quelques kilomètres supplémentaires dans la vallée pour aller admirer les dunes de sable. J’essaie alors de conduire le monstre, ce qui n’est pas évident ! La moto est tellement lourde qu’assise dessus à l’arrêt, j’ai du mal à la maintenir en équilibre. Finalement avec un peu d’habitude et beaucoup de concentration cela va mieux, et dès qu’on roule c’est plus facile. Nous faisons les idiots (prudemment) dans la piste sablonneuse qui mène aux dunes. C’est superbe.

Le lendemain il faut déjà repartir vers Leh. Nous resterions bien un jour supplémentaire mais nous n’avons la moto que pour trois jours. Au moment de démarrer la moto : impossible de démarrer le moteur. Au bout de 20 coups de kick, je fini pas pousser Guillaume dans une descente. Toujours rien !

Nous commençons à en avoir légèrement assez de cette sacrée moto. Un indien s’approche alors gentiment, pousse un bouton, et en un coup de kick, démarre la moto. Nous sommes verts : le bouton qui coupait le moteur était en marche !

Enfin c’est le départ. Je « prends le volant » pour les premiers kilomètres afin de préserver un peu Guillaume (et lui permettre de profiter du paysage ce qui est impossible autrement vu l’état de la route): 120 km nous attendent, dont le col et la piste que vous savez. Les militaires à l’arrière des camions sont fans de voir une femme conduire son mari sur une Enfield, nous avons beaucoup de succès, Guillaume subit quelques moqueries et moi quelques vivats… Rigolos mais pas très modernes ces indiens !

Le retour se passe sans encombres, la moto se comporte très bien et passe le col sans problèmes. Nous retrouvons les Belges de l’aller ce qui nous amuse pas mal. Nous voyons des vrais yacks (mais avec leur poil d’été ils sont un peu moins impressionnants).

Nous arrivons exténués à Leh (surtout Guillaume) où nous trouvons de l’eau chaude par miracle dans la douche : génial ! Nous sommes fatigués mais super fiers et heureux de notre aventure… et désormais nous sommes de vrais bikers !

Le loueur nous a laissé la moto un jour de plus gratuitement pour compenser…

Nos impressions en direct!!

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Le palais royal de Stok et le gompa de Hemis

Au court de nos deux semaines de repos, nous avons tout de même pris le temps d’aller visiter Stok, le palais royal du Ladakh dont nous avons pu voir quelques pièces ainsi que le gompa de Hemis, l’un des plus grands et des plus beaux de la région.

Pour renouer avec la tradition Vietnamienne, nous avons effectué ces visites en moto. Il ne faut malheureusement pas se laisser prendre à son aspect, elle a péniblement réussi à nous monter au Gompa. Mais nous a permis de nous familiariser avec les vraies motos pour notre excursion suivante.

Pas de photos de l’intérieur du palais royal mais le moins que l’on puisse dire est qu’il ressemble plus à l’intérieur d’un de nos châteaux forts qu’à Versailles. En revanche, il est très bien situé et jouit d’une belle vue sur la vallée de l’Indus. En hiver, quand tous les cols sont bloqués par le neige, la famille royale se retire à Manali, à quelques centaines de kilomètres au sud.

Le superbe gompa ou monastère de Hemis est niché au fond d’une jolie vallée encaissée. On peut y admirer de beaux thangka (peinture sacrée sur tissu). Nous avons pu y voir des moines psalmodiant des mantra, ces phrases incantatoires sacrées répétées des heures durant avec des variations de ton, de rythme, des jeux de tambour et de cymbales.

Un mot tout de même sur le bouddhisme tibétain qui prévaut au Ladakh.


Il se distingue des bouddhismes plus connu avant tout par son côté chamanique et son appel à la magie. L’intérieur des temples est donc très différent. Au lieu de voir sur l’autel le bouddha dans les différentes positions classiques (prise de la terre à témoin, appelant la pluie…) On voit souvent une statue monumentale du bodhisattva (réincarnation du Bouddha) auquel est dédié le temple.

Avalokiteshvara, la divinité tutélaire du Tibet est par exemple représenté avec 11 têtes, la sienne s’étant divisée en dix à la pensée du nombre de personnes restant à sauver. C’est à lui que s’adresse le fameux mantra « Om mani padmé houng ».


On ne ressent donc pas du tout la même impression en entrant dans un temple thaïlandais empreint de paix et de sérénité et dans un temple tibétain où l’on se retrouve nez à nez avec un monstre peint en bleu et des peintures étranges.

Nous avons aussi pu découvrir trois manières de prier propres à cette forme de bouddhisme, les drapeaux à prière, les moulins à prière (à main ou fixe) et les pierres gravées.

A chaque point haut, les bouddhistes installent des drapeaux sur lesquels sont écrits des prières. Avec le vent, les drapeaux attireront l’attention des divinités qui liront ensuite les prières… Les couleurs se succèdent ainsi : vert, jaune, bleu, blanc, rouge. Ce qui donne l’impression de voir le drapeau français dix fois par jour.

Pour les moulins, le principe est le même. Tout bon bouddhiste se promène avec son moulin à la main sur lequel sont gravées des prières. En le faisant tourner, il prie tout en marchant. Pour ceux qui ont oublié le leur, il y a dans chaque village au moins un grand moulin à prière que l’on peut faire tourner en passant à côté. Dans les temples, il y en a des dizaines.

Sinon, des prières peuvent être gravées sur des pierres que l’on dépose sur un mur de pierres sèches (mani), face gravée en haut, pour donner de la lecture aux divinités. On fait le tour du mur en le gardant sur sa droite. Comme pour les moulins d’ailleurs.


dimanche 6 juillet 2008

Des vacances bien employées


Pour fêter notre centième article et pour vous donner une idée du poids des transports dans notre voyage, nous nous sommes dits qu’une petite comparaison serait la bienvenue. Nous allons traduire nos deux première semaines au Laos en temps de parcours européen.


Lundi : Départ de Paris à 6h pour Gênes en voiture. Arrivée à 16h et visite de Gênes dans la soirée.

Mardi : Fin de la visite de Gênes, départ pour Marseille à 11h. Arrivée à 16h et visite de Marseille dans la soirée.

Mercredi : Visite de Marseille

Jeudi : Départ de Marseille pour Auxerre à 10h. Arrivée à 15h. Visite d’Auxerre dans l’après-midi.

Vendredi. Départ d’Auxerre pour Strasbourg à 7h. Arrivée vers 12h. Repos l’après-midi.

Samedi : Visite de Strasbourg

Dimanche : Visite de Strasbourg

Lundi : Départ de Strasbourg pour Reims à 11H. Arrivée vers 15h. Repos et visite de Reims.

Mardi : Départ de Reims pour Brest à 8h. Arrivée vers 15h. Léger repos à Brest. Pas le temps de visiter.

Mercredi : Départ de Brest pour Tours vers 8h. Arrivée vers 13h. Repos à Tours.

Jeudi : Location de moto pour aller à Biarritz.

Vendredi : Départ de Biarritz à 7h pour Cordoue. Arrivée vers 15h.

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Voilà en gros une idée des temps de parcours réalisé chaque jour à notre arrivée au Laos. Evidemment nous avons trouvé que cela faisait un peu beaucoup, mais nous n’avions pas vraiment le choix. Car, en fait, la distance totale que nous avons parcourue correspond à peu près à un Paris-Cordoue en ligne directe et les villes que nous avons traversées se trouvait quasiment toutes sur l’axe principal du pays. Le véritable trajet est beaucoup plus rationnel que celui-là !

Un tel rythme à répétition fatigue légèrement bien sûr, et pour parfaire la comparaison, imaginez que vous êtes à cinq dans une vieille R5 aux amortisseurs fatigués, que votre voisin est en train de vomir, et que celui de devant vous balance entre les jambes le reste de sa brochette de criquets, que la radio hurle des chants traditionnels Laotiens, et que le moteur, situé sous votre siège, et soumis à des inspections régulières, fait délicieusement grimper la température des quelques degrés qui vous manquaient pour vous liquéfier intégralement sur votre siège en skaï.

Enfin, vous n’êtes jamais à l’abri d’une panne qui doublera votre temps de trajet.

Notez pour finir que le trajet Tours-Cordoue s’effectue sur une piste et vos portières ne sont pas homologuées en Espagne, vous les avez donc laissées à la frontière et mordez la poussière à pleine dents

Bref, vous l’aurez compris, on est devenu légèrement allergiques aux transports locaux, mais n’oublions pas que c’est toujours là qu’on fait les rencontres les plus sympas et qu’on apprécie l’invention du TGV à sa juste valeur !

NB : On a honnêtement respecté les temps de trajets, même si ces deux semaines étaient particulièrement chargées.

Les mésaventures de bus décrites arrivent toutes au moins un fois par voyage, heureusement rarement toutes en même temps !

Des vertus de l'obstination... Et de la fausse réputation des Belges

Avertissement : si cet article vous ennuie, pardonnez-nous et voyez-le comme un défouloir !

Nous avons un billet d’avion magique : pas cher, il nous permet de faire le tour du monde, tout en étant « open », c'est-à-dire qu’on peut modifier les dates choisies à l’avance, en fonction bien sûr des disponibilités. Il suffit pour cela de passer un coup de fil à la compagnie aérienne qui opère le vol, et parfois de payer un petit supplément.

Quelle théorie séduisante !

Pendant les cinq premiers mois de notre voyage, nous continuons à croire sur parole cette description alléchante qu’on nous avait faite avant le départ.

Puis, vient le moment où nous réalisons que 10 jours de plus dans la région Indochinoise seraient bienvenus, ainsi que trois semaines de plus en Inde et trois semaines de moins en Afrique du sud. Au comptoir de Cathay Pacific à Auckland (Nouvelle-Zélande), notre compagnie pour toute la zone Asie, nous apprenons que les modifications sont payantes ici mais seront gratuites à Hong-Kong. Nous attendons donc.

Manque de chance, notre correspondance à Hong-Kong est beaucoup trop rapide pour passer au bureau de Cathay, nous partons pour les Philippines et sommes happés par d’autres préoccupations.

Un gros mois plus tard, à Hanoi, nous retournons au bureau de Cathay Pacific, faisons la queue, pour entendre une ravissante hôtesse nous expliquer qu’il n’y a plus une place de libre du 20 juillet au 30 août pour faire Delhi - Johannesburg via Hong-Kong… Trois mois à l’avance et étant donné nos disponibilités qu’on peut qualifier de totales, nous sommes très sceptiques et surpris par cette réponse. Guillaume vérifie : des centaines de places libres sont à vendre sur internet. Et là, c’est le drame : nous apprenons l’existence des sous-classes dans les avions. Notre billet « magique » nous confère la classe la plus basse, J, et nous ne pouvons donc changer nos vols que si des places de classe J sont libres sur les autres vols. Mais pour savoir combien de places de classe J il existe par vol, personne bien sûr, ne peut nous renseigner : un ordinateur incontrôlable, autonome, tout puissant, un quasi-dieu électronique semble attribuer ces classes sans possibilité aucune d’obtenir la moindre information ! Ca y est, c’est fait, l’homme est clairement dépassé par la technologie qu’il a inventé.

La charmante hôtesse nous propose de nous mettre sur liste d’attente : si des places en classe J se libèrent pour le 1 au 3 août, nous pourrons changer notre vol. Cathay Pacific nous préviendra gentiment par mail si des places se libèrent, mais nous pouvons aussi être proactifs et appeler régulièrement Cathay pour suivre l’évolution…

Nous avons compris le message sous-entendu, dit avec un sourire très commercial et pro, et une voix évidemment suave : « Les employés de Cathay ont autre chose à faire que de vous envoyer des mails, pendez-vous au téléphone sur les numéros surtaxés de la compagnie pour parler anglais avec des Vietnamiens toutes les semaines, et peut-être aurez-vous la chance de pouvoir modifier vos billets… A bientôt. »

C’est l’échec !

Commence alors une longue série d’appels à Cathay Pacific, par skype, dans des cafés internet, dans toutes les langues, auprès de tous les bureaux du monde :

Plusieurs fois nous téléphonons au bureau de Hanoi en anglais-viet

Puis du Laos nous téléphonons à Cathay en France (c’est quand même plus simple) et en Angleterre

De Thaïlande nous appelons Cathay France

D’Inde, nous téléphonons plusieurs fois à Cathay France :

« Où êtes-vous ? En Inde ? La connexion est très mauvaise! Mais nous avons des bureaux à Delhi, et ce billet a été édité par une agence de voyage londonienne, pourquoi diable appelez-vous en France ? Aucun rapport ! Vous n’avez aucune raison d’appeler ici… D’ailleurs c’est Iberia, compagnie espagnole qui a émit votre billet… »

J’aurais dû répondre ce que suggérait Guillaume :

« Avez-vous déjà parlé anglais à des Indiens, et par téléphone ? »

Toujours sans succès, tout est pris, tout est booké, désolé.

Nous avons entre temps tenté tous les moyens, les tons de voix, les moyens de pression : impossible de se faire surclasser même en payant un supplément, impossible de faire valoir nos droits même en employant le ton froid et ferme de la colère, impossible de faire ceci ou cela, nous sommes désolés madame, monsieur, vous êtes en classe J on ne peut rien pour vous…

Et puis un jour à Leh, nous appelons British Airways pour tenter de faire modifier notre vol de retour (Johannesburg – Londres). Nous téléphonons à BA France, à notre agence de voyage en anglais à Londres, à BA Hong-Kong, BA Angleterre, Iberia Belgique et France, re-l’agence de voyage de Londres, re-BA Angleterre… Un problème insoluble surgit une fois de plus, lié encore et toujours à l’informatique, à cet ordinateur tout puissant qui tente de briser l’unité, la modernité et la coordination exemplaire de l’alliance aérienne Oneworld à laquelle appartiennent toutes ces compagnies et qui nous a vendu ces billets tellement magiques.

Tout en consultant la liste des centaines de bureaux British Ariways dans le monde, après avoir hésité à appeler aux USA ou au Malawi, nous jetons notre dévolu sur la Belgique. Quitte à gueuler, autant que ce soit en Français (BA France est surtaxé et indisponible par skype)! Nous tombons sur une charmante opératrice qui semble trouver nos problèmes plutôt simples (elle doit avoir des arrangements secrets avec l’ordinateur haut placé). En deux minutes, elle nous change nos vols de retour selon notre vœux, et pousse la gentillesse jusqu’à vérifier s’il y a des places pour les fameux vols Cathay Pacific que nous essayons de changer depuis des mois. Et là un miracle se produit : non seulement elle trouve des places, mais en plus elle arrive à nous les réserver (alors qu’elle bosse pour British Airways, nous on ne comprend rien à rien dans cette histoire), bref elle fait le changement sous nos oreilles ébahies, nous arrivons enfin à modifier ces £¤§**@%$¤§ de billets ! Submergés par l’émotion à l’aboutissement d’une bataille de longue haleine qui aura duré trois mois, je lui déclare tout de go qu’elle est la meilleure opératrice du monde, qu’elle fait un boulot formidable, qu’elle est extraordinaire, et que j’ai envie de l’embrasser. Un peu étonnée, elle répond que c’est la moindre des choses, qu’il n’y a aucun problème… « A vot’ service m’dame ! »

Vive la Belgique !

Mais bon, lorsqu’un Français, un Indien et un Belge sont dans un avion, à la fin, celui qui saute, c’est toujours le Belge !